J 7 – Oklahoma to Texas
Une journée qui commence encore une fois à 4h, ça fait tôt.
Le mal de tête est encore là, alors je me lève pour laisser Manu dormir.
C’est agréable d’avoir une maison pour soi toute seule. Je fais sécher le linge dans le sèche-linge géant, j’allume la grosse télé, j’éteins l’immense ventilateur de plafond qui me balance l’air de la clim et fait sécher mes yeux, et le gentil chat Kai vient me ronronner dans la tronche, les pieds, le téléphone, les genoux, partout. Cet animal est décidément hyper sympa. Je lance une série, je regarde quelques épisodes, et je me rendors avec le chat.

Un peu avant 7h, Manu se réveille, on traînouille, et il part voir s’il peut louer ou un acheter un frisbee et faire un disc golf. Étant en miette -et une grosse feignasse- je reste là tranquillou, dans mes années 50, pour surveiller le linge, faire la vaisselle et me laver les cheveux.
Je retente médocs + CBD et je croise les doigts.
Mine de rien, ça commence à s’alléger, je refonctionne, et je peux allumer les lumières de la maison sans me sentir vampire.
Je vais faire un tour dans le jardin avec Kai, et dehors, il y a encore des crânes de bestioles accrochées sur un abris de jardin. Je regrette vraiment beaucoup de ne pas avoir rencontré notre hôtesse. Je lui envoie donc un message dans ce sens, je lui dis que je trouve très beaux ses crânes, et que tout était super chez elle. Elle me répond tout de suite, pour me remercier et me dire de ramener avec moi le crâne d’opossum qui se trouve à côté de l’aquarium, et que cet hiver, elle verra pour m’envoyer un crâne de castor, parce qu’elle nettoie les crânes plutôt en hiver. Je lui réponds avec beaucoup de majuscules de joie, et j’emballe Popo le possum dans mon beau paréo. (Manu ne valide pas le nom de Popo le possum, moi-même, je suis mitigée, mais je demande toujours à Capucine de me trouver des noms cool, et là, elle est pas là).
Manu est revenu rouge et suant de son disc golf, mais surtout, tout content, un monsieur lui en offert un, il a joué un peu avec lui, et a refait un parcours tout seul.
Un crâne et du sport, c’est une super matinée.
On s’en va, il faut partir d’Oklahoma City pour la suite de
la suite.
Je re-fonctionne, j’ai un léger mal de tronche, et mon épaule qui chante, mais
RIEN A VOIR avec hier.
On retrouve facilement la Route, on passe près d’un lac, on s’arrête un peu,
y’a du vent, c’est agréable.
Rapidement, la température va grimper. Assez fort. 39 degrés. C’est la
sensation mandale dès qu’on ouvre la porte de la voiture pour faire un truc en
dehors de la voiture. Une grosse beigne de souffle chaud qui écrase d’un coup.
Ah ça, ils devaient pas rigoler dans leurs charrette à chevaux sans clim, les
pionniers.
Il faut bien constater que dans les bouts de Route 66 hors grosses artères, on
est tout-seul. Si au début du périple, il y avait un peu de touristes, là, on
enchaîne bleds vides et à moitié crevés sur routes vides et désolées. Si les bords de la route n’étaient pas si
bien tondus, on pourrait vraiment croire qu’elle est abandonnée pour de bon. Et
pourtant, parfois, après trois camping cars éventrés et deux maisons sans
dessus dessous, surgit un presque château américain très propret, avec le terrain
assorti. Qui sont-ils ? Que font-ils ?
De temps en temps, j’ai envie de m’arrêter, pour faire des photos, et en même temps,
on se dit aussi que c’est des coins à se faire tirer dessus par Dieu, vu que
c’est le thème principal de ces derniers kilomètres, ou de se prendre une
tondeuse à gazon sur le coin de la gueule par un mec qui joue du banjo si on
entre sur une propriété privée.
Oh ça va, ils disent tout le temps que les français mangent des grenouilles et
ne s’épilent pas. Moi aussi j’ai le droit à petit quota clichés… (pardon).
On s’arrête à un magasin, les Trading Posts, trucs à touriste avec des machins indiens, bijoux, cailloux, peaux de gnous. On jette un œil, et oh, joie, merveille, dans des bocaux : des têtes de serpent. Je prends ! Et hop, deux têtes en une journée ! Ma migraine a disparu. Un hasard ? Probablement.

On ne trouve pas de pont pour déjeuner, mais un parc dans une toute petite ville. Dans ce parc, il y a un cours de tennis abandonné, un théâtre inutilisé, un terrain de basket envahi par les herbes folles, et une piscine vide. Il y a tout de même des tables à l’ombre, on s’installe là pour fabriquer nos petits sandwichs.
Plus loin, on tombe sur un autre musée de la route 66. C’est
5 dollars chacun. Hop, c’est parti.
Le musée est très grand, et séparé en plusieurs petits bâtiments thématisés.
D’abord les motos (youpi), ensuite des voitures (ouééé) mises en scène avec des
mannequins. Mais surtout, un peu comme le musée précédent -mais moins bluffant-
des scénettes « d’époque » reconstituées dans chaque petite maison. On
peut regarder au travers des vitres, ou parfois rentrer dedans et se balader au
milieu du fourbi. Chez le toubib, à l’école, l’église, la banque, le
croquemort, tout y est.
Il y a des tas d’objets formidables. Ambiance victorienne et plus si affinités. Vieux appareils photos, tableaux funèbres avec des cheveux du défunt, les habits de Miss America 81, des valises en cuir exprès pour le matos de rodéo, des santiags folles, des uniformes de l’armée, etc. Allez jeter un œil aux photos, ça vaut le détour du coup d’œil.
https://chezsib.wordpress.com/2019/08/17/j-7-oklahoma-to-texas-toutes-les-photos/
Le principe est plutôt chouette, mais comme dit plus haut, il fait 39 degrés, et Manu court d’un truc à l’autre pour échapper à la chaleur. Je ne sais pas si c’est une bonne stratégie, mais il faut bien constater qu’on sue et que ce n’est pas indispensable de faire durer la balade.

On remonte en voiture et nous nous hydratons.
La 66 est bien souvent une grande ligne droite dans la campagne. Le paysage change tranquillement, et c’est de plus en plus joli.
On arrive à la frontière du Texas, contrairement aux autres états traversés précédemment, un beau panneau couvert d’autocollants nous accueille. Mais pas seulement, quand on descend de voiture, une nuée de crickets vrombit ! Ils volent partout, c’est rigolo, alors je cours partout pour les faire s’envoler.
Manu s’arrête pour faire pipi une dernière fois en Oklahoma pendant que je fais des photos du panneau, quand soudain « Oh des fourmis rouges ! Je fais pipi sur des fourmis rouges ! » Rhalala, on aura bien rigolé en Oklahoma.
Mais quand même, le cowboy intérieur de l’amoureux se réveille, et il a l’air vraiment content d’arriver au Lone Star State (le drapeau du Texas n’a qu’une seule étoile).

En Oklahoma 
Au Texas
Les bleds à moitié abandonnés continuent de s’enchaîner, on reste effarés du nombre de commerce, motels, maisons laissés à l’abandon.
On poursuit, seuls, sur la Mother Road, pour arriver à Shamrock, TX, là où qu’on dort.
J’ai réservé via Airbnb, mais c’est bien un motel. Un gigantesque carré vide, entouré par une succession de portes bien alignées. Notre chambre est pas mal, pas zinzin. La clim fait un bruit bien dégueulasse, et il y a un petit frigo qui ne fait pas vraiment du froid.
On choisit sur internet parmi la longue liste de trois restaurants à proximité. Adjugé pour le Mesquite je sais pas quoi.
Un thé glacé, une patate et du poulet pour moi, un diet Dr Pepper pour Manu, avec des bouts de bœufs aux oignons, et des brocolis et des beans. Vous voyez qu’on mange des légumes. Si, la patate, ça compte. Flûte.
Retour au motel, écrire la journée, puis surtout ne rien faire de plus.















uhh il est rigolo le motel avec toutes ses portes étoilées 🙂
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