J 15 : Venice Beach !

C’est le premier matin de réveil avec un sommeil quasi réparateur. Ça n’empêche pas de se réveiller trop tôt, je sens que ça va être coton de se remettre d’équerre du décalage horaire.

On n’a plus d’urgences, pas de km à avaler, on peut prendre un peu le temps. Manu en profite pour retrouver son meilleur ami le Donut Prince, pendant que je termine d’écrire, que j’organise des trucs et des machins et que je tourne autour de ma valise en me disant qu’il faudrait commencer à ranger tout ça, mais en fait non pas là.

Je vais écrire un peu dehors, il fait chaud, mais chaud bien, pas chaud trop.
Petit déjeuner tranquillou, un café, un donuts et un autre, on profite un peu, ce sont quasi les derniers avant de rentrer.

Natalie se lève tranquillou, on avait envie d’aller à Venice Beach parce que quand même, Los Angeles !
On prend nos maillots au cas où, et elle nous conduit. La visite guidée c’est trop super. On comprend par où on passe, pourquoi comment tel ou tel quartier, et on ne tarde pas à arriver au pays des gens zinzins.

Le quartier est mi chic, mi moins chic, mais plutôt chic.
J’essaye de me rappeler comment les rues sont imbriquée, mais je suis nulle en espace (faites moi tourner trois fois sur moi même et je ne sais plus par où on est arrivé.)

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Toujours est-il qu’on emprunte une rue, au bout il y a la plage et la mer, on tourne à droite pour longer, et là, c’est la foire au festival du n’importe quoi étonnant.
Donc à ma droite en rang d’oignons, des vendeurs de tout, des artistes, musiciens, diseuses de bonne aventure, babioles en tout genre, y’a à boire et à manger, et il y a vraiment à boire et à manger. Derrière cet alignement de joyeux n’importe quoi, y’a des installations diverses, truc pour faire du sport, skate parc, cours de hula hop, pistes cyclables, et puis derrière ça, le sable, et au bout du sable, la mer. A ma gauche, les boutiques en dur, t-shirts, rebouffe, tatoueurs qui proposent des promotions (wtf), des boutiques pour acheter du cannabis parce que c’est légal ici. Oh et d’ailleurs, dans le ciel, vous voyez les avions qui trainent des banderoles avec des pubs pour le carrefour du coin ? Et bien là, c’est un avion, qui tire une banderole pour faire la promotion d’un site internet. Le slogan : « Canabis delivered. Gethigh.com » avec EN PLUS un code promo pour avoir une réduction : « high ». Voilà c’est très pratique, ils pensent à tout. « Ohlala, je suis coincé au bureau, mais j’aimerais beaucoup fumer de l’herbe là maintenant. Oh mais ça alors, je peux commander sur gethigh.com ! » Je me demande ce que sont devenu les dealers en Californie…

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A un moment, je vais aux toilettes public (il faut chaud, on boit, on sue, mais pas que hein). Dans la file d’attente, un type derrière moi, comme de par hasard, me dit « Nice tattoos », me fait un check. Je suis affreusement mal à l’aise : il a plein de muscles. Le surplus de muscles en live, ça me met mal à l’aise. Je ne sais pas pourquoi. Un peu, super, trop la flippe. En plus, tout le tour de sa bouche a une fine couche de bave blanche et séchée. J’ai heureusement mes lunettes de soleil, il ne me voit pas faire des grimaces avec mes yeux. Il me demande d’où je viens, gnagna, et pose ZE question : « So do you party in France ? » Finalement, je me sens moins en danger d’avoir à gérer un dealer de je ne sais quoi qui fait baver qu’un gros relou dragueur. En plus je pigeais pas bien parce que, j’ai bien regardé autour de moi, y’a des tas filles excessivement bien roulées, jeunes, fermes, belles, qui font du roller en string et qui ont aussi envie de faire pipi. Je pirouette « Oh, just like anyone else » et je brise le eyecontact. Il me refait un check en ajoutant un très mystérieux « Thank you, for keeping it professional ». Je fais pipi mitigée du coup.

Selon les pauses, Natalie sort sont carnet et dessine les gens. Je jette un œil discrétement, c’est vraiment un super pouvoir génial.

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On continue la balade, on croise un groupe qui prêche avec des micros et des hochements de tête. Mais le discours est un poil étonnant. La bible sous le coude, Jésus est le démon, les apôtres les douze traitres, les blancs sont tous des moins que rien, les autres religions, c’est pour les blancs, ces moins que rien. Pfouloulou, ils sont en colère. Manu est retourné les écouter un peu plus tard dans l’après midi, il est revenu assez épaté, à défaut d’être converti (mais il n’était pas la cible je crois).

Il y a des gens partout, de la musique, des vendeurs à la sauvette qui alpaguent.
On va jeter un œil au skate parc.
C’est assez impressionnant.
Bien entendu tout le monde est très fort, il y a des vieux des grands des petits. Les grands, en plus, sont gentils avec les petits. Il y a une toute jeune fille de 14 ans à peine qui incarne le girl power comme personne. Les cheveux au vent, à font les manettes sur son skate, au milieu des grosses brutasses bienveillantes. Elle est libre comme un petit coyote dans le désert. Oh comme j’aimerais savoir faire ça. Mais je crois bien qu’être perchée sur des rollers me fait un peu le même effet que d’être en haut d’une montagne ou d’un pont. C’est trop haut pour moi tout ça.

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Un peu plus loin, c’est l’espace muscles. Alors là, pardon hein, mais je ricane un peu.
Une espace gym-musculation, en extérieur, avec des poids gigantesques, des haltères, un grillage autour, et au milieu, des types à gros bras qui soulèvent de la fonte en vérifiant régulièrement que le public est bien là.
Je n’ose imaginer le nombre de boites de protéines que ces gars-là doivent s’enfiler. Par contre, je dois les féliciter, ils luisent de partout, ils ont dû mettre un sacré paquet de crème solaire.
Quel étrange endroit.

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On croise aussi un monsieur, qui fait de la pub pour la Flat Earth Society, avec quelques punchlines bien senties. Les gens ont-ils des épiphanies le long de la plage en croisant une pancarte ? « Bon sang, mais c’est bien sûr ! La Terre est plate, c’est évident ! »

On croise aussi un chalenge, comme dans les fêtes foraines, où il faut rester suspendu à une barre en métal (100 secondes pour les hommes, 80 secondes pour les femmes) pour gagner 100 dollards. Une française tente le coup, et chutera à 15 secondes de la fin. J’y ai cru. Et la foule encourageait et tout, c’était plutôt sympa. Avec Natalie, on se demande où est l’arnaque. Parce qu’en plus, je repense aux musclés de l’autre côté, je pense qu’ils sont capable de tenir super longtemps suspendu, avec leurs muscles. Non ?

 

On mange un bout, j’ai pris un poké (un bol de poisson cru avec option riz). Ensuite on bifurque, on quitte le bazar pour trouver les canaux de Venice. La transition est super. Des petits canaux, avec des petits ponts mignons, des maisons toutes différentes, qui donnent envie de tout plaquer et d’habiter là.
Devant les maisons, toujours un petit bateau, ou un kayak, ou un flamant rose à pédales pour se balader. Le seul inconvénient qu’on trouve à ce quartier, c’est nous. Les touristes qui passent partout pour jeter un œil dans les jardins et admirer les maisons. Alors certains touristes, nous le constatons, sont un poil gonflés, et grimpe dans les petits bateaux, le temps d’une photo. C’est quand même super bizarre de faire un truc pareil. C’est très intrusif. Oui, j’ai jugé.

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On marche, on déambule. Je suis fascinée par la végétation, et je rêve de pouvoir faire pousser tout ça en rentrant à Paris. Il faut que je trouve comment on démarre des cactus à partir de graines. Je suis sûre que c’est rigolo.
On s’interroge beaucoup sur le type de personnes qui vivent ici, à part Franck Moody de Californication. Mais la balade est formidable !
Ensuite, sur la route de la rue des magasins chics et beaux, c’est un peu la panique, à un carrefour, un monsieur en moto tombe et glisse sur des mètres et des mètres. Il avait heureusement un gros blouson et un casque. Les gens autour réagissent très vite Manu va voir, une dame appelle 911, une autre crie de ne pas le bouger. C’est très impressionnant. On est resté à distance, sur le trottoir, en guettant le moment où il se relevait. On l’a vu de loin enlever son casque et parler avec une dame. Mais les quelques minutes où il est resté inconscient ont été vraiment vraiment très longue.
La foule s’est accumulée, on ne peut rien faire de plus, mais c’est difficile de reprendre une activité normale.
On arrive donc dans la rue des magasins qui retourne vers la mer, encore secoués, mais on se change les idées.

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Mine de rien, on aura marché 8 km hier.

Au bout de la rue, Manu part en quête de bidouilles à ramener, et avec Natalie, on va à la plage, pour de vrai. J’enfile mon maillot dans la voiture, je regrette mon absence de souplesse, je maudis la chaleur, mais j’arrive enfin à me tasser dans mon bordel deux pièces. Et hop, on marche sur le sable. La mer me fascine tellement. Ces retrouvailles me mettent en joie. On étale nos affaires, Natalie me propose de tout surveiller le temps que j’aille me baigner. L’eau n’est pas froide, ni chaude, c’est parfait. Il y a des vagues, pas trop grosses, qui ne font pas peur. Je plonge, je barbotte, je flotte. La plage est gigantesque, il y a largement la place, mes voisins les plus proches sont à 100 mètres. Je me fais surprendre par des vagues un peu plus grosses, j’aimerai bien avoir un surf pour essayer de faire OUAIIIIIIIS en glissant fièrement. (Même si en vrai, ça ferait certainement plutôt « Ouuuufffplpff ».) J’ai le tourni, ce petit buzz de la baignade qui épuise de la meilleure façon qui soit.
Je retrouve Natalie au pays des serviettes, et je sèche en esperant secrètement que mes cheveux fassent un beach wave comme dans les magazines. En vrai, mon masacara a coulé, et je refais un revival du concert d’Alice Cooper, et j’ai un gros tas de nœuds salés sur la tête. Manu nous rejoint, c’est pendant sa vadrouille qu’il a écouté les prêcheurs fous, et il nous raconte que l’ambiance est tranquillement en train de basculer. Il y a beaucoup de drogues qui circulent. Moi qui m’inquiétais pour les dealers. Tout va bien.

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On repart, on va faire des courses, on se dit quo’n va se faire à manger à la maison, et faire des homemade Mac and cheese. Natalie va faire des Brussel sprouts au four. On est trop contents.
Hop les courses, hop retour maison, on se met au fourneaux, je suis tendue, j’en ai jamais fait. En même temps, bon, c’est pas non plus la panique, du lait, du cheddar, des nouilles, et le tout au four avec un genre de chapelure. Mais la cuisson m’interroge. J’aldente les pâtes, et je termine de les cuire dans du lait bouillant, avec le cheddar coupé menu. En fait, j’aurais pu certainement faire cuire les pâtes dans le lait directement. Mais bon. Hop un plat, la chapelure, le four, et VOILÀ ! Les choux de Bruxelles de Natalie sont délicieux, coupé en deux, huile d’olive, sel poivre épices, au four, ça crounche, best apéro du monde. Ca me rappelle un peu les chips de choux kale que j’aime tant.

Les macaronis and cheese sont prêts. On mange tous ensemble à table, un des roommates de Natalie nous rejoint (je pense grâce au demi kilo de cheddar cuit) et on dit du mal de Trump.
On a bien bu, bien ri, bien mangé, il est temps d’aller de coucher.
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Toutes les photos sont là : https://chezsib.wordpress.com/2018/08/26/j-15-toutes-les-photos/

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