Non, pas de coquillages, ni de cétacés.
Je pense pour me caler horairement d’ici la fin des vacances, c’est foutu foiré, tant pis, je me réveille et je mets la veille en ligne sur le blog. Je prends une douche en regardant Mindhunter, et j’attends que l’amoureux sorte de sa nuit. La clim faisait vraiment un bruit de moteur de tracteur, et, en plus, elle devait être réglé sur -20°.
Au Shamrock, le petit déjeuner est offert. Nous allons donc profiter de ce repas gratuit. La petite pièce est un peu triste, avec quelques clients un peu tristes, personne ne se parle, la télé passe des annonces immobilières et on s’installe à une table.
Il y a des œufs trop cuits dans une poêle chauffante, un frigo avec du jus d’orange en plastique, du café très cuit, et…. EEEEET UN APPAREIL A GAUFRES POUR FAIRE DES GAUFRES EN FORME DE TEXAS ! Alors, j’explique : y’a un distributeur de pâte à gaufres, faut remplir un petit gobelet en appuyant sur bouton poussoir, puis verser dans le gaufrier Texas en fonte, retourner le bazar, et attendre que ça bip, et paf, ça fait une gaufre Texas. C’est for-mi-dable. Je m’en fais une, et puis j’en fais une à Manu. Elles ne sont pas très bonnes, et en plus, je pense que le sirop d’érable dans le jerricane à pompe à côté doit être composé à 0% de sirop d’érable. Mais c’est formidable. Des gaufres Texas, si je m’attendais.
On ramasse notre bordel, je procède au rituel matinal de remplissage de sachets à glaçon pour tenir nos petites affaires au frais dans notre polystyrène glacière.
On revient un peu sur nos pas en voiture pour faire deux trois photos, car on a vu hier un beau squelette en fer forgé. Quand on arrive, il y a des petits ânes au fond de la décharge (ou jardin, je ne sais pas). Ils viennent me voir en trottinant, et j’ai pu les caresser, ils étaient fort mignons. Je pense qu’ils espéraient un truc à bouffer mais je n’avais rien sur moi de donkey-friendly.
66, here we come again.
Shamrock était à 70% abandonnée, la suite gagne en progression de désertion. Mais tout de même, un peu de culture, sur la route, un musée ! Et pas n’importe lequel. Je pense que mes amis fans de fils barbelés vont être aux anges. Car oui, nous avons visité le musée du fil barbelé. Il y en a de toutes sortent, et d’après les panneaux, c’est en grande partie grâce au fil barbelé que le Texas sauvage a pu être dompté. Rien que ça.
On trouve des objets en fil barbelé, des modèles réduits de clôtures en fil barbelé pour les vendeurs de fils barbelés, des peintures de fil barbelé. (Dont une particulièrement dégueulasse, avec des indiens coincés d’un côté d’une clôture avec un air bien emmerdé).
Le reste de La Ferme est également mis à l’honneur, avec une belle collection de fer à marquer les vaches, de pinces pour couper les oreilles des vaches, de matos pour castrer les taureaux, une petite pièce consacrée à la Route 66, et comble de l’ironie, des pinces pour couper… le précieux fil barbelé. Je pense que nous sommes ressortis grandis de cette visite, et on espère que nos amis fans de fils barbelés ne seront pas trop jaloux.

S’enchaîne ensuite les bleds à moitié crevé, puis Amarillo, grosse ville du Texas (la 14 ème plus grosse, 200 000 habitants. Quand on sait que le Texas fait presque 1 fois et demi la France, c’est une grosse ville).

On va se balader dans le quartier « historique »,
après avoir paumé la route 12 fois. C’est tout un tas de Antiques Shops avec
tellement de bordel. Manu sature vite. J’avoue que je pourrais y passer des
plombes. En revanche, tout est un peu cher, ça évite de remplir les valises
trop vite. J’ai quand même vu un crâne avec des bois qui faisaient plus d’un
mètre d’envergure. DAMN YOU, PETITE VALISE !
On trouve aussi un magasin de jeu, Manu fait un petit tour, et je rêve de
repartir avec leur E.T. taille réelle, mais je ne peux pas, valise, gnagna,
tout ça.
On va ensuite faire un tour au mall, pour compléter notre
pique nique, pour que Manu s’achète une casquette du Texas. Oui parce que là,
il avait une casquette des Sox de Boston, et on a changé d’état. Il aime bien
être assorti.
Bien que là, pour être assorti, faudrait des santiags et un chapeau de cowboy.
Même par cette chaleur, on croise des tas de grands types en jean, gros
ceinturon, grosses bottes en cuir et chapeau yiha.

Arrive un peu plus loin une des attractions phare de la route 66. Les Cadillacs d’Amarillos. Une série de bagnole plantées dans un champs recouvertes de peintures. L’idée, c’est que l’on peut amener ses bombes de peinture, et en rajouter une couche. Le spectacle est étonnant. Pendant qu’un tracteur laboure son champs en faisant plein de poussière, des bikers et autres touristes, genre nous, vont faire un tour vers les voitures, prennent quelques photos, et repartent aussi sec.
Sur le chemin pour y aller, un monsieur nous tend un bombe
de peinture « Hello, do you want some spray paint ? », et moi,
spontanément, française débile « No thank you, I’m ok. » et dans la
seconde, je regrette d’avoir dit non par défaut. Pourquoi ? Pour la
première fois de ma vie, j’aurais pu taguer un truc. Tant pis, photos ce sera.
Cette œuvre est déconcertante à souhait. Ce n’est pas vraiment beau, pas
vraiment intéressant, mais on a fait un beau demi tour pour les voir, alors,
c’est bien quand même. Mais je n’ai aucune idée de la signification profonde de
cette installation. Il faudrait chercher, mais ce sont des voitures, alors en
vrai, ça m’est égal.
Pas beaucoup plus loin, on longe un élevage de vaches, et c’est la déprime totale. Si jusqu’à présent, on a croisé 12 vaches plantées à l’ombre sur un terrain de whatmille mètres carrés, là, c’est l’entassement. Y’a des vaches à perte de vue, avec pas un brin d’herbe.

Ma transition va paraître étrange, mais pour écrire, je suis les photos dans mon téléphone pour ne rien oublier.
On s’arrête dans un autre trou du cul du Texas où il y a un
parc désert, un peu comme hier, pour pique-nier. C’est moins riant que les
ponts, mais on est assis pas par terre. Bien que j’ai mangé debout parce que à
l’ombre, y’avait des mouches et des tas de mouches.
Il fait encore 39 degrés. C’est bien, on n’a pas froid du tout.
La prochaine étape sincèrement émouvante, c’est le midpoint.
Nous sommes pile au milieu de la 66. 1139 miles à ma droite, 1139 miles à ma
gauche.
En face du panneau, ils ont même installé un petit poteau pour pouvoir poser un
appareil photo à retardateur. Sur la route, une grande ligne blanche, un peu
effacée, et surtout, le Midpoint Café, où on peut manger des ugly pies. En
vrai, elles ne sont pas moches du tout, ces tartes. Ç’en est presque décevant tellement
ce ne sont que des tartes. Par contre, c’est plutôt bon. Manu a pris une tarte
au citron, et moi une pecan pie, c’est bien, c’est très léger… … …
Plus loin il y a une station service abandonnée. Il y a un
peu de marge, personne devant, personne derrière, je peux descendre pour aller
faire quelques photos. Les crickets géants s’envolent encore devant en faisant
un raffut de tous les diables. Je m’approche, et je tombe une (deux ?)
peau de bête séchée par le soleil. Aucune idée de quelle bestiole il s’agit.
Quand je m’approche pour rentrer, je tape fort des pieds (je ne sais pas où on
commence à croiser des serpent à sonnettes dans ce pays), j’entends un bruits
qui vient des anciennes toilettes. Très courageusement, je fais demi tour, au
cas où. Je veux bien me faire attaquer par une bête sauvage, mais il reste
encore trop de jours de vacances.
Il y a un autre bâtiment déserté 50 mètres plus loin. Les vitres sont par terre
en miette, et les fenêtres donnent sur un jolie campagne. Je suis contente d’être
ici.
On passe la frontière Texas/Nouveau Mexique, et à Tucumcari
nous attend notre hôtel, le Blue Swallow Motel, un autre môtel historique de la
Route 66. Comme au Boots Court, il y a des garages intégrés, juste à côté des
chambres. C’est retro et chouchou à souhait.
Dans notre garage, il y a une grande fresque avec Peter Fonda (Easy Rider) qui
d’après les news d’internet, est mort aujourd’hui. Fichtre.
Tucumcari est un poil plus vivante, avec pourtant, là aussi, des tas de commerces abandonnés. En dehors des motels de la 66, d’un smoke shop, et d’un supermarché, y’a pas foule-foule. Il y a quand même quelques restaurants.

Non, en fait, ça c’est abandonné.
Ce soir, on va boire mexicain (des margaritas) et manger pareil. Les trois margaritas étaient très bonnes, sauf que du coup, là, en horaire ressenti, il est 4h du matin, alors qu’en vrai, il est 20h44. (on a gagné une heure depuis l’arrivée au Nouveau Mexique, et il est effectivement 4h45 en France, mon horloge interne est foutue). Taco salad pour moi, et un truc avec du riz et des haricots pour l’amoureux. Il doit y avoir 5 clients, sacrée foule.
Manu vient de revenir de fumer une cigarette dehors. Il a discuté brièvement avec notre voisin de motel qui était en train de nettoyer l’avant de son gros 4X4. Manu lui demande si ce sont des gros crickets, et en fait non, le mec bazarde un gros machin dans un sac en plastique « No, a bird ». Ils font toujours tout en grand, les américains.
Les néons du Blue Swallow clignotent, comme nous.










































