Hier, tout de même, en plus de ne rien faire, on a beaucoup cherché un « tour » pour nous emmener dans le désert. C’était souvent très cher, car nous ne sommes que 2. Le principe étant de remplir la voiture, c’est dégressif à plus nombreux, à deux, on est pas très nombreux.
Par exemple, pour 1, c’est 1000 Rials par tête (faut diviser par quatre pour avoir le prix en euros), pour deux, C’est 500 Rials, etc…
Jérôme a fini par trouver un truc, une balade de 5h, à 50 euros par personne. Les critiques de l’internet sont bonnes. C’est booké, on a rendez-vous à 7h en bas de l’hôtel le lendemain matin, ils passent nous prendre.
Je me lève vers 5h30 pour avoir le temps de me doucher, de prendre un bon petit déj, ce qui fait qu’il est 3H30 en France. Ça pique un poil mais bon. Je vais voir le désert et je suis diablement excitée.
Il est 7h, nous fin prêts dans le hall de l’hôtel qui sent bon.
C’est un monsieur indien hyper jovial qui vient nous prendre. Il s’appelle Ash. Dans le 4X4 qui nous attend dehors, il y a un autre monsieur indien très sympa qui est formation. Ash lui apprend le métier, avant il travaillait à l’accueil de l’hôpital de Doha.
Nous passons à un autre hôtel pour prendre un père et sa fille, ils sont turques et de passages à Doha pour trois jours avant d’aller voir de la famille en Turquie. Sinon ils habitent à Düsseldorf en Allemagne. On discute le long du trajet, c’est très rigolo de se parler de nos voyages, de nos visites de nos pays respectifs. Au bout d’une quarantaine de minutes, nous arrivons à la première étape.


C’est l’entrée du désert. Il y a des « camel men » un peu partout et les camels qui vont avec. Ash sait déjà dire « chameau » en français (parce que tous les touristes français en arrivant là disent « OHLALA LES CHAMEAUX ! ». Ça se tient.
Alors bon, là, c’est comme tous les trucs touristiques, je suis aussi ravie que mitigée. Mais quand même, quand on m’installe sur le dos du chameau, qui se relève tranquillement -le mouvement est très agréable, une bascule souple, une articulation après l’autre- je trouve ça fou et complètement cool. Je suis sur un chameau.



La balade doit durer environ 5 minutes, c’est un peu comme un tour de poney au parc Monceau, sauf que c’est un tour de chameau dans le désert. Je caresse le chameau, je sens le chameau des doigts, je suis bien plus ravie que mitigée à ce moment précis.
Par défaut, le tourisme impliquant des animaux, c’est toujours un peu compliqué à aborder. On ne connaît pas les secrets de fabrication, est-ce que les animaux s’en foutent de faire tous les jours des balades de 5 minutes à 20 personnes qui disent « OHLALA LES CHAMEAUX ! » ? Je ne sais pas, j’y connais rien en chameau, même si mes doigts pourraient faire croire le contraire.
Alors du coup, ensuite, pour alimenter le propos, on va voir un monsieur avec un FAUCON. C’est un monsieur, et il a un faucon. Il nous enfile chacun notre tour un gant sur notre main droite, et nous transfert son faucon. On peut le caresser, le temps de faire des photos, le monsieur nous montre comment faire monter et descendre notre bras pour que le faucon masqué déploie ses ailes et soit encore plus cool pour la photo.
Donc voilà, typiquement, je ne suis pas certaine que l’intention des humains cons soit très claire pour l’oiseau. Mais l’opération est réussie, on a des super photos, j’ai caressé un faucon, dans le désert, avec les doigts qui sentent le chameau.
J’ai honte mais je suis un peu (beaucoup) ravie.





On remonte dans le 4X4, les pneus ont été dégonflés pour optimiser la conduite dans le sable. C’est un groupe de 4 4X4 qui se met en route (je vous laisse faire le calculs de 4).
Ash met de la musique de Bollywood, ça colle parfaitement à la balade.
Alors non, « la balade », ce n’est pas le terme à employer.
Au moment où ça démarre pour de vrai, que la voiture escalade la première dune qui grimpe FORT, je me souviens tout à coup que j’ai peur en voiture. Eeeet oui.

Je souris très très fort en m’agrippant à toutes les poignées. La sensation est quand même incroyable.
Ash conduit vite, on roule sur les crêtes dunaires à fond la caisse. On roule sur les flancs en glissant vers le bas, ça va très vite, je dis quelques gros mots enthousiastes. Jérôme fait quelques films. C’est si chouette, et surtout, SURTOUT : le paysage. Le sable. Le désert.
On fait un premier arrêt, pour prendre des photos. Je descends de voiture, et pour de vrai, pendant quelques secondes, j’ai eu le souffle coupé. Quelle émotion, j’en pleurerai presque de joie tellement je suis émerveillée. Le désert s’étend, un peu haché par les traces de pneus, mais pas partout. Les vaguelettes de vent sont merveilleusement gracieuses, et juste à côté de nous, Jérôme voit des petites traces de pattes d’oiseau qui a dû sautiller en se brûlant un peu les pattes.



Pendant ce temps (oui je juge un peu), les gens des autres voitures font des tas de selfies, écrivent leurs noms dans le sable, tout ça tout ça. J’aime les souvenirs et les photos. Inscrire une image à un moment pour ne pas l’oublier, oui c’est important et j’adore ça. Les photos réparent ma mémoire molle. Mais parfois les gens oublient ce qu’il y a autour d’eux pour être sûrs de s’y retrouver bien au milieu.
Ash nous propose de faire des photos bêtes, où faut sauter et faire les andouilles, après quelques « Non, non mais ça va, c’est bon merci haha, mais non merci. », on se laisse convaincre, et on a bien fait. Elles sont rigolotes ces photos 😀



On repart faire poc poc avec nos fesses dans les dunes, et arrive l’autre arrêt. Le sandboarding. Non là, n’insistez pas, ce n’est pas pour moi, ça glisse, c’est haut, j’aime pas.
Mais Jérôme va se lancer, et maitriser l’action comme un chef. On sent bien Bordeaux dans la glisse.
Avec nous, dans les autres voitures, c’est un groupe de danois qui sont au Qatar depuis un mois pour monter un incubateur. Je pense qu’il doivent dire des mots comme wording ou je sais pas quoi. Ils sont beaux, jeunes, musclés, un poil agaçants. Le monde leur appartient certainement, et en plus ils font les malins en surf, bon enfin voilà, je sais pas bien pourquoi ils m’agacent en fait. Je cesse.
On repart, le papa qui est avec nous vomit pour la quatrième fois. De fait, ça secoue, et je pense qu’on a bien fait de manger un peu mais pas trop avant de partir ce matin.
Sa fille nous dit qu’ils n’ont pris qu’un café. Je me mets à sa place à ce pauvre monsieur, le mélange bile café digéré, ça doit pas être fun fun à vomir.
Last stop : The Inland Sea : Khor Al Adaid. C’est un bras du golfe Arabique entouré par le sable. Les voitures se garent, la mer au bord du désert, et en face de nous, l’Arabie Saoudite. On nous a expliqué la veille qu’il ne faut pas trop s’éloigner du bord et nager plutôt latéralement, pour ne pas franchir la frontière mouillée et se retrouver dans de beaux draps.
Jérôme file se baigner, j’hésite un peu. La perspective de me changer dans la voiture me mitige, mais en regardant Jérôme faire l’andouille, l’eau qui fait floutch floutch, je vais me contorsionner pour enfiler mon maillot et me jeter dans l’eau.
Il faut chaud dehors, la mer est fraiche, quelle chance nous avons. On nage latéralement. Puissance joie.
Il est temps de mettre les voiles… euh, les pneus, et de rhabiller (en fait c’est ça le plus casse pied, j’ai embarqué un bon tiers du désert dans mon slip).
On repart, ce coup-ci, la route est toute droite, mais Ash fait encore un peu l’andouille et le monsieur papa revomit pour fêter ça. Du coup, on a terminé le trajet un peu plus tranquillement.
On fait un arrêt à une station de gonflage de pneus à la sortie du désert. Un business comme un autre. Il y a des grosses bonbonnes pour pressuriser l’air, et on est tout à côté d’un loueur de buggy, ça vrombit de partout, et on sent que ça peut être vraiment dangereux. D’ailleurs, le copain de Ash en formation nous montre un accident qui a eu lieu il y a à peine 15 jours où un buggy a foncé dans un 4X4, le 4X4 a gagné un peu trop fort. Je n’étais d’ailleurs pas ravie de voir la vidéo en question.








Sur le retour, un bon gros coup de barre post joie, on somnole en se rapprochant de Doha.
On demande à Ash de nous déposer au Souq plutôt qu’à l’hôtel, comme ça on va manger un bout et se balader.
La brève sieste de voiture nous a un peu requinqué. Il est 13h, la plupart des magasins du Souq sont fermés, mais pas les restaurants. On retour au Damasca One, le restaurant du premier soir, copieux et pas très chers, et comme ça, on ne tourne pas pendant une heure à se demander quoi et où.

NOTE DE MOI À VOUS : JE N’ARRIVE PAS À UPLAODER LA SUITE DES PHOTOS POUR L’INSTANT… J’EDITERAI PLUS TARD !
Tout bien remplis de houmous, on décide d’aller visiter le Musée d’Art Islamique. Il faut marcher un peu, mais la balade est belle. On longe le golfe, il y a des dhows tout du long (des boutres, en français). Ces vieux bateaux en bois contrastent avec la skyline en arrière plan.
On arrive au musée. En bas, une fontaine, deux rangées de palmiers qui bordent une longue montée qui mène au musée.
Le bâtiment est impressionnant. Il a été inauguré en 2008, le musée a fêté ses dix ans en novembre.
L ‘entrée du musée est gratuite, il y a trois niveaux à visiter. On commence par l’expo qui a pour thème « Syria matters ». Le thème est bien entendu l’héritage culturel du pays, et surtout, sa destruction.
On se promène dans des reconstituions en 3D projetées sur des grands écrans blanc, des sculptures, peintures, calligraphies. Les éléments exposés ont souvent été prêtés par d’autres musées, dont le Louvre. Le moment le plus poignant, c’est probablement les photos à l’entrée (que l’on a vue en sortant) qui montre des photos de sites avant/après avoir été pillés et/ou bombardés. L’état de ces endroits laisse pantelant, ce sont des photos du ciel, et on imagine sans mal la violence qu’il a fallu pour détruire à ce point.
On monte ensuite aux expos permanentes, c’est thématisé : calligraphie, motifs, représentations, la science etc… C’est très intéressant. Il y a du sobre et du clinquant. Par exemple, il y a des tas et des d’objets qui sont recouverts ou cousus d’or et ornés d’émeraudes, de diamants et de rubis. C’est très chic et pas du tout excessif.
On termine par un tour à l’extérieur. Il y a une esplanade, avec des fontaines, et des arches qui donne sur la mer et la skyline. C’est vraiment très beau, le soleil se couche (car oui, il est 16h15).
Je demande à Jérôme si ça ne l’embête de retourner au Souq, j’ai vu deux trois bidouilles à acheter dont des dates, et je cherche partout le parfum que l’on sent partout ici.
On y retourne à pied. On aura marché un peu plus de 10km.
On se balade dans la nuit tombée, le Souq est animé, on se perd dans les ruelles, mais bien souvent, je n’ose pas rentrer dans les magasins parce que je ne sais pas, j’ai peur de ne pas savoir demander, je sais pas, c’est idiot.
Je vais quand même trouver mes fameuses dates Majdoul, et bien moins chères que partout ailleurs, c’est cool !
Dans les allées, je suis en t-shirts mais mes bras sont nus, et Jérôme voit de temps en temps des jeunes filles voilées me prendre en photo en cachette. A chacun son étrangeté.
On prend un taxi pour rentrer à l’hôtel et se reposer avant d’aller manger.
Je pense que avons passé à peu près 1h30 à essayer de trouver un restaurant. C’est le weekend et tout n’est pas ouvert, ou alors c’est complet, ou ça ne nous fait pas envie. La fatigue et la mollesse nous envahit, on capitule et on va manger dans le bar de l’hôtel.
On y croise un monsieur adorable de l’Alliance Française que nous avions rencontré jeudi matin, il vient discuter avec nous un bon moment. Il vient souvent en semaine boire des coups avec ses copains ici. Sa famille vit à Paris, mais lui travaille à Doha depuis plusieurs années. Il est professeur de français, il est né en Syrie, et a fait ses études au Liban, et est arrivé en France quand il avait 20 ans. On passe vraiment un joli moment à l’écouter parler avec son rire qui chante.
Oh et si, j’ai réussi à trouver le parfum qu’on sent partout et qui sent si bon, je me renifle les bras sans arrêt.
Il est temps d’aller dormir, car demain matin, c’est la reprise, nous rencontrons deux classes de petits enfants.