Je ne vais pas râler, on est à un bout du monde qu’on aime
fort fort, mais quand même, le décalage horaire, c’est bien de la merde.
#jebalance.
La nuit fut donc hachée, mais après un avant-dernier
réveil à 5h45 où Manu avait disparu, j’ai redormi jusqu’à presque 8h-pas-tout-à-fait.
Je ne suis pas certaine que ce soit des considérations fascinantes, mais
peut-être que dans quelques années, je ferai une étude pour voir si au fur et à
mesure des années, c’est plus ou moins facile de se recaler.

Manu est donc parti faire un tour, comme à son habitude. Il
s’est baladé dans le quartier pendant plus de deux heures pendant que le soleil
se lève et que tout le monde dort encore. Je pense que secrètement, il espérait
trouver des donuts, mais il est revenu sans.
On se réveille tranquillou, je bois un café comme j’aime, avec plein d’eau, et
Arthur et Rachel nous emmènent manger dans un endroit qui s’appelle BANG BANG
PIE AND BISCUITS.
OHLALALALA MAIS QU’EST-CE QU’ON VA BIEN POUVOIR Y MANGER ? ^

Bon alors, pour ceux qui lisent pour la première fois, je
vais expliquer pourquoi tant de majuscules.
Par quoi commencer ? Les biscuits ? Le gravy ? Ce parfait et
doux mélange pour le petit déjeuner…
Je pense lors d’un voyage précédent, J’ai déjà parlé de mon engouement pour ce plat
du sud si merveilleux… Biscuits, ça se prononce béskétze plutôt. Attention :
ce n’est pas un petit gâteau. C’est plutôt un genre de scone pas sucré. La
texture est merveilleuse, il n’y a pas de croûte, c’est assez incomparable (je
dis ça parce que j’ai essayé de comparer à des tas de trucs dans ma tête pour
mieux faire comprendre, mais en vain). Ensuite, le gravy. La recette est assez
simple, il faut des saucisses de porc de petit déjeuner (ici, on appelle ça des
breakfast pork sausages), je doute que l’on trouve un équivalent en France. Il
faut faire cuire les saucisses (en fait, c’est plutôt de la chair à saucisse)
dans une poêle, quand ça a bien suinté de gras, un peu de farine, et ensuite,
ajouter du lait. C’est un peu comme une béchamel, mais à la place du beurre,
c’est de la saucisse. Ensuite, c’est très très poivré. On verse le bordel sur
les biscuits, et on mange en faisant MmmmMmMmmmm. J’ai découvert ça en 1993,
quand j’ai passé un an à l’école en Floride.
« Quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir. »
Voilà, Merci Marcel, c’est exactement ce que je voulais dire. Madeleine, tilleul, biscuits, gravy, c’est pareil.
On arrive dans ce charmant endroit de petit déjeuner, où tout le monde est gentil. Je commande une part de key lime pie à partager avec Manu, et un thé glacé. Mais oui, et une assiette de biscuits and gravy.
Je pense très sincèrement que c’est un des meilleurs que j’ai mangé. Oh non, ce ne sont pas seulement les retrouvailles, c’est diablement bon, du vrai fait maison. Mioum mioum. La key lime pie est délicieuse aussi, on est content, et complètement rempli de nourriture.
On repart à pied tranquillou. Y’a le marché un peu plus loin. Je me réjouis d’avoir les dents du fond qui baigne, parce que c’est la débauche de bouffe ici aussi. Il y a des gentils producteurs de tout un tas de trucs. Légumes, miel, infusions, huiles, baguettes, etc. On peut même acheter des sandwiches au fromage à raclette, ou des crêpes remplies d’1kgs de garnitures diverses. Il y a des chiens qui sourient partout, les gens ont l’air heureux, il fait beau, on se croirait dans The Good Place. Ce quartier est vraiment bien joli.
On repasse par la maison. Hier, il y a eu petite tergiversation sur le what-to-do du dimanche, ce fut vite tranché. Arthur a proposé un tour en bateau, ou pourquoi pas, d’aller voir un match de baseball. Vous auriez dû voir le visage du petit Emmanuel s’illuminer. Baseball game it is ! Moi aussi ça me réjouit, en plus, je n’ai pas trouvé de match de quoique ce soit à aller voir sur notre trajet, ça tombe parfaitement bien.
Le match démarre à 13h. On arrive un peu avant, mais le temps de garer la voiture au milieu des milliers d’autres voitures, on est pile à l’heure, et on entre dans le stade au moment où l’hymne national démarre. Dans les allées derrière les gradins, là où il y a à boire et à manger, certaines personnes posent une main sur leur cœur et chante avec ferveur. C’est assez touchant. Je crois que ce truc du patriotisme nous échappe complètement.
On s’installe, on est tout en haut, le vertige fou, mais c’est super. Il fait très chaud (je viens de voir que j’ai effectivement un léger coup de soleil de dessus de nichons). Quand ça démarre, il y a un feu d’artifice pour lancer les hostilités, en plein jour. Cet enthousiasme : ❤
C’est un match White Sox de Chicago vs Athletics of Oakland. On crie « Allez les chaussettes !!! » et on rit. Manu me rappelle qu’à Tampa, j’ai caressé des raies dans un bassin parce que l’équipe s’appelle les Tampa Bay Rays. On se dit que ça serait super, un bassin où tu pourrais caresser des chaussettes. Bon ok, on a bu une bière, il fait chaud, on rit comme des idiots.
L’ambiance d’un match est décidément très chouette. Les gens viennent en famille, c’’est chaleureux et très bon enfant. C’est l’opposé de tout ce que j’ai pu voir à des matchs de foot en France. On sent quand même que l’enjeu est moindre que pour le Football. Il ya beaucoup de match de baseball pendant l’année. Chaque équipe de baseball joue 162 matchs par an. En Footbal, c’est 16. Alors forcément, les enjeux sont différents.
On part un peu avant la fin (c’est assez longuet un match en entier), et on se dit qu’il est l’heure de déjeuner en retard. Il est bientôt 16h, et on va dans une brewerie qui s’appelle Marz. On boit des bières fraîches et bonnes, et on commande des sandwiches fous et si copieux. Je pense que je n’ai officiellement plus faim pour quelques jours, ou semaines. Je ne sais pas. I’m drunk on food.

Ensuite, on repart en Arthurmobile, pour aller à un endroit important.
Dans Chicago, downtown, se trouve LE panneau de début de la Route 66. Demain, on loue la voiture à l’aéroport, ça serait un poil idiot de faire demi tour, juste pour partir du vrai début. Mais, par respect pour la Mother Road, faire un bisou au panneau nous paraît indispensable.
Arthur nous dépose Rachel et moi, le temps d’une photo. Manu reste dans la voiture (je le soupçonne d’être drunk on food too). On marche un peu, le temps qu’Arthur repasse nous prendre en voiture. On fait une visite touristique express. Nous sommes juste à côté du musée d’art de Chicago, et des Crown fountains. Cette installation d’art moderne est une incroyable source de joie. Deux grands panneaux numériques se font face. Sur les écrans, des visages, qui font des sourires et des grimaces, et de temps en temps, la bouche fait mine de souffler, et un jet d’eau gigantesque jaillit d’entre les lèvres de la grosse tête. Les enfants hurlent de joie et courent partout, et les adultes rient, trempés jusqu’à la moelle.
Il y a aussi The Bean : un haricot miroir géante. Dedans se reflètent la skyline, et les gens qui se prennent en photo.


Arthur nous récupère et on va faire quelques courses.
Il est un peu tôt dans le voyage pour commencer à remplir la valise de nourriture. Mais je revâsse dans les rayons du supermarché en faisant des listes dans ma tête de trucs à ramener.

Il est 20h10 ici, 3h10 du matin en France. On regarde un film tranquillou, Arthur a fait une soupe délicieuse, avec des dumplings (c’est à dire de la pâte à pizza qui cuit dans le bouillon).

Ce weekend se conclut merveilleusement.














