J 13 : Insomnie dans le désert

Il est 7h35, cela ne fait pas loin de 2h30 que je suis levée.
Je ne sais pas si dois commencer par l’endroit d’où je vous écrit ce matin, ou si je le garde pour la fin.

Oh allez, je garde pour la fin.

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Ce matin, c’est le réveil dans le motel bofbof. Finalement, à faire les malins avec la clim parce qu’on étouffait, on a été frigorifié toute la nuit. Oui parce que dans un demi sommeil, on trouve plus malin de tenter de s’emmitoufler mieux plutôt que d’aller appuyer sur un bouton.

On a rajouté une étape, nous devions rentrer à L.A. (Oui, je dis L.A. avec les lettres en anglais pour faire cool. ÈLAYE.) aujourd’hui, mais cela faisait un poil trop de kilomètres pour pouvoir profiter de Joshua Tree, et regarder les kilomètres défiler plus tranquillement.

On quitte Needles, qui décidément n’est pas très réjouissante. On reprend la Route 66 pour un moment, Manu est encore une fois à deux doigts de me faire le coup de la panne, mais heureusement, on trouve une station service complètement paumée où tout est désagréable. Il y a des panneaux partout pour dire qu’il ne faut pas faire ci ou ça, que si on veut un gobelet de glaçons, il faut payer un dollar, que c’est interdit d’avoir des sacs, que là on peut amener son animal mais pas là, et la caissière n’est pas non plus aimable, et l’essence est deux fois (pour de vrai) plus cher que partout ailleurs. Manu remet dix dollars dans le réservoir, et on se casse de là.

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Petit à petit, on rentre dans le désert du Mojave. Il y a des plantes assez rigolotes qui ressemblent à des plantes d’aquarium. Comme une touffe d’herbe, qui remonte en zigzaguant. Il ne manque qu’un mégalodon, et ça serait vraiment parfait.
Le sable s’étend partout, au fond il y a toujours la silhouette des montagnes. Il refait 40° mais l’espace fait qu’on a la sensation de respirer mieux. La route est déserte, on croise une voiture de temps en temps, mais vraiment de temps en temps.
À un moment, on aperçoit la statue d’un lion chinois, planté là, au milieu de rien. (de rien du tout). Manu arrête la voiture, je veux aller voir ça de plus près.
Des cailloux empilés en ligne mènent à la statue. Il n’a pas l’air commode, mais partout autour et sur, il y a des cadeaux : des pièces, des babioles, un bocal d’alcool, et sous ses pattes, je découvre un cahier emballé dans un pochette en plastique. Il y a même un stylo. J’appelle Manu pour qu’il me rejoigne. Y’a un truc un peu magique. Difficile d’imaginer les enjeux que les gens ont mis en laissant un quelque chose à la bestiole. On écrit un mot, avant de repartir.

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On traverse une petite ville, une touuuuuute petite ville. Amboy. Qui a un slogan :
« Amboy, the ghost town that ain’t dead yet ». On se gare devant la station essence qui a l’air de fonctionner, il y a des gens vivants dedans. En revanche, il y a une école juste à côté, grillagée, abandonnée. Par terre, des trace de main d’enfants moulées dans du plâtre. Si en temps normal, dans une école d’enfants mignons, c’est déjà pas génial, là, c’est carrément glauque. A côté, une série de bungalows, qui n’ont pas l’air trop abimés, mais qui en revanche sont complètement abandonnés. Ca devait être ça, le Roy’s Motel dont il est question sur le gros panneaux au dessus de ma tête. Je fais des photos des intérieurs. Ce n’est pas très coquet. Un matelas par ci, un vieux canapé par là. Mais le clou du spectacle, c’est le bâtiment de l’accueil à quelques mètres de là. Il n’a pas bougé d’un iota. Je ne sais pas à quel point c’est mis en scène, mais tout est d’époque : le comptoir en formica, le téléphone, les canapés. Ca me donne envie de prendre une chambre en 1956. Il y a un reflet moche à cause du soleil, j’ai beau tourner en rond autour, impossible de prendre une photo potable. Je rejoins Manu dans la station service. Une dame, la soixantaine, nous accueille toute sourire. Elle vient de recevoir des nouveaux porte-clés Route 66 à vendre aux touristes. Elle a l’air de s’amuser follement. Je prends un café, parce qu’on a toujours pas petit déjeuné avec cette affaire. Je m’installe au comptoir, et on cause un peu. Elle ne sait pas depuis combien de temps le motel est fermé, mais elle me dit « Oh years, honey. » Elle nous explique qu’ils sont à la retraite, elle et son mari qui est là aussi. Mais ils ont repris le boulot ici, ça les amuse beaucoup. Ils voient passer du monde, dans cette ville où il n’y a que 3 habitants. Pour de vrai. Ils sont trois à habiter là en permanence. On cause bouffe, elle m’explique sa recette de biscuits and gravy, puis nous parle de leur mariage qui aura lieu dans l’église abandonnée de Amboy, deux jours avant Halloween, et comme en plus la ville est hantée, ça va être super, d’autant qu’ils vont tous dormir sur place et faire un grand campement pour se raconter des histoires qui font peur. Elle nous invite à venir si on est dans le coin. Huhu. Ils étaient si super. Bye bye Amboy !

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On se réengouffre dans le Mojave. Il y parfois des tas de sables, comme si quelqu’un s’était amusé à faire des pâtés. Mais surtout, on croise un truc complètement fou dans au milieu du sable beige et des herbes vert passé. Un monticule, derrière une tranchée, remplie d’eau verte bleu lagon. Bon sang de bois, je descends voir ça. C’est tellement fou que ça a presque l’air dangereux. Il y a des amas de cristaux blancs sur les rebords. Mais quelles couleurs incroyables !!!

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De retour dans la voiture, je fouille, je cherche sur internet. C’est une exploitation de sel, figurez-vous.

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On commence à s’approcher de Twentynine Palms, notre destination du jour. Si bien souvent sur notre route, on s’est demandé comment vivait les gens dont on croisait les habitations, là, c’est le cas plus que jamais. Il fait 42°, zéro zone d’ombre, éparpillées n’importe où dans le désert, des habitations de toutes formes. Parfois c’est une chouette maison neuve, souvent, ce sont des taudis délabrés encore habités. Il y a aussi beaucoup, beaucoup de maisons abandonnées abritées par des vieux palmiers foutus. Cette récurrence est un peu déconcertante. Pourquoi s’installer là ? Pourquoi en partir ? Les maisons abandonnées sont souvent grillagées. Qui donc a bien pu prendre la peine de construire une barrière tout autour d’un endroit voué au vide ?

La gentille dame de Amboy nous ayant conseillé un endroit pour manger à Yucca Valley, juste derrière Twentynine, on se rajoute 30 bornes pour être un poil déçus. J’ai pris des pancakes, qui devaient sensiblement faire la taille d’un 33 tours X 3, et Manu un burger. Bon, on n’a plus faim, c’est l’essentiel.

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Yucca Valley, c’est super déconcertant, au milieu de ce désert, c’est une grande ville aux allures de petite avec tous les magasins et restaurants fast food qu’on trouve aux Etats Unis. Un Walmart, Home Depot, Wendy’s Burger King, Big 5, des tas de bars, des tas magasins idiots. Bon y’en a aussi des tas qui sont fermés et à vendre. Quel business je pourrais monter ici ? Mmmm… ?
La transition es vraiment super déconcertante. C’est marrant, d’avoir installé une ville ici. L’explication, c’est probablement le Parc National de Joshua Tree qui longe les deux villes. D’ailleurs, maintenant qu’on a mangé, on enquille, on a notre pass magique.

Le Joshua Tree, c’est un arbre complètement bizarre. Un peu sur le principe du palmier ou les feuilles étroites et pointues se fanent et meurt le long du tronc (ça leur donne un effet poilus d’ailleurs. À la différence du palmier, ils ont des tas de bras, et ils ont l’air de se contorsionner n’importe comment. Il y en a partout, on dirait un un-deux-trois soleil géant ou tout le monde est resté coincé. Il y a quand même un truc du cactus dans ce drôle d’arbre, c’est difficile à expliquer. J’ai dans la tête la chanson « Battle of Jericho ». Rien à voir me direz-vous, mais en fait si, car à un moment dans la chanson, il dit le prénom Joshua.

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On entre dans le parc, brandissant fièrement passeport et carte magnétique. C’est incroyable de trouver cet arbre là en quantité folle et à peine ou pas du tout ailleurs. Manu me raconte qu’il a vu Saguaro National Parc, et que c’est pareil, la même marque de cactus partout partout, mais pas ailleurs. (Et oui je sais bien que c’est parce qu’ils ne doivent se plaire nulle part ailleurs pour pousser tranquillou). Je ne sais pas si en France on a UN équivalent. « Parc Nationale des Saules Pleureurs » suggère l’amoureux.

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Comme d’habitude, c’est hyper bien foutu. Une petite route nous balade au milieu des arbres, il a y a des montagnes de cailloux, ou des cailloux qui forment des montagnes, je ne sais pas ce qui est le plus juste. On fait un premier arrêt. J’escalade, oui, J’ESCALADE des cailloux (parce que je poursuivais un lézard pour LE prendre en photo, mais il allait trop vite).
Ce spectacle est vraiment hors du commun. On repart, on refait un stop, car il y a une petite randonnée à faire. De 1 mile, de 1 km600. Easy, fastoche. On emmène de l’eau dans mon ami le gros thermos. La balade s’appelle Hidden Valley. C’était donc une petite vallée, planquée au milieu d’une montagne, un peu comme au milieu d’un cratère, et puis un jour, en 1936, un type s’est dit que c’était pas pratique, alors il a fait exploser de la montagne pour pouvoir faire passer ses troupeaux. Voilà, faut pas trop les faire chier dans le coin.
Alors ok, fastoche. Je marche beaucoup en temps normal. Mais le paramètre 37° est un paramètre. L’air est sec comme un coup de trique, et ça grimpouille. Wouh punaise, c’est dur. Je regrette de ne pas avoir de chapeau, et Manu transpire sous le sien.
On termine, c’est modérément glorieux pour ma part, mais on en a pris plein les yeux.

Off we go again, je crois que je ne me sens pas super, je fais une micro sieste le temps qu’on arrive en haut de Keys View, c’est à 1581 mètres, mais on surplombe la Coachella Valley et les Indio Hills. Ça va, j’ai pas trop peur, et c’est encore une fois amazing.

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On retraverse le parc en sens inverse, impossible de tout faire en quelques heures, car il nous faut nous préparer pour ce soir, et aller faire quelques courses.
Go Walmart, go. Je me perds un peu dans les rayons, je perds Manu dans les rayons, Manu ne me retrouve jamais dans les rayons. Y’a tellement de trucs super. Mais faut se concentrer, et choisir le diner. Du diner à griller. Parce que ce soir, j’ai trouvé sur Airbnb une caravane dans le désert. Il n’y a pas d’eau, il faut en ramener, du bois pour le feu, à manger pour nous, de la bière pour le coin du feu, et des fruits de dessert. On a un peu galéré à trouver du bois, mais c’est bon, on a tout. On fait un stop au Joshua Tree Saloon pour boire un dernier verre avec la civilisation, mais je suis un peu tendue, je regarde l’heure tourner, j’aimerais bien ne pas rater le coucher de soleil dans le désert.

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C’était sans compter la route de merde qui mène à la caravane. Au début, ça allait, puis il a fallu bifurquer, et là. HAHAHA, vla le bordel comme on dit. C’est du sable avec des cailloux, ou du dur qui fait des tas de bosses. Notre voiture tremble de partout, ça secoue, on arrête pas de se dire qu’on va se retrouver avec le moteur sur les genoux. Et puis c’est long le trajet. 6 miles. 10 km de tremblotte. Cela va sans dire que mon coucher de soleil, je l’ai vu du coin de l’œil, avec les jambes enfoncées dans le plancher tellement c’était tendu. MAIS ! On a croisé un coyote, un vrai qui gambadait sur la route. C’était trop super. On croise des tas de baraques abandonnées pourries. On avance, on avance, Manu cherche la bonne vitesse, évite les trop gros trous. Et on trouve le panneau cité dans les instructions Airbnb : « you’ve made it ! ». J’aime bien l’humour.

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On découvre notre maison de cette nuit. Une caravane bleu et blanche. Devant, des cercles de cailloux peints de toutes les couleurs, avec une petite table jaune, des fauteuils de camping roses, et sur la droite, un trou pavé pour faire un feu au milieu d’un autre cercle de cailloux peints. La clé est cachée dans une petite boite aimantée au pare-chocs arrière de la caravane.

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J’ouvre, on visite la caravane-four. Dehors on découvre un barbecue et du charbon, les générateurs solaires doivent être rechargés. Je farfouille sur comment ça marche. Il y a un aussi un groupe électrogène, et malgré quelques teufs fin des années 90, je ne sais pas trop comment ça marche. Dans les explications Airnbnb, ils disaient qu’il fallait du propane, mais on n’en a pas acheté, on s’est dit qu’on se dépatouillerait sans. Je branche des trucs et des machins, et j’arrive à mettre l’électricité. Alors par contre, le petit climatiseur ne doit fonctionner qu’avec le groupe électrogène parce que dès que je tente de l’allumer, toutes les lumières vascillent.

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Manu s’attèle au BBQ. Le charbon trouvé sur place flambe du feu de Dieu. Explication : c’est du charbon de feignasse, imbibé de liquide à bruler. C’est vraiment de la triche.
De mon côté, j’essaye de trouver un moyen pour faire chauffer de l’eau, on a acheté des portions façon soupe chinoise de mac and cheese, mais il faut de l’eau bouillante. Et un micro onde (ce qui m’avait échappé au supermarché). L’eau ? j’ai la solution. Je prends la mini cafetière du camping car, et je vais la brancher sur le groupe électrogène (aucune prise ne marche à l’intérieur.) et je fais couler l’eau sans café. Hop de l’eau bouillante. Fin du monde, si tu approches, ma cafetière minus et moi, on est prêtes à accoucher n’importe quoi.

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J’ai réparé le rideau des toilettes. #fierté
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Je remplis mes petits bolounets de nouilles. Je touille de temps en temps, et cela n’a pas l’effet escompté. On sent bien que ces nouilles ne sont pas prévues pour la vie dur du désert. Elles collent, forment une nouille unique, trop cuite, mais sans avoir absorbé l’eau. Je dois l’admettre, c’est un échec. Manu s’en sort bien mieux avec sa saucisse.
On a des petits pains à hot dog pour aller avec. On machouille gaiement sous les étoiles du désert. D’ailleurs, on ne les voit pas si bien car la lune nous éclaire comme un lustre à pampille. Et comme elle est dernière nous, on voit même nos ombres. On écoute les bruits de la nuit, y’a du bordel dans le désert. Du bordel invisible, certes, mais du bordel.
Il est temps d’aller se coucher, on range les canettes vides, les restes de cheetos et de melon, hop, viande dans le torchon.

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Manu s’endort vite, je me tortille sans arriver à dormir, il fait trop chaud dans la petite chambre de la caravane. Quand je sombre enfin, le générateur solaire se met à faire un bruit strident. Je ne sais pas bien pourquoi. Du coup, je vais l’éteindre, parce que c’est chiant et ça me réveille. J’ai envie de faire pipi, mais les toilettes sèches sont « loin », et y’a quand même des bouts des maisons abandonnées qui trainent par terre. Et surtout, je suis une grosse flippette. Je fais donc pipi derrière la caravane, dans le désert, sous la lumière de la lune.

La nuit ne fut pas plus glorieuse, j’ai fini par migrer sur le petit canapé du salon, où j’ai trouvé un peu plus d’air. Dans une maison je ne sais où, un chien aboie. Toute la nuit. Zéro caravane, mais ce chien… il s’en donne à cœur joie, et moi je ne dors pas. J
e vais regarder de temps à autre par la porte moustiquaire en espérant voir une bestiole super, un bigfoot, n’importe quoi. Rien du tout.
A 5h30, je sors, je m’emmitoufle dans ma serviette de toilette et mon paréo, je m’installe dans la chaise rose, face à l’est, et j’attends le levé du soleil. Il fait frais, il y a un peu de vent. Moins que hier soir, quand même.
J’entends des petits bruits, des bestioles qui se lèvent, sans jamais voir personne. La lumière du matin me bouleverse complètement. Au fur et à mesure que le soleil apparaît derrière les montagnes, l’air se réchauffe doucement. Je dois bien dire que des moments comme celui-là, ils font inspirer un grand coup, sans s’étouffer, pour respirer mieux après.
Tout est suspendu. Si j’avais un gourou, je pourrais certainement lui dire que j’ai une nouvelle « safe place » mentale. Un feu éteint, le soleil qui démarre sa journée au dessus du désert, mon amoureux pas loin qui dort encore, et une chaise de camping rose.

Manu se réveille, et le soleil commence déjà à taper fort, il n’est que 7H.

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Je retourne faire un tour aux toilettes sèches, et je vois que le grillage de l’habitation abandonnée pas loin est au sol (devrait-on dire « l’inhabitation » ?).
Allez ! Je vais aller faire des photos. En chemin, je croise un fauteuil et un canapé dézingués.

Je passe la grille, il y a plusieurs petits espaces. Une caravane, un genre de garage, une petite maison, et des cabanons. Un volet grince au rythme du vent doux, au début j’ai cru que c’était quelqu’un qui ronflait. Je marche en faisant bien attention, y’a du merdier par terre, c’est le moins qu’on puisse dire, des murs, des bouts de porcelaine, des vitres en miettes. Je reconnais une ancienne salle de bain, le salon, où il y a encore fauteuil et unmatelas. Quand même, quelle drôle d’idée de s’installer ici, en plein milieu d’une route chaotique.

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Je reviens de ma balade tout contente, et je commence à écrire. La boucle du jour est bouclée.

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