J 4 – Get urbex, on Route 66…

Cette nuit, l’orage a grondé sur Saint Louis.
Hier, en allant chercher nos soupes-bières, il y avait déjà des éclairs qui découpaient la silhouette des nuages. La chaleur est très différente qu’en France. C’est plus humide, plus lourd, mais pas forcément désagréable. Cette sensation va avec les vacances. La chaleur de Paris rime avec sentir mauvais sous les bras.
La pluie et le tonnerre m’ont réveillée dix fois, mais j’adore le bruit de l’orage. Je pense surtout à demain matin, s’il faut partir sous une pluie battante, ce sera différent, surtout avec une seule paire de chaussures.

Finalement, quand on s’est levé vers 6h, c’était très tassé. Manu a vu des bagarres d’écureuils, et j’ai mangé mon yaourt avec des fraises fraîches et un jus vert.
Un bel élan de mieux bouffe, et la pluie s’évapore pour être sympa

On cherche un endroit avec du wifi pour que je puisse poster les raconteries d’hier, car le monsieur de notre Airbnb a un poil oublié de le brancher. C’est relou.

On va donc… dans un donut shop. Au revoir jus vert et yaourt à la fraise, la culpabilité est grande, mais la boutique était décorée avec des trucs de Superman, alors c’était quand même bien, et j’ai bu un café très grand, par contre, y’avait pas de wifi.

Il faut bien admettre que pour se casser de Saint Louis et retrouver notre route chérie, c’est un poil le bordel. Il y a des moments où ce n’est plus une route parallèle, elle est bien à cheval sur l’autoroute à camions flippants, mais des fois non. C’est compliqué.
Tant bien que mal, on arrive à sortir de la ville, après une escale à Wallmart, ou je n’ai pas trouvé de glacière, mais un grand thermos à eau, ça oui. Le thermos sent fort le plastique, va falloir que je le lave je ne sais quand, je ne sais comment.
À Wallmart, j’aurais aussi pu m’acheter une carabine rose, parce qu’ils en font, c’est formidable, bravo l’Amérique.


On a aussi fait un arrêt au Visitor Center Route 66 State Park. Cela n’aura eu d’intérêt que de discuter un peu avec une gentille dame, de repartir avec une carte, et des indications pour ne pas se perdre.

Il refait très beau, et chaud, et très lourd.
Manu me demande : « Tu es déjà allée dans un magasin de feu d’artifices ? » Non.  « Moi non plus, viens on y va ! »
Un supermarché de feux d’artifices. Effectivement. Il est bien précisé de ne pas fumer à proximité. C’est très judicieux. Même si ça serait certainement l’incendie le plus festif de l’univers.  
Je me dis que c’est quand même très spécifique comme business. En même temps, vu qu’ils en tirent même quand il fait jour, si j’en crois les matchs de baseball, ça doit être intéressant.
On gambade un peu dans les rayons, en expliquant qu’on n’a pas ça en France (ou si ?). On pourrait acheter des têtes de mort qui fument de partout, ou des bazookas à je ne sais quoi, mais on se ravise, parce qu’on pense aux douaniers de l’aéroport qui feraient bien la gueule. On dit plutôt merci bisous au revoir.

Aujourd’hui, on a très peu de bornes à faire, dans les 150, alors on peut prendre le temps. On croise un des vieux motels de la Route 66 aujourd’hui à l’abandon, le Gardenway Motel. Au début, on ne voit que le gigantesque panneau qui trône au dessus d’un parking, mais au fond, il y a des bâtiments, Manu a l’impression qu’il y a des gens, mais je vais quand même jeter un oeil sous ce soleil qui tabasse tranquillement.
Instinctivement, je vais vers l’accueil. Constat doit être fait, y’a pas âme qui vive là-dedans. J’arrive à voir au travers de la vitre sale l’ancien comptoir d’accueil du motel vide. C’est humide et crado, et très beau.



Autour de moi, j’entends de l’eau qui coule, je pense que ce sont des gouttières pleines qui débordent du toit. Si il y a eu autant de pluie qu’à Saint Louis ce matin, ça se tient. Je fais des grands signes à Manu pour qu’il me rejoigne, et on explore. En arrivant, Manu voit l’eau qui coule, et me dit « Je crois que quelqu’un arrose ses plantes. Il doit y avoir quelqu’un. »

Je lui explique mon histoire de gouttière, il a vraiment l’air mitigé.
Je suis bien bien loin d’être une experte de l’urbex, alors le niveau pétoche est à 100% mais le niveau d’excitation est dans le même registre, fois mille.
On grimpe les escaliers extérieurs qui mènent aux plateforme terrasses qui mènent aux chambres. On jette un œil aux portes abîmées, aux fenêtres cassées. Je pousse du pied une porte et puis d’autres. Certaines s’ouvrent, la plupart non. Certaines fenêtres ont été murées, d’autre pas. C’est de l’abandon à moitié géré. Il reste des objets. Des matelas, des miroirs, des lampes, les salles de bains. C’était un grand motel, il y a plusieurs niveaux, et plusieurs bâtiments. On pousse jusqu’à la piscine, une des grilles est déjà affaissée, c’est très facile de s’approcher. Les insectes chantent fort autour de nous, la lumière est très belle, la végétation a commencé à reprendre ses droits. On n’a croisé personne. C’est un vrai décor de film de zombies, mais on n’a pas non plus croisé de zombie. C’est sympa. Je n’ai pas trouvé quand il a été abandonné par les propriétaires par contre, je vais chercher.



Un peu plus loin sur la route, après repris la voiture, on trouve une autre partie du motel, avec d’autres chambres et un autre panneau tout pété. J’arrive à faire quelques photos au travers des vitres en miette. Je m’amuse foufou.

Pour voir toutes les photos, c’est là : https://chezsib.wordpress.com/2019/08/14/j-4-get-urbex-on-route-toutes-les-photos/

Un peu plus loin, on voit deux caravanes de traviole, qui n’ont pas l’air en meilleure forme que le Gardenway. Je vais jeter un œil, et je suis intriguée par un bâtiment planqué derrière. La porte d’entrée est brisée, je rentre. Manu m’attend dans la voiture, il commence, je crois, à en avoir un peu marre de mes âneries. Il va me falloir un moment pour comprendre dans quoi je suis rentrée. Il y a des grandes pièces, un étages, un comptoir, et plus loin, un bar, de la vaisselle, des chaises, un menu. Je vote pour un restaurant.


En bas d’un escalier, un bout de carton plié est suspendu à contre-jour. C’est très fantomatique. Je le déplie et dessus est inscrit en majuscule « KEEP OUT ».
Cher panneau, au point j’en suis, je crois que c’est trop tard.
Manu m’a rejoint brièvement, il a appelé mon nom, un peu inquiet de ne pas me voir revenir. Il visite le RDC avec moi, et retourne m’attendre dehors.
Je grimpe à l’étage, et j’arrive dans une pièce où volent cinq oiseaux, un peu paniqués par ma présence. Ca devait être le bureau du patron, la pièce est lumineuse, et d’un coup, j’entends Manu m’appeler. Je descends en trombe les escaliers, je cours le rejoindre, j’ai cru que quelqu’un arrivait et qu’il me prévenait,, mais en fait non, il en avait juste un peu marre. À grand regret, je remonte en voiture, mais je ramène un petit paquet de chouettes photos je crois.



On fait un ou deux stops pour prendre en photo les magasins et musées kitsch, l’entrée est parfois hors de prix. Les enseignes sont amplement satisfaisantes, surtout quand je lis les chroniques désastreuses au sujet de ces attractions sur l’internet.

On s’arrête manger dans une chaîne assez nulle, parce qu’on s’est dit qu’on passerait pas la nuit à chercher, surtout pour déjeuner. Comme ça, hop c’est fait.

On arrive à Cuba. Oui on a bien roulé. 😀

Cuba est une petite ville du Missouri, et j’y ai réservé un motel historique de la Route 66. Le Wagon Wheel Motel.
Il a été complètement rénové et c’est mignon comme tout.  Plein de petites maisons en pierre dans un grand jardin bien tondu. On s’installe dans notre petite chambre accueillante à souhaite.



On va ensuite faire une balade dans la campagne, les supermarchés, le magasins de bières, et deux trois magasins d’antiquités. Dont un, indéniablement, pro Trump, vu qu’il y a des tas de pancartes TRUMP 2020 parsemé dans le foutoir de brocante. Pour la peine on a RIEN acheté. BIM.


On revient enfin au motel pour se poser sur un des coins du jardin aménagés (j’en suis persuadée) pour l’apéro.  On se raconte des bêtises en buvant des bières et on va ensuite manger au restaurant de barbecue qui est la porte à côté. On a mangé de la viande délicieuse avec de la sauce barbecue délicieuse, et j’ai pris une énorme patate au four, elle aussi, bien entendu, délicieuse.
 

On a discuté un peu avec le gentille serveuse, de tatouages entre autre, et j’ai acheté deux bouteilles de leur sauce barbecue maison, 4 dollars la bouteille. OUI MADAME. C’est cadeau, c’est plaisir, et ça n’a rien à voir.

On rentre, on se douche, ça suffit les conneries.
Mon doc continue de me faire mal, alors la chambre sent le baume du tigre, et moi, j’ai les épaules qui brûlent.

Bonjour et bonne nuit ❤

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