J’ai envie de commencer par la fin, de là où j’écris tellement c’est bien, mais non, commençons par le matin du réveil.
J’ai justement écrit la veille en me réveillant à 5h pendant que Manu dormait encore, j’ai Whatsappé ma sœur et mes filles pour faire des bisous et leur montrer que malgré la joie, j’avais quand même la tête dans le cul.
Manu va chercher du petit déj, j’ai opté pour deux pancakes, que je mange salement dans mon lit de motel, avec mon café posé sur mon ordi (c’est complètement con, ne faites pas ça chez vous).

On part de Gila Bend, en route pour une longue route, car aujourd’hui, on a plus de 500 km à faire. C’est notre plus grosse étape. Je me disais que je n’aurai rien à raconter en raconter, à part des stations essence, et des bouts de pneus sur la route. J’étais un peu triste, parce que bon, de vous à moi, j’aime bien savoir que vous lisez, et je préfère vous raconter des histoires rigolotes que 25 anecdotes de péages.
Un bien long RAS jusqu’à Yuma, où on décide de s’arrêter pour se trouver à manger.
On passe près du « Historic Downtown », avec un gros panneau qui invite à venir trop s’éclater. Finalement, c’est comme Dinseyland fermé un dimanche.

On s’en va et après beaucoup d’efforts, on trouve un supermarché super, qui s’appelle SPROUTS (hihi).
Est-ce qu’on est d’accord que c’est super de se balader dans un Sprouts ?
Juste avant, on s’est arrêté pour acheter de la tequila bonne et pas chère (en France, ça coûte une blindax, et on trouve très difficilement de la 100% agave, gage de qualité de la joie de la margarita). Revenons-en à notre SPROUTS. SPROUTS, c’est super, c’est un peu un magasin de courses hippie chic. Y’a des produits bio, des machins de beauté sans pétrole ou tête de delco, et y’a plein de trucs frais pour déjeuner. Manu prend un sandwich et une soupe et moi, du cornbread, des choux de Bruxelles grillés avec une salade de maïs. Manu a même renversé sa soupe en la mangeant, mais si je raconte, il va râler. Oh flute, trop tard. Manu a renversé sa soupe, et maintenant son short mou sent la soupe.
Retour à nos péages.
Ce qui est fou dans ces roadtrip, c’est qu’à chaque virage, on peut avoir des surprises. Je pense qu’aujourd’hui, ça a été la journée où on s’est le plus dit que c’était n’importe quoi. Après Yuma, on se retrouve d’un coup dans des dunes de sable. C’est le désert, à perte de vue. On s’arrête sur une petite ère pour profiter 5 minutes de ce changement drastique. J’ai beaucoup dit « Crazy like a fool. »
Petite à petit, le sable se remplit de plantes diverse, et à notre gauche, le Mexique, de l’autre côté d’une palissade. Et sur la route, on croise deux trois espaces de douanes volantes où dès qu’ils voient nos gueules ou notre plaque, nous laissent passer.
C’est bizarre, cette palissade. C’est n’importe quoi, les frontières.

Puis, c’est l’apparition des palmiers. On croise un petit bled mignonnet, il y a de nouveau des pelouses tondues, avec des jolies maisons.

Et d’un coup, des montagnes, des montagnes de cailloux. Si comme vous êtes fans de l’histoire sans fin, c’est le paradis du mangeur de pierres. On grimpe, on grimpe, et c’est vraiment déconcertant. Un cactus de temps à autres, et à un moment, apparaît dans les hauteurs, une drôle de tour. On dirait un peu un moulin à qui on a chouré sa roue. Y’a un panneau pour y aller, on fait le détour. On a déjà fait plus de 4000 km, on peut en faire 5 de plus.
On grimpe, grimpe, grimpe, on croise deux trois maisons caravanes abandonnées, et ensuite un amas de merdier et on arrive à la tour. Au dessus de la porte principale, un arc-en-ciel. Un drapeau américain flotte, mais à la place des étoiles se trouve un signe peace and love. On entre, et c’est un genre de magasin-brocante, et si on paye l’entrée, on peut monter tout là-haut dans la tour. Mais carrément youpi !
Il y a un pièce au centre du rdc, avec un escalier en colimaçon. On grimpe, à
chaque étage, sa déco, et des étages il y en a 4, et à la fin, une petite
plateforme en bois pour regarder les montagnes. Je n’ai presque pas le vertige.
On profite, on fait le tour, on met 25 cents dans le télescope qui ne marche
pas très bien pour voir les montagnes au loin.
On redescend, la visite n’est pas terminée. Il y a un boulder park à visiter à l’extérieur. Oui, un parc de rochers. Y’a un panneau qui dit qu’on entre à nos risques et périls. La balade est super. Il y a des rochers peints et je pense même taillés exprès. On se faufile, on escalade, on découvre une tête d’indien, des bestioles, et un très gros crâne super.
On redescend probablement par le mauvais côté, et on arrive chez un des proprios qui possède un paon. C’est chic. Enfin moi j’ai pas de paon, et je trouve ça chic.
On repart du pays des hippies, assez contents de cette découverte.
Là y’a quelques photos, mais pour tout regarder : https://chezsib.wordpress.com/2019/08/26/j-16-de-mieux-en-mieux-it-is-possible-toutes-les-photos/
Après le désert, la montagne de cailloux, on retrouve les montagnes tout court. Avec du vert joli.

On arrive en périphérie de
San Diego, et c’est le retour de la 7 voies. Je déteste, et je suis tendue
comme un truc beaucoup trop tendu.
On est en train d’approche de notre destination finale. C’est notre avant
dernier stop pour deux nuits avant Los Angeles où Natalie nous accueille avant
de nous rejeter dans un avion pour Paris.
Pour conclure ce roadtrip, je voulais un truc un peu spécial, et j’ai beaucoup
cherché.
On est a Vista, un peu au dessus
de San Diego. Les maisons sont chics, il y a des palmiers partout, des
« nursery » (pépinières) de bébés palmiers, de bébés cactusvoir même
des pas du tout du bébés. On peut donc ramener chez soi un palmier de 5 mètres
en pot de fleur.
On prend la rue indiqué par Google Maps, et comme indiqué sur Airbnb, comme une
petit entrée de ranch, avec écrit « Wishing Well Mini Ranch ».
La deuxième entrée est pour nous, on se gare et on découvre tout de suite LA
MERVEILLEUSETÉ DE L’ENDROIT.
Déjà, nous dormons dans une Airstream de 1962. Une magnifique caravane chromée, d’époque, mais restaurée magnifiquement. Devant, un genre de terrasse, avec une petite table et deux chaises, un firepit, une douche extérieure (et une douche intérieure), et le tout entouré par une petite barrière. Et de l’autre côté de la barrière ? DES PETITS ANIMAUX ! Deux petits poneys, deux petits cochons, des tas de petites chèvres, on voit aussi des lapins qui détalent, et au fond, un lama. Oui madame, oui monsieur, un lama.
Les poneys viennent nous voir, on leur fait des caresses à défaut d’avoir quoique ce soit à leur filer à manger. Le petit cochon vient faire coucou, on lui parle, comme deux andouilles gaga.
Je passe un coup de fil au monsieur qui nous accueille (mais qui êtes-vous monsieur qui possédez un bout du paradis avec des mini animaux ?). Il descend de sa maison avec une mini voiturette de golf. Il nous propose une petite visite. Il sourit beaucoup, il es très gentil. On entre dans le gigantesque enclos principal. Il a emmené des carottes avec lui pour qu’on puisse donner à manger aux animaux. Hihihihihihihihi. On donne à manger aux petites chèvres, aux petits chevaux, aux petits cochons. C’est le retour en enfance, la joie totale. Un peu plus loin, il nous présente son bouc, avec sa grosse barbe, puis sa mare, avec sa petite cascade, puis son jacuzzi, qu’on peut utiliser si on veut. QUI ÊTES VOUS MONSIEUR ? EST-CE QU’ON PEUT HABITER CHEZ VOUS TOUT LE TEMPS ? (hurle mon cerveau).
Il y aussi un barbecue devant notre caravane, on peut faire griller un truc ce soir, alors on va faire des courses.
Il y a un grand supermarché super, pas loin du tout. On achète du steack angus (oui parce que bon), une patate au four, de la salade et de la bière bonne (la mienne est aux épices et à la citrouille : mioum).
On rentre, on boit l’apéro en mangeant des triscuits (ce sont mes chips préférées), on profite du début de nuit en écoutant les poneys mâchouiller. Je fais réchauffer la patate au four, Manu lance le grill, on dine dans la nuit.

Là j’écris depuis le lit, avec un machin à genoux exprès, mi planche en bois-mi-coussin, c’est pas mal. J’ai toujours trouvé ça débile chez IKEA, mais finalement, c’est moins nul que d’avoir l’ordi directement sur les genoux.
On se couche dans des draps drôlement soyeux, probablement tissés en poils de petits animaux mignons.
















































