J 14 – Wyatt Manu and Sib Earp in Tombstone

On se lève dans la maison propre. J’ai croisé très brièvement nos hôtes (ils doivent avoir une trentaine d’année je pense), on se retrouve seuls assez vite, le travail commence tôt ici.

Tout est bien expliqué, tout est étiqueté, du coup dès que je fais quelque chose, je vérifie que c’est écrit dans le classeur et que j’ai le droit.
On fait beaucoup de blague « OH ATTENTION ! TU AS LAISSÉ UNE MIETTE ! ».
C’est vraiment bizarre.
Le truc super cool, c’est qu’on peut se faire des œufs, avec des toasts et du café (en touillant mes œufs brouillés, j’en ai mis un peu sur la cuisinière. La panique).
On emmène la bonbonne d’eau, et nos cliques et nos claques, en route pour le western.



Il y a environ 1h de route pour aller à Tombstone, je chantonne « Pourtaaaant, que la montagne est beeeeelleuh » en regardant le paysage.
Tombstone, c’est donc LA petite ville dans laquelle a eu lieu la fusillade d’O.K. Corral. C’est aussi ici que l’on peut visiter le cimetière de Boothill. Le cimetière s’appelle comme ça, parce que bon nombres de ses locataires sont morts bottes aux pieds. Le cimetière officielle de la ville a été assez vite relocalisé, on trouve donc à Boothill, principalement des hors la loi, et quelques inconnus morts entre 1878 et 1884.

Pour y entrer, il faut payer trois dollars chacun. On passe par une petite maison, un peu comme une guérite de douane.
C’est tout de suite fascinant. On nous a confié un dépliant, avec en détails (si connues) les causes de la mort de ces braves gens. On commence par la première rangée, on va inspecter chaque tombe et lire consciencieusement chaque histoire.

Alors c’est pas très sympa, mais on a beaucoup ri. Probablement parce la violence de cette époque est difficilement imaginable. On dirait des histoires inventées pour déconner.

En voici un petit florilège :

->Frank Bowles : Son cheval a eu peur d’un truc, et l’a balancé par terre, dans sa chute, son fusil l’a blessé au genou. Il est resté plusieurs semaines sans soins, et quand ses potes l’ont emmené chez le toubib pour se faire amputer, c’était trop tard.

->Margarita, poignardée par Gold Dollar : deux danseuses de cabaret qui se sont bagarrées pour le même homme, Gold Dollar a gagné.

->Johnson, pendu par erreur. Ce bon vieux Johnson a acheté un cheval volé sans le savoir, et a été pendu pour la peine.

->Douglas Lilly, conducteur de diligence a été éjecté de son siège, piétiné par ses chevaux, et est mort instantanément quand la diligence lui a roulé sur la tête.

Et notre préférée de toutes :

James Hickey a été tué d’une balle dans la tempe par Clayborne, parce qu’il avait trop insisté pour qu’ils boivent des coups ensemble.

(essayez d’imaginer la scène au bistrot aujourd’hui) 

Voilà, voilà, c’était pas fastoche les années 80 de 1800.
En sortant, je demande à la dame du magasin de souvenirs du cimetière, pourquoi sur certaine tombe, il y a des sous. Je me demandais si c’était un truc pour porter chance, ou pour faire un vœu, comme dans les fontaines. Elle me dit que non, en réalité c’est un signe de respect et plutôt militaire. (Effectivement, sur internet, il y a des explication plus précises lorsqu’il s’agit de vétérans, selon les pièces déposées, c’est un message laissé aux familles)

Il fait toujours aussi chaud, ça ajoute beaucoup d’authenticité de la balade, il faut bien le dire.
On remonte en voiture pour pas longtemps, et on se gare à l’entrée de la Old Town.
D’après ce que j’ai pu lire, il reste des bâtiments historiques, en tout cas, malgré les panneaux « modernes » pour identifier les boutiques, c’est assez bluffant. Quand on arrive, la rue est quasi déserte et on regrette amèrement de ne pas être habillés pour la circonstance. Les santiags exerce sur moi une fascination/répulsion, mais si je vivais là, hein ? HEIN ? Peut-être que j’en aurais des tas de paires.


On se balade dans les boutiques, on croise des cowboys et des filles en corset. Ça pourrait vraiment faire illusion, si tout le monde n’avait pas un truc à vendre.

C’est à la fois une attraction en carton, et à la fois… mmm, et ben à la fois, c’est super cool.

Au bout de la ville, je vois une petite boutique qui s’appelle Curiosity Shoppe. Mon cœur s’arrête, on rentre et c’est FORMIDABLE ! Un magasin cabinet de curiosités ! On y trouve des trucs modernes tartouilles mais aussi et surtout des objets un peu foufous, et, ET : une petite pièce de musée avec plusieurs vitrines qui présentent tout un tas de bestioles fantastiques, et autres étrangetés !!! En fait je crois que je veux faire ça quand je serai grande. Tenir un musée avec des tas d’objets bizarres, et j’attendrais le client à la caisse, et à la fois je ferais un peu peur avec mon grand nez, mais je serai quand même très sympa, et je raconterais des histoires à ne plus jamais dormir. Et je serai habillée en léopard. Avec des santiags. Et peut-être que mes cheveux seront un peu violet aussi. Avec un brushing. Oh j’ai hâte, j’ai hâte !



Sur le comptoir, un cochon à deux têtes, des petites têtes de requins séchées,  des squelettes de chauve-souris. Dans le musée, ohlalala, je suis si jalouse, des jackalopes, une sirène de fidji (un classique), un alligator à 16 pattes (oui madame), et tout ça, et tout ça. (Allez voir les photos, c’est assez cool).
J’ai été bien trop raisonnable, à l’heure où j’écris ces lignes, je regrette tant de ne pas avoir acheté certains objets que j’aurais certainement un mal de chien à retrouver un jour. J’ai tout de même pris une petite tête de requin séchée.  Je ne lui ai pas encore trouvé un nom aussi cool que Popo the possum.

Il y a plein d’autres photos là : https://chezsib.wordpress.com/2019/08/24/j-14-wyatt-manu-and-sib-earp-in-tombstone-toutes-les-photos/


En sortant de là, on croise de très beaux rangers. Manu me dit « Attends, je vais leur demander une photo », moi « OHLALALANONHEHOÇAVAPAS », et puis ils ont dit d’accord, alors j’ai sourit bien fort. Ils étaient vraiment très beaux, ces Rangers de l’Arizona. Je suis contente d’être en photo avec eux.



Comme il fait chaud comme sous la selle d’un cheval, on va au Saloon. Un musicien chante de la country, sa guitare à la main. On s’installe au bar, les serveuses sont en en corset qui leur font remonter leurs nichons sous le menton. À la fois, c’est une jolie touche d’ambiance, et en même temps, je ne peux m’empêcher de me demander ce que j’ai foutu de mon féminisme quand malgré l’inconfort évident, je les trouve bien jolies comme ça.



On fait un stop idiot, mais comme on l’avait déjà fait, et que c’était rigolo, je voulais recommencer. Mais si, vous savez, ces trucs où on se déguise et où on fait une photo dans un décor. Même Manu est partant, j’ai même pas eu à insister beaucoup.
Le jeune homme qui nous accueille est bien gentil, il connaît bien son texte. Il nous fait choisir un styile, un décor, c’est assez expéditif, mais carrément efficace. En revanche, c’est une photo, et interdiction de faire des photos avec son téléphone ou autre, oh well. Mais quand même, c’est chouette (j’aurais peut-être dû lui demander si il avait des santiags a ma taille, c’était l’occaz.)



On s’en va, pour aller découvrir moins d’une heure plus loin encore, la ville de Bisbee.
C’est petite ville minière fort mignonnette. Les maisons sont empilées dans les hauteurs. C’est à la fois un peu à l’abandon, et à la fois complètement hype. Des magasins d’art et d’antiquités/brocantes partout, un cinéma très beau avec une énorme mouche sur sa façade, des hôtels qui ont l’air hantés mais qui sont quand même plein. NO VACANCY est affiché partout. On se balade un peu, et on va à la pizzeria conseillée par Bobby et Heather. On en partage une, de pizza. Il est presque 16h, on est un poil à la bourre du déjeuner.

Sur la route du retour, l’enfer du cauchemar de la tempête. Alors le ciel est sublime, on voit la pluie au loin, mais quand on se l’est prise sur la tronche, j’ai moins fait la maline. C’est l’aquasplash. Les gouttes qui tombent sont grosses comme ma tête. Ils font toujours tout en grand les américains. Heureusement, on se dirige vers le soleil et on laisse l’orage noir derrière nous. Heureusement que mon amoureux conduit très bien, même s’il a froncé les sourcils bien plus que d’habitude.

Nous sommes ensuite rentrés, Manu est parti chercher à manger, on va rester là ce soir pour partir tôt demain matin.




Une réflexion sur “J 14 – Wyatt Manu and Sib Earp in Tombstone

Laisser un commentaire