Debout à 7h dans ma chambre gigantesque au 26ème étage. Il fait jour très fort, j’ai dormi peu, mais bien.
On s’est filé rendez-vous avec Jérôme pour le petit déj à 8h, go 25 étages plus bas.

La salle est grande il y a un grand ilot central avec une cuisine ouverte, et des tas de stands thématisés. Fruits, jus de fruits frais à composer soi-même, plat indien, waffles et pancakes, oeufs brouillés, plats du Qatar, un salad bar, du maquereau et du saumon fumé, du bacon de bœuf, etc, etc. C’est sans fin. Nous remplissons nos assiettes en gambadant, on nous amène un thé, et mon jus de fruits par moi-même composé (carotte, pomme, gingembre citron). On mange, on se ressert, c’est bientôt l’heure, nous avons rendez-vous avec une autre personne de l’ambassade, qui doit nous accompagner à l’Institut Français pour que nous rencontrions des classes de petits enfants et leur raconter des bêtises.
Nous faisons connaissance de Thomas, qui travaille avec Isabelle (qui nous a accueilli hier). Il est arrivé il y a 10 mois, il vient de région parisienne, et sa mission doit durer deux ans. En route, il nous explique et nous montre des tas de choses. Le palais de la femme de l’émir, les ambassades, on parle de la conduite (au klaxon et aux appels de phare), le prix de l’essence (c’est bas mais j’ai oublié à quel point, 5 fois moins qu’en France de mémoire) et pouf pouf on arrive à l’institut français. Dans un quartier de grandes demeure un peu opaques, l’Institut Français a une très belle porte, et des tas de gens nous accueillent et nous serrent la main chaleureusement. On rencontre le consul, le comptable, les dames en charge de la médiathèque et des tas d’autres titres honorifiques que j’ai un peu oublié. On nous a installé dans la médiathèque, avec un vidéo projecteur. Il y a des tapis pour que les enfants puissent s’asseoir. La première classe arrive dans pas très longtemps.




Je suis assez contente d’avoir cassé les pieds à Jérôme pour qu’on fasse un vague plan de route. Les voici les voilà, oh bon sang, ils sont petits ! ( 8 ans ?). Ils sont complètement mignons, on commence nos petits speeches, qui on est, ce qu’on fait, comment on raconte une histoire, et quels animaux vous trouvez moches. Ils sont méga sages, de temps en temps, il y a des montées d’enthousiasmes, mais je suis drôlement impressionnée par leur calme et leur capacité d’écoute. A plusieurs reprises, on m’a appelé « Maîtresse » et Jérôme a eu droit à du « Maître ». J’avoue avoir un peu fondu.
A la fin de chaque intervention, on nous a pris en photo avec les petits enfants, agenouillés au milieu d’eux.
Le truc un peu étrange, c’est que la Fnac avait une table avec des livres à vendre pour ceux qui avaient des sous.
Jérôme ni moi n’étions complètement à l’aise avec le truc. On ne sait pas très bien quoi répondre quand les enfants nous demande comment ils peuvent avoir le livre. « Oh va demander au monsieur là-bas ».
Il y avait parfois des mamans qui accompagnaient, c’est souvent à ces enfants qu’on a dédicacés le livre.
Plusieurs ont dit qu’ils faisaient des livres, qu’ils écrivaient des histoires. Et y’a une petite fille, qui était justement là avec sa maman qui m’a dit en tortillant ses doigts qu’elle rêvait de faire des histoires et des livres. Je lui ai écrit un truc en conséquence, un petit mot d’encouragement, de promesse de réussite, je ne sais plus trop, et cette nuit, j’ai rêvé qu’elle venait me voir des années plus tard avec son premier livre sous le bras. Ptain, vla l’égo à la con. J’ai honte.
J’ai aussi rêvé de tortues à moitié bouffées que je peinais à soigner, leurs organes mis à nu qui palpitaient dans leurs carapaces éventrées. Le Dieu des tortues me punit de ma suffisance.

Bref, revenons-en à nos petits enfants.
Nous avons donc rencontré trois classes, de 10h à 13h et c’était vraiment vraiment chouette. Toutes les personnes de l’Institut Français étaient adorables. On a pu discuter un peu, une fois les enfants partis, le temps de finir quelques dédicaces, et c’était vraiment sympa.
Après ça, Mathieu nous emmène manger dans un restaurant libanais. Pour entrer, c’est assez particulier : il n’y a pas de porte qui donne sur la rue. L’entrée est sur le parking. C’est assez représentatif du taux de marche à pied pratiqué à Doha. On a discuté de son parcours, de la ville, de la vie ici, de la vie culturelle, et une fois encore, c’était très bon.
Oh, je n’ai pas dit mais le grand classique à boire c’est « Lemon-Mint » un jus de citron avec plein de menthe, c’est sucré et très très bon.
Bref retour à l’hôtel, mini pause avant d’aller à la foire du lire où nous dédicaçons.
Ca se passe au Doha Exhibition and Convention Center, qui se trouve juste derrière notre hôtel. C’est assez gigantesque. Au plafond des tas de trous éclairés de bleu, des stands alignés bien proprement, il faut que l’on trouve le stand de la Fnac, c’est là qu’on dédicace.
Il n’y a pas foule. Il y a des gens, mais c’est pas Black Friday. En même temps, c’est jeudi.
On s’installe. Il y a une télé pour qu’on puisse montrer la vidéo de la réalité augmenté dans Rat. Le Directeur de la Fnac me montre même comment mettre mon téléphone en Apple TV, comme ça je peux faire de la démo live ou même filmer Jérôme en train de dessiner que tout le monde regarde. C’est carrément cool.







Quelques français passent. On nous propose des dates délicieuses, et puis d’un coup paf, l’ambassadeur de France vient nous voir, nous serrer la pogne, et on fait une photo avec lui et tout et tout. C’était rigolo.

Ensuite, petit détour par le mall qui est accolé à notre hôtel (c’est sur la route), Isabelle en profite pour nous montrer où changer nos rials restants si il nous en reste à la fin du séjour (on ne pourra pas le faire en France). C’est un grand mall à l’américaine, si on met de côté le fait qu’il y a un espace de prière à côté des toilettes. (quel drôle d’endroit quand même pour installer un espace de prière).
Et dans le mall, il y a : une patinoire. Beh oui, c’est pas con. Je veux dire pourquoi par après tout hein. Une patinoire…
Il y a aussi et bien entendu des tas de boutiques, (hihi bientôt Noël). Enfin quand même, encore une fois, tout ce ci est très excessif, il y a beaucoup de marbre, et ça glisse fort. Petit dépôt de sac en trop dans ma chambre (et là, je découvre que toutes mes affaires ont été rangées, alignées. C’est très bizarre. Mes chaussures sont rangées au pied du lit, ma brosse à dent est parallèle à mon dentifrice, et sur mon oreiller, horreur enfer et damnation, un petit morceau de carton avec écrit : « If you wanna lose weight, lychee extract GNAGNAGNAGNANGA ». Non mais hé ho, l’hôtel, tu es dans ma tête ? Tu m’as entendu dire quand je passais à poil devant les miroirs en disant « oh merde » ? Tu crois vraiment que me parler de lychee ca va faire moins crisser ma balance. Zut hôtel. ZUT. Jusqu’à présent on était copains, mais là, tu m’as fait du chagrin.
Pour se remettre, Isabelle nous dépose sur la corniche pour qu’on aille diner devant la skyline. Il fait nuit (depuis 17h), la lune a la forme d’un bol ici. Elle coupée en deux, horizontale, c’est fascinant. En plus, en début de soirée, elle est rousse. Jérôme devait m’expliquer pourquoi, et je crois qu’on a dû se perdre dans une autre conversation.


On arrive au restau. C’est bien éclairé, y’a des palmiers. Il y a aussi des genres de braséro à flamme verticale. Comme il fait 22°, c’est utile. Par contre, c’est plutôt joli ce feu dansant le long de l’étendu d’eau avec dans le fond ces grands immeubles aux lumières kitchs et clignotantes.
On mange des kaftas, avec deux présentations différentes. En sandwich, et en brochette sans bâton. C’est bon. Jusqu’à présent, tout est bon. On dine dehors, le 29 novembre. On a beaucoup du bol quand même.
On décide de rentrer à pied, en longeant la corniche. Le jeudi soir, c’est la veille du weekend. (le weekend ici, c’est vendredi et samedi), et les gens sont dehors. Il y a des piques un peu partout, des familles réunies autour de petits enfants qui font du vélos, des messieurs pêchent au lancer (on se demande bien quoi parce que c’est quand même très très très pollué cette affaire.)



A notre droite, il y a la mer, à notre gauche les immeubles fous. Rien n’est cohérent en terme de choix architectural. Ca dit clairement « C EST MOI QU’A LA PLUS GROSSE ! NAN C’EST MOIIIIII ». Ces tours érigées sont vraiment très viriles.
La nouvelle aventure qui nous attend au bout de la balade, c’est traverser le highway. Il y a un feu rouge tous les 4 km je pense. Et tout le monde roule à fond la caisse, y’a du concours de bruit de moteur, la conduite est assortie aux immeubles.
Mon moment préféré, c’est quand Jérôme a sorti les photos qu’il a faite le matin depuis sa fenêtre de chambre pour essayer de repérer où on est et retrouver notre hôtel.
Et beh ça a super bien marché : SI REGARDE ! CELUI LÀ IL EST LÀ ! ALORS C’EST PAR LÀ !
For-mi-dable.
En voyage, je me laisse un peu porter, je pense que toute seule, je serai capable de mourir d’épuisement à force de tourner en rond.

On repasse par le mall pour retrouver l’hôtel. Il est minuit, les magasins ferment à peine.
Un tour au Boston bar, un gin tonic et puis au lit.

Toutes les photos du jour : https://chezsib.wordpress.com/2018/11/30/doha-j-2-toutes-les-photos/




