J 9 : Chez les Navajos… (avec pas toutes les photos, ça charge pas)

Ce matin, il faut dire au dire au revoir à notre grotte. Une fois n’est pas coutume, j’ai à peine dormi, malgré la douche et la peau de zèbre. Comme quoi, ça ne fait pas tout. Manu a commencé de dessiner notre trajet sur une carte en papier, c’est très beau.

On dit merci poliment, et on va dans la ville d’à côté, en espérant trouver un petit déjeuner parce que, aujourd’hui, c’est dimanche, et dans les coins un peu beaucoup croyants, le dimanche, c’est férié, c’est sacré, c’est pas bossé.

Banco bingo, on trouve un diner un peu typique touristes mais oh well, j’ai faim, et j’ai envie d’un café avant de partir à l’aventure nouvelle. On regarde le menu… mmmm, que choisir… mmm ? OH ILS ONT DU BISCUITS AND GRAVY ! Et si j’en commandais ? Je vais prendre la version façon « Ernesto » (je ne sais pas qui est ce type, mais il rajoute des oeufs et du fromage fondu dans le truc, un mec bien, surement). C’est une petite excentricité, je me l’autorise. Manu prend la même chose, mais surtout, on décide de prendre « half portion ». (Je me dis que si ils proposent une demi portion, c’est que le plat entier, ça doit être n’importe quoi). Grand bien nous en a pris, cette demi portion, c’est déjà n’importe quoi. En gros, dans un sandwich fait de biscuits (je vais expliquer ce que, pour ceux qui ne savent pas : c’est un genre de scones, mais pas sucré. Ce n’est pas brioché, il y a une densité, mais c’est aussi léger, mais pas vraiment. Ça ressemble à… euuh….  j’en sais trop rien.) avec au milieu des oeufs brouillés, une rondelle de sausage (ce n’est pas vraiment de la saucisse comme on en mange.. c’est un peu fumé… c’est euh…. j’en sais trop rien non plus.) et du fromage fondu, et recouvert de gravy (qui est un genre de béchamel très poivrée à la saucisse et euh…). Ça mesure au moins 15 cm de haut. Mais heureusement, il n’y en a qu’un. Je bois mon café, on prend un cinnamon roll à emporter pour la route et on prend aussi la route quand Manu a fait le tour du magasin du diner, et le tour du magasin d’en face pour trouver un chapeau. Il n’a pas trouvé de chapeau.

Mes différentes applis me proposent diverses options d’étapes. On décide de filer vers Page sans trop s’arrêter, pour découvrir Antelope Canyon et le Lake Powell.

On s’arrête dans un magasin cowboy. J’ai presque failli m’acheter des santiags dans un élan d’enthousiasme. Pour aller à la plage, ça aurait été si super. J’erre dans la boutique, je regarde les selles, les souvenirs idiots, les sacs Minnetonka, les couvertures de cheval, quand tout à coup, je retrouve Manu au rayon chapeaux. And we have a winner ! Manu a trouvé son chapeau. De cowboy. Hurray ! Yiha ! Woopedidoo !  Il est si content, et beau. Si je pouvais, je lui offrirais un cheval et un ranch pour l’assortir au complet.

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Il s’avère en revanche qu’il ne peut pas conduire avec ce chapeau sur la tête. Les chevaux n’ont pas de dossier sur leurs selles, notre mini-bagnole, si.

On avance en direction de Page. La lumière s’alourdit de poussière. Un voile recouvre les environs. C’est toujours aussi beau et surprenant, mais l’ambiance est différente. Il y a comme un voile terne, un drôle de brouillard qui rend le paysage un peu fantomatique. On croise toujours des formations rocheuses alambiquées, mais c’est tout de même très désertique. Pas de bestioles au loin.

Arrivée vers Page, Manu voit un mini embranchement pour voir la ville de haut, il bifurque, la route grimpe. A croire que tout est fait pour se prendre le WOUAW tout pile à la fin. Ça ne loupe pas, une fois sur l’esplanade, ou découvre le Lake Powell, le barrage de Page, l’eau, les rochers fous. Wouaw.

On remonte en voiture pour découvrir Lower Antelope Canyon. On a des copains, Lucie et Renaud et leurs deux filles mignonnes qui sont devant nous à quelques jours près, (on se loupe de peu à chaque fois :(.  C’est rigolo de croiser nos itinéraires et nos visites), et ils nous ont vivement conseillé d’aller voir ce fameux Lower Antelope Canyon. Off we go then ! La poussière (la fumée ?) est fofolle quand même. Ca fait froncer les sourcils, ça donne un air mystérieux. Ils sont fort ces américains quand même. John Sib and Manu Wayne.

Ce sont les indiens Navajos qui tiennent la baraque des visites de Antelope Canyon. On se demande comment ça marche. Si c’est un bout de terre qu’ils ont réussi à garder et à exploiter, je n’ai pas encore fouillé internet. Le bout de route qui mène à l’accueil et au parking est bien dégueulasse. Je dois bien avouer que le coup du pneu crevé me fait guetter les bosses et les cailloux avec une attention toute particulière.

Manu pose un jambalaya acheté tout prêt au supermarché sous le pare-brise pour le réchauffer, car oui, il fait de nouveau 40° _o/ (le jambalaya, c’est un plat qui vient de la Louisiane, c’est très bon, mangez-en un jour).

On va se renseigner pour le prix d’entrée, tout ça. 45 dollars par personne. Ouch.

De plus, Page est certainement l’endroit le plus cher où on va dormir, alors que c’est la même marque de Motel qu’à Saint George, mais le prix fait au moins X2. En même temps, on est là, ça fait 10 minutes qu’on mâche de la poussière (de la fumée ?) sous le soleil de 11h, bancobingo. On prend les places (en fait, on aurait pu réserver, si jamais vous y allez un jour, réservez.)
Notre « tour » commence dans deux heures, on a le temps d’aller voir Horseshoe Bend, qui n’est pas loin du tout.

Il y a une petite marche à faire d’environ mille kilomètres ressentis. Ça grimpe dans un sens, mais aussi dans l’autre, je bois mon eau par petite gorgée pour survivre jusqu’au bout. Il y a une esplanade qui surplombe le fameux Horseshoe Bend. C’est un bout du fleuve Colorado qui passe autour d’un énorme rocher, et ça fait effectivement un peu la forme d’un fer à cheval.
Là aussi il y a une barrière et c’est très très très très très très très haut. Je fais des photos du bout des doigts, en tremblotant. C’est quand même pénible. En plus les gens autour font n’importe quoi, et enjambent la barrière pour poser fièrement au dessus du vide. Je les insulte dans ma tête, parce que j’ai peur qu’ils tombent à chaque milliseconde. Elle est bizarre, cette sensation. Les boyaux qui chutent, le sol qui se dérobe sans bouger. Ça m’ennuie que ça m’empêche de profiter vraiment. Mais la vue, à trois mètres de la barrière est déjà formidable, et complètement sécurisée.
Il faut fait la marche du retour, qui est comme qui dirait : chaud patate.

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Ensuite, nous nous rendons au Wallmart du coin, c’est le premier grand supermarché depuis des centaines de km, j’en profite pour racheter de l’eau (je n’ai jamais acheté  et bu autant d’eau de toute ma vie) et Manu du tabasco (je crois que ce n’est pas pour boire sur place.)

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Retour à la voiture, le jambalaya est cuit ! C’est si fou, il est vraiment chaud. Manu mange son truc, tout content.

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HipstamaticPhoto-556407480.204303L’heure approche, on retourne à Lower Antelope Canyon. Là, de prime abord, c’est un peu tout ce qu’on déteste. Visite en groupe, perche à selfie (qui en fait son interdites, hin hin), foule et piétinage. Notre guide nous explique un peu le topo, la formation du Canyon, sa taille, et comment régler nos appareils photos. De fait, c’est l’un des endroits les plus photographié des Etats Unis. On le retrouve dans National Geographic, c’est très prisé des photographes, on va très vite comprendre pourquoi.
La descente se fait par un escalier raide comme la justice, super dangereux. (J’exagère parce que j’ai un peu peur, mais je suis courageuse et flegmatique, mais je m’agrippe fort en serrant les dents). Malgré les gens, leurs téléphones, leur selfie attitude, wouw, bim, han, plop wizz, shebam, pfiou. L’endroit de malade. La guide explique « c’est lieu où coule l’eau à travers les rochers ». Car le canyon, en cas de grosse pluie, peut se remplir d’eau et ça forme des tourbillons. En 97, y’a des petits malins qui y sont retournés à douze alors que le canyon était plein d’eau, il n’en revint qu’un. Donc faut pas y aller quand il pleut, sinon on peut mourir.

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Mais là, il ne pleut pas. Et ça ne ressemble à rien de tout ce qu’on peut croiser dans un vie. La roche fait des vagues, ondule en couloir, se creuse et danse. Il y a parfois des poches au sol avec un peu plus de place, à d’autres moments on avance dans des espaces minuscules avec à peine la place de poser le pied par terre. La guide propose régulièrement aux gens de les prendre en photo devant un coin adéquat. Quand je lui tend mon appareil argentique, elle était si perplexe « But, what is this ?? », « Old school photography » lui ai-je clin d’oeillé. Ça l’a beaucoup fait rigoler. Même si les gens qui ne font que des photos d’eux me crispaient au début, j’oublie tout, je plonge, quelle chance d’être là. C’est sublime.

De temps en temps, la guide nous montre une forme dans les rochers, et nous dit comment il s’appelle. Il y a le pirate, l’oeil de l’aigle, etc. A un moment, Manu dit pour déconner en montrant un rocher en hauteur « Oh et là, c’est un requin ! », le monsieur du couple français devant nous qui a entendu la blague, mais l’a prise très au sérieux commence à décrire à sa femme « Mais oui, là, regarde, tu vois »… sur ce, déboule la guide, montre dans la même direction, et dit « It’s Bruce, the shark, from Finding Nemo ». J’ai teeellement ri. Et de fait, il y a bien Bruce le requin de Nemo dans les rochers. Hihi. (voir photo ci-dessous).IMG_8688

La visite dure un peu plus d’une heure. On profite tant qu’on peut. En plus, en avançant, les groupes sont de moins en moins collés serrés, on peut imaginer ce que ça ferait d’être seuls ici.

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Le ciel forme un hippocampe

On va check in à notre motel, je demande où aller à se baigner, on m’indique Antelope Point, il y a des rochers et des cailloux, mais c’est tranquille, dit la dame. Il y a un « fee point » sur la carte, je demande si c’est cher ? Oui, 30 dollars, mais, MAIS, notre pass magique des parcs nationaux nous permet de passer.
On se gare sur un grand parking, près du dock pour la mise à l’eau des bateaux. On croise des voitures et des bateaux assez dingues. Compte tenu du paysage, je comprends le tourisme chic. Sur le lac, de loin on peut voir des jetski, des bateaux très rapides, et je pense qu’il doit y avoir un catalogue  d’activités nautiques assez dingue dans la marina.
Je demande à la jeune fille qui gère les entrées et sorties des bateaux la direction de l’endroit où se baigner. elle me montre une route caillouteuse, que nous empruntons.
Au bout de 10 minutes, on trouve une entrée qui va vers l’eau, il y a des cailloux, c’est là, c’est super. Il n’y a pas trop de monde, quelques personnes éparpillées ça et là.
On se pose sur un rocher, l’eau est bonne, on se baigne, c’est la joie.

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On rentre se poser un peu, je trouve un restaurant mexicain sur internet. J’ai un peu faim, mon biscuits and gravy de ce matin est un peu loin.
En y allant, on croise la rue des églises. C’est fou, il y a au moins 15 églises différentes, les baptistes, les mormons, les ceci, les cela, toutes les unes après les autres.

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Pour terminer cette si jolie journée, on commande une magarita maison, servie dans un verre bol gigantesque, et suivi d’une grosse assiette avec un burrito et tout ce qui va avec.
On rentre, il faut dormir, et y’a les Goonies dans la télé.

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Toutes les photos : https://chezsib.wordpress.com/2018/08/20/j-9-toutes-les-photos-dans-le-desordre/

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