La nuit au boots ne fut pas si mal, mais je me suis réveillée aux aurores vers 4h à cause de ce foutu mal de tête.
J’ai pris une longue douche vaine, des médicaments inutiles, on range les affaires, et comme indiqué, nous remettons les clés dans la boite aux lettres du motel pour le check-out, et c’est reparti.

Cette sixième journée est une véritable chasse à la 66. On cherche les panneaux, qu’on ne voit pas toujours, je vérifie sur mon appli maps.me en parallèle pour vérifier qu’on ne l’a pas perdue. Il y a des tronçons qui datent de certaines périodes mais qui bien souvent s’arrêtent dans la pampa, mais pas toujours, c’est un peu le bordel, mais ça fait voir du pays.
J’avoue que ma migraine prend toute la place, je dors parfois, je loupe des trucs. On s’arrête dans un Walgreen, où il y a des médicaments. Je me dis que peut-être des médicaments américains vont aider plus. Peux environ 12 minutes, il y a eu un léger mieux.

On profite donc du paysage, on croise un drive-in super chic, je descends faire quelques photos. On croise encore de petits villages, avec des maisons en miette, des motels abandonnés. Mais comme chaque mouvement me donne envie de hurler, quand Manu propose de s’arrêter, je décline avec chagrin, je ne suis capable de rien.
On s’émerveille beaucoup devant les pelouses. C’est fou comme les gens ont une passion pour la tonte dans ce pays. On traverse un tout petit bout de Kansas. Je suis émue, je pense à Dorothy du magicien d’Oz. D’ailleurs (interlude, le saviez-vous) l’héroïne du roman s’appelle Dorothy, car la nièce de l’écrivain est morte à 5 mois de la tuberculose (je crois que c’est comme ça qu’on traduit conception). Dans une des villes que l’on traverse, il y a sa tombe, et une arbre a été sculpté pour honorer sa mémoire, mais je l’ai découvert après coup. 😀

On s’arrête sur un pont qu’on ne peut pas traverser. En contrebas, Manu voit un serpent qui glisse le long de la berge. Arrivent ensuite trois motards québécois, super sympa (c’est redondant avec québécois, non ?). On discute le bout de gras en riant des parisiens qui paniquent dès qu’il y a un peu de neige, et ils nous montrent des photos de chez eux quand les arbres s’écroulent sous le poids du froid.
Ils arrivent du Québec en Harley, ils sont descendus jusqu’à Chicago, ils font le 66 et remontent ensuite jusqu’à Vancouver, et ensuite chez eux. Sacré trajet.


Le serpent dans dans la fenêtre un peu après l’ombre de mon bras 
Harley Québec
Il faut bien avouer que la route du jour est dépourvue de fun, et que je suis assortie. De longue lancée toute droite dans la campagne, avec sur le côté, des vâches et des cheveux qui poussent. Des messages pro Trump, et pro Dieu.
On trouve un autre pont avec de l’ombre, comme hier, pour pouvoir pique-niquer et faire pipi en cachette. Dans l’eau sous le pont, il y a des tortues qui nagent, c’est super mignon, même si l’eau est super dégueulasse. On voit aussi deux tongs qui flottent, c’est creepy as fuck.
Il y a un banc, on mange là, je retente des médicaments en mangeant, et je redors dans la voiture.
Plus loin, on fait le plein, et en face, il y a un magasin qui vend du CBD, j’avais lu que ça aidait pour les maux de tête. Fuck it, au point où j’en suis, je suis prête à essayer laeucotomie frontale transorbitaire, le CBD, c’est l’étape d’avant.
C’est un magasin tenu par des jeunes. Avec des t-shirts tie and dye. Hihi, ils sont mignons. Je demande conseil à la jeune fille aux cheveux rose (vous le sentez comme j’ai vieilli et que je parle comme un parent bienveillant ?), elle me montre le CBD qu’on ingère, puis un autre me parle de ma montre Casio qu’il trouve trop super, et le patron vient aussi me dire ce qu’il en pense, et arrivés en caisse, il nous fait un prix, ce qui est super gentil.
Pas de suspense, ça a un peu aidé, mais pas tant.


On arrive à Oklahoma city, et malgré le GPS, c’est la galère total pour trouver l’adresse. On voit une voiture de police et je vais demander notre chemin. Le policier s’apprêtait à me dessiner un plan en regardant son ordinateur de bord, et finalement, il me propose qu’on le suive, il va nous emmener.
Je retourne à la voiture « SUIVEZ CETTE VOITURE DE POLICE ! ». Hihi.
La maison est super, la propriétaire n’est pas là, son chat méga câlin nous accueille en se frottant à nos orteils. On va faire des courses dans un génial supermarché (j’aime tellement les supermarchés ici) et je nous prépare des mac and cheese maison. J’en profite aussi pour faire une machine, et Manu va de pièce en pièce en disant « Chériiiie, c’est Jean-Pierre ! » et je dois secouer mon nez ( !!! )pour conclure la blague. Huhu. #masoricerebienaimee

Dans la buanderie, il y a du matériel de pêche et des crânes de bestioles. Oh, et dans la cuisine, un très beau Kitchenaid et plein de livres de cuisine. Je regrette presque que notre hôte ne soit pas là, d’après sa voiture, elle est garde forestier, et par message elle avait l’air super sympa. Je suis sûre que ça aurait été une chouette rencontre.
Je capitule vite et je vais me coucher pendant que Manu regarde un film sur la super grosse géante télé. Le lit est hyper confortable, et ça c’est formidable. Bonne nuit les petits, j’espère que ça ira mieux demain.

