J 13 – Tu l’as vu mon gros cactus ?

Ce matin a Roosevelt Lake, il fait déjà bien chaud, la veille, c’était un de leur record, 45°, c’’est parti pour faire dans les mêmes eaux.
Dans le jardin, on croise des drôle de cailles avec une houpette sur la tête, et leurs bébés minus qui courent derrière. C’est autre chose que nos crétins de pigeons.


Pour le petit déj, je mange mes reste de beef-satay-le-meilleur-du-monde. Chaque bouchée me rapproche un peu plus de la dernière fois où j’en mangerai de toute ma vie. Ça me fait  ça en voyage, quand on mange un truc super, et qu’on sait qu’on ne reviendra probablement plus. C’est très triste. Oui, je vois le beef satay à moitié vide.

Bobby et Heather viennent nous dire au revoir, on se hug à foison, on échange nos mails, ils nous proposent encore des trucs, si on a besoin d’eau ou autre chose, ils sont si gentils.
Il faut partir, la suite nous attend.



Y’a pas, le paysage fait toujours le même effet. De temps en temps, je regarde la carte sur mon téléphone, et je sursaute parce que Manu pousse un « OH ! ». Des fois, c’est une montagne, des fois it’s a bird, des fois it’s a plane. Bon aujourd’hui, ce sont plutôt des gros cactus et des grosses montagnes qui découpent le ciel bleu.

La route est un peu longuette, avec pas trop d’arrêts fun. On s’arrête dans un supermarché pour le déj, et même que comme c’est visiblement bientôt Halloween (les zinzins), je trouve une sirène squelette de toute beauté.
A un moment, on pique un peu du nez (quand c’est moi, c’est pas grave, mais si c’est Manu, c’est plus compliqué). On s’arrête sur le bord d’une route déserte le temps d’une sieste. Heureusement qu’il y a la clim, sinon, on serait tout secs comme des pruneaux séchés.



On finit par arriver dans les environs de Tucson. La circulation se densifie, on trouve le Saguaro National Parc (ça se prononce sa-wa-ro), le parc aux cactus géants.
Je voudrais tant que ce soit mon jardin. Il y a des cactus partout. On se balade sur la route au milieu des cactus, mais on ne trouve pas tout de suite le fameux Visitor Center.
On tombe  sur une petite balade à faire, d’un demi mile (ça vaaaaa).
Ce petit chemin serpente au milieu d’un décor complètement surréaliste. On écoute les bruits pour voir si on va croiser une bestiole. Deux lézards quand même. Huhu. Mais pas de serpent à sonnettes (déception), ou de coyote (déception).

Attention, fun facts about les saguaros :
Les saguaros ne font pousser leurs bras qu’à partir de 75 ans. Ils peuvent mesurer jusqu’à 15 mètres de hauteur et peser jusqu’à 7 tonnes. Ils peuvent vivre 150 ans. Si j’essaye d’en faire pousser un en rentrer, j’aurai 116 ans à son premier bras. Ca vaut carrément le coup !
Dans les cactus, on voit des trous, ce sont des petits oiseaux qui s’y creusent des nids, car il y fait plus frais (c’est mignon, mais à la longue, ça peut les buter).
Justement, autour de nous, on voit aussi des troncs de saguaros morts. C’est assez déconcertant comme structure, on dirait du mauvais artisanat (je vous invite à taper « dead saguaro » dans google image).
Mine de rien, il est tard dans l’après-midi, on hésite à faire le tour du parc en payant. On fait un mini tour à la boutique de souvenirs, et on se dirige vers notre Airbnb qui se trouve à… 20 bornes. Huhu, Les villes s’étalent.

On tente en route d’aller au Old Tucson, à priori un attraction western, mais là c’est fermé parce qu’il y a une foire à on n’a pas compris quoi.
Je crois que je suis un peu frustrée qu’on n’ait pas visité le parc. J’ai l’impression d’avoir raté un truc. On avisera demain sur le what-to-do.



Notre nouvel Airbnb, c’est pas la même ambiance. Un jeune couple nous accueille, leur maison est si propre qu’on se croirait dans un magazine. La jeune femme est très gentille, mais, c’est difficile à expliquer, on n’est pas hyper à l’aise. Son mari est en train de tailler ses flèches pour aprtir à la chasse en septembre (…).
Elle nous montre notre chambre, le classeur avec les règles de la maison (dit comme ça, c’est zarbi, mais c’est souvent dans les Airbnb, j’imagine que pour éviter les situations comme « Ah mais je savais pas qu’il ne fallait pas sacrifier de poules dans la salle de bain, c’était pas dans le classeur. »
Ce qui est bien, c’est que je peux laver nos habits, il était temps, c’était mon dernier slip propre. Et c’est important, les slips propres, c’est 3$ la machine.
On se pose 5 minutes, mais très vite, on a envie de ressortir. (on est arrivé vers 17h30, ils terminaient de diner).


On farfouille internet et nos souvenirs des conseils de la veille, et on va downtown, à El Charro. C’est à priori un restaurant mexicain historique de la ville (ouvert en 1922). On commande un pitcher de margarita maison, puis, une fois installés, manu prend la spécialité de tacos, et moi… une taco salad. Non mais je sais que c’est pas super original, mais ça m’évite les trucs avec mille fromage fondus et autres conneries.
Si quand on arrive aux USA, on se di qu’on deviendrait très vite énormes, si on habitait là, en fait, on arrive à saturation assez vite, des donuts, du gras, de tout ça. Ce midi, on a mangé des soupes par exemple.
Donc ce qui est bien, c’est qu’on pourra faire un roadtrip de 5 ou 10 ans quand on sera riches sans forcément se boucher les artères en 10 jours. Pouces en l’air.



On se dit qu’avant de rentrer on va boire un dernier verre. Je vois un truc pas trop loin de là où dort, un dive bar à karaoké. Un dive bar, c’est un peu le bar de quartier, le truc un peu malfamé, pas hype, pas la classe. Alors de fait, le Margarita Bay, c’est la tristesse. J’ai envie de faire contre mauvaise fortune bon cœur, je compulse le classeur à la recherche d’une chanson, mais je crois que l’ambiance à la fois mignonne et triste commence à nous gagner. On est fatigué, on finit nos verres, et nous repartons sans avoir chanté.

See you tomorrow !

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