
Voici le plan Google Earth, la caravane est à peu près au milieu, probablement pas installée au moment de la photo.
Matin du 14ème jour, nous sommes dans le désert du Mojave, on a dormi dans une caravane, les toilettes sèches ne me font même plus broncher. J’ai commencé d’écrire la journée d’hier, mais il faut ranger la caravane et notre bazar, passer un coup de balai dans le désert, histoire que ce soit tout bien rangé comme quand on est arrivé. Il fait déjà chaud tôt du matin. Je prends une douche maison : je me renverse un gallon d’eau comme je peux en frottant d’une main, c’est un peu froid, mais ça raffermit, forcément. J’enfile des habits propres, j’ai même du shampooing sec. C’est pas si mal.
J’ai un peu de mal à partir, je retourne faire des photos avec mon argentique à l’autre caravane délabrée, et puis, il faut partir, après avoir grignoté du melon.
Si en montant dans la voiture, j’ai déjà la nostalgie de ce petit havre de tranquillité, dès que la voiture démarre, c’est la réalité de la route de merde qu’il faut appréhender. Pour démarrer la journée, c’est pas rien. Aujourd’hui, j’ai des crampes d’avoir tellement tendu les jambes en tenter de maintenir cette voiture en un seul morceau. Manu conduit le nez sur le pare-brise, on ne reprend pas la route en sens inverse d’hier soir, on tente par l’autre côté. Ce n’est pas vraiment mieux… Il n’y pas vraiment de gros cailloux, ça fait plutôt des vaguelettes et tout notre bordel de la voiture tombe partout sur les sièges arrière.
On croise une voiture, on les arrête pour demande si c’est encore loin Grand Schtroumpf. Toute une famille, dans une camionnette à grosses roues, ils nous disent que oui c’est bien par là, et qu’on va finir par « hit the pavement ». Eux de leur côté, nous demande si on n’a pas vu leur chien. C’est bien désolés qu’on doit dire que non.
Comment vont-ils faire pour retrouver leur bestiole dans ce désert. Ça va me turlupiner toute la journée.
On retrouve la route annoncée ! La voiture a tenu le choc/les chocs. On peut relâcher nos muscles. On traverse Twentynine Palms, Yucca Valley, on fait un stop rapide dans un donut shop, je teste ceux quiont une drôle de forme, appelés « French Cruller ». C’est très différent d’un point de vue de la texture, y’a un truc un peu patachouesque, c’est bon, c’est moins dense, certainement pas moins gras. Il faut vraiment que je trouve comment on fait, mais si c’est comme avec les recettes de donuts, je ne suis pas rendue, ce n’est jamais le même topo.

On a prévu un arrêt à Palm Springs, pour voir l’architecture 50’s.
On quitte les routes perdues, les caravanes en vrac, les Joshua Tree, et quand tout à coup, des éoliennes. Mmm, comment dire, des tas et des tas d’éoliennes. Des milliers d’éoliennes. Je cherche sur internet, c’est la ferme éolienne de

Un petit coup de wikipedia :
La ferme éolienne du col de San Gorgonio est un parc éolien situé sur le versant est du col de San Gorgonio dans le comté de Riverside, à l’est de White Water, en Californie. Développé au début des années 1980, il est l’un des trois grands parcs éoliens en Californie, avec ceux d’Altamont et du col de Tehachapi. L’entrée de la vallée de Coachella, le col de San Gorgonio est l’un des endroits les plus venteux dans le sud de la Californie.
En janvier 2008, la ferme se composait de 3 218 éoliennes totalisant 615 MW1.
Moi j’aime bien les éoliennes, et en super grande quantité, c’est comme une danse statique, un slow un peu tendu d’adolescent dans un bal de fin d’année.
Un peu plus loin, je réclame un stop à Cabazon. J’ai vu sur mon appli qu’il y a sur la route un parc d’attraction de dinosaures.
Pas besoin de visiter, ils ont mis à l’entrée deux gros dinosaures et on peut faire des photos.
Huhuhu, comme ils sont laids, en plus, il a fallu des années pour les construire, et il semblerait, d’après internet, que ce soit un musée créationniste. J’ai effectivement lu ce matin quelques panneaux qui sont exposés dans le musée, c’est une vision intéressante… Mais j’ai mes photos de dinosaures laids, alors ça va.


Arrivée à Palm Springs, la ville qui porte bien son nom : y’a des palmiers partout. Manu, c’est son dada les palmiers. Moi ce sont les cactus et les succulentes, lui, les palmiers (et les piments). Du coup c’est cool. On fait un stop au visitor center pour avoir un plan de la ville en papier.
Ils proposent des tas de visites guidées pour découvrir les maisons des stars, les jolis quartiers. Ca coûte cher, et on n’a pas tout à fait le temps, et je crois surtout qu’on est un peu fatigués. On jette un œil au thermomètre, il fait 46 degrés et y’a pas un pet de mistral.

On se tente une improvisation de balade en regardant les rues phares sur le plan et internet. On se gare, et on vadrouille. Par 46 degrés (76 ressentis). Il y a des tas de boutiques, avec des noms français comme « Ohlalala » et « La mode de Paris ». Chers amis préparez-vous à changer de style, car nous sommes visiblement loin des tendances établies par Palm Springs. C’est clinquant à souhait.
On trouve une boutique chouette, avec de la déco très fifties, dont des maisons pour oiseaux complètement géniales. Si vous voulez jeter un œil, la marque c’est Sourgrassbuilt.
On entre dans une autre boutique, où on achète quand même un truc super rigolo, c’est une sorte d’abat-jour en plastique en forme de piment pour mettre par dessous les loupiottes des guirlandes de Noël. Ça fait la taille d’un doigt, c’est un peu transparent, et il y a plein de couleurs. On va pouvoir faire un spicy christmas tree cette année ! On discute avec la dame, qui nous demande d’où on vient. C’est souvent le cas, on doit avoir un genre d’accent chelou pas vraiment possible à définir. Mais français est rarement leur premier choix. On parle des touristes français, qu’elle trouve particulièrement désagréables. Huhu, ohlalala.
Oh ! J’ai oublié de vous raconter !
Quand on était à Amboy, la ville fantôme pas encore morte sur la Route 66, quand on discutait avec le gentille dame, un couple est entré, et a commandé deux expressos. La dame montre sa machine type senseo à capsule, qui fait trois tailles de café : allongé, allongé un peu plus, et super allongé (ceux que j’aime). Elle dit qu’elle a du café très fort (il a une tête de mort sur sa pastille) dans son choix de capsules, et qu’elle peut tenter un truc approchant. Ils disent ok. Quand le café coule, le mari commente « This is not an expresso. » Sans déc mec ? On n’est pas Place Saint Marc à Venise hein. Manu les a croisé dehors, et la femme en sortant de la voiture a dit « Ne va pas aux toilettes, ça doit être dé-gou-tant ».
On les a recroisé à Joshua Tree (…) Manu a échangé trois minutes avec eux pendant que je prenais des photos. Ils viennent de Toulon, et en guise de au revoir, ils ont simplement dit à Manu « Oh, au moins, ça va être plus facile pour nous de rentrer à Toulon, que vous à Paris hein. «*air entendu clin d’œil, clin d’œil* »
Huhu de bon sang de bois. _o/
Revenons-en à nos palmiers :

ils ont une frange.


Je crois que je n’étais pas prête pour le retour à la ville, aux gens, aux magasins chers. Heureusement, y’a encore quelques cactus trop super un peu partout, en plus des palmiers. La chaleur éteint un peu l’enthousiasme. Et je crois qu’on s’est mal dépatouillé du plan.
Après un tour de pâtés de maison, on se traîne en suant jusqu’à la voiture. Il reste pas loin de 200 km pour rentrer à Los Angeles, et mine de rien, y’a un peu de fatigue accumulée.
On se met d’accord, on a été mauvais à Palm Springs, il aurait fallu mieux préparer notre truc. On ne peut être l’aigle de la route à chaque coup, c’est ainsi. Je regarde la ville s’éloigner, et je m’en veux un peu. Qu’aurait fait John Wayne ?
Après y’a eu des embouteillages un peu, on s’est arrêté pour faire une pause Target #passiontarget. Et on arrive à Los Angeles. Voitures, Hollywood, tout ça ! On arrive chez Natalie, petit havre de paix, on vide la voiture de tout le merdier. Je regrette de ne pas avoir pris une photo de la voiture remplie de bordel d’une dizaine de jours de roadtrip. C’est un peu comme une poubelle, mais remplies de trucs cool. Amas de cartes et de guides de parcs, glacières en bazar, valises mal rangés, souvenirs balancés ça et là.
On a vidé méthodiquement pour tout mettre dans la chambre de Natalie. Elle va être contente en rentrant du travail que les deux hippies soient de retour. Hum.
Quand elle arrive, elle dit qu’on a l’air tout rempli de sagesse. Je pense qu’elle n’ose pas nous dire qu’on sent bizarre, un mélange de shampoing sec et de désert qui tâche.
Une bonne douche et il n’y paraîtra plus.
On décide d’aller dans un tiki bar pour boire un petit cocktail de fin de route, on fait 15 km, DE LA GNOGNOTE. Le bar est bien décoré du dehors, le videur nous demande nos cartes d’identité. Ça me fera toujours rigoler. D’autant qu’il prend vraiment le temps de regarder nos dates de naissance. Really ? Tu veux voir mon épisio pour vérifier que j’ai bien 40 ans ? (je sais, ils sont obligés… mais quand même…)
On boit un verre, c’est très bon. Au plafond, il y a des pufferfish montés en lustre (ça s’appelle un diodon), il fait un poil sombre, le verre est court, on ne s’attarde pas.
En fait, on n’a rien mangé aujourd’hui depuis les donuts de ce matin, et on a faim. J’erre sur Yelp pour trouver où et quoi manger. Dans une ville comme Los Angeles, c’est un poil coton. En plus bon, je ne vous donnerai pas mon avis sur les avis sur internet hein. Hihi. Haha. Hoho.
Et là, idée de génie, retournons au truc de tacos où Natalie nous a emmené le deuxième soir ! C’était délicieux et bon à la fois. Élan d’enthousiasme ! Manu se souvient du nom du quartier. Je co-pilote, et joie ! On retrouve ce petit coin près d’un vieux cinéma. On commande en masse, quatre chacun. Il s’avère que je ne vais réussir à en manger que deux. C’était largement suffisant. On en remmène un bien emballé.

On décide de faire un stop dans un liquor store pour prendre deux bières pour terminer la soirée. Comme on est fatigué et indécis « Non pas celle-là, bof non. Trop forte. J’aime pas l’emballage. » On repart bredouilles et agacés. Il est temps de dormir une bonne fois pour toute je crois.

C’est ce qu’on a fait en rentrant. Trop fastoche. Je rêve de sable et coyotes.

Le pas trop trop de photos du jour (J13 est plus fourni pour le coup) : https://chezsib.wordpress.com/2018/08/25/j-14-toutes-les-photos/