J 8 : Things that make you go HAN !

Attention, je vais spoiler carrément, mais cette journée a été splendide, belle, fascinante, époustouflante, et réjouissante à souhait.

Après avoir terminé d’écrire la veille, c’est un peu à regret que j’abandonne ma terrasse en bois de notre cabane derrière la grange (cf épisode précédent).
Je fais quelques photos, et off we go.

On fait un premier stop petit déjeuner chez Boots -oui comme hier soir- parce que j’ai regardé le menu ET QU’ILS FONT DU BISCUITS AND GRAVY.
« Bonjour, je m’appelle Sibylline, et j’ai un problème de biscuits and gravy. »
« Bonjouuuur Sibylline. »
(Je me demande si je n’ai pas déjà fait cette blague.)

Du coup, je commande du biscuits and gravy, et Manu aussi.
Je termine d’envoyer les photos sur J 7, parce que la cabane était super, mais le wifi inexistant. Y’a du mieux du gravy, les biscuits, c’est pas encore ça, mais y’a des patates.
Une fois le nez sorti de mn ordi, je remarque que, à la lumière du jour, j’avais sous estimé la déco-bottes de Boots. C’est absolument partout partout. Et même la nouvelle jeune fille qui nous sert à des santiags aux pieds. Je ne sais pas si on sue moins en santiags. Y’a ptêt un article quelque part sur internet qui en parle, je chercherai un jour.

En vrai, c’est plutôt bien, ce truc du gros petit dej, on grignote vaguement un truc de la glacière pour déjeuner, et on mange un truc le soir. Je me félicite d’ailleurs d’avoir acheté des petites carottes, c’est super comme snack. J’aime bien les trucs qui crounchent (et j’en ai un peu marre des sandwiches).

Aujourd’hui, c’est Bryce Canyon (canion) qui est au programme. C’est un parc national, nous pouvons y rentrer avec notre pass annuel.
Là encore, la route offre des surprises à chaque virage.

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On fait un premier stop, une mini balade d’un kilomètre qui nous mènera jusqu’à une cascade et une caverne humide recouverte de mousse. C’est déjà zinzin, mais c’est vraiment une fois entrés dans le parc qu’on en prend plein la tronche.
Bryce Canyon, ça grimpe et on est au milieu des arbres pendant un bon moment. C’est aussi vert souvent que désolé parfois. Il y a de grandes étendues d’arbres qui semblent avoir pris feu. Certains, très hauts, sont coupés en deux, je soupçonne la foudre d’avoir foutu le bordel. On décide d’aller au bout, jusqu’à Rainbow Point, tout là-haut, sans s’arrêter. On découvrira les différents panoramas en redescendant. Ca tombe bien, à droite, c’est la forêt, et c’est côté conducteur qu’on aperçoit la folie des grandeurs. On fait beaucoup d’efforts pour ne pas trop regarder et se réserver la surprise pour après.

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On arrive en haut, il fait un soleil incroyable. On se gare sur le parking, on traverse quelques arbres. Et là, BAM. Etape 1 : avoir le vertige, se sentir happée par l’immensité. Etape 2 : Rester sans voix, tout en tremblant. Etape 3 : Approcher tout doucement de la rambarde en ayant l’air un peu ridicule. Etape 4 : Maitriser la situation et ne plus savoir quoi dire tellement le paysage est un cadeau.
On dirait un amphithéâtre gigantesque de stalagmites immenses, mais rouge ocre, parfois blanc. On dirait les pâtés qu’on fait sur la plage quand on prend du sable mélangé avec beaucoup d’eau et qu’on le fait couler tout doucement de sa main pour faire des châteaux. Mais sur des millions de km2. (Oui, bon, je ne suis pas cartographe). On fait une petite rando, la Loop Trail, qui permet de se balader dans la forêt d’arbres fous, et de découvrir encore un autre point de vue. En chemin, on entend un drôle de bruit qui nous suit. C’est très sonore, mais c’est invisible et drôlement impressionnant. En fait, c’est un genre de sauterelle minus qui vrombit quand elle sautille.
Dans le ciel, il y a des Golden Eagles qui planent. Au moins deux, et par terre, un écureuil mignon.
En revanche, dès qu’il s’agit de s’approcher un peu du bord, c’est le tournis, c’est la panique, je marche en faisant glisser mes pieds par terre, histoire de fictivement m’arrimer. Quelle drôle de sensation irrationnelle. Manu aussi a le vertige, mais ça ne se manifeste pas tout à fait pareil que pour moi. Quand il est trop près du bord, il a vraiment des pertes d’équilibre. C’est sympa. Je me contente d’être terrifiée (malgré la joie).

Ah tiens, je vais faire ma frenchouillarde méchante deux minutes pour dire du mal. J’ai mon sujet, ça m’a agacée un peu toute la journée :
En vacances, les français sont infectes. Ce sont les pires touristes. A chaque balade, ou arrêt pour profiter du beau, quand on croise des gens, on échange toujours un « Hi ! » « Hello » et autres sourires. Les seuls à ne JAMAIS répondre, et à faire une tronche pourrie, ce sont les français. Ils critiquent tout d’un air dédaigneux, s’agacent d’un rien, disent du mal des gens autour, ou alors ils font une blague un peu cruelle ou minimisent en dénigrant le spectacle en cours. Ils ne sont pas non plus aimables dans les magasins, ou les restaurants. Et quand ils sont devant des trucs beaux, ils ne regardent pas le truc beau, il se prennent en photo devant et puis s’en vont.
Voilà, moi aussi j’ai dit du mal de quelque chose aujourd’hui, j’ai rempli le quota camembert.

Donc : on a le vertige. Et le pire du pire, ça a été la destination finale d’une montée un poil raide. Un genre d’esplanade, qui s’avance vers le vide (en plein au dessous hein, pas un de trucs monstrueux où on peut voir le vide sous les pieds). De chaque côtés, l’immensité de Brice Canyon avec ses creux, ses bosses et ses pics. Je suis restée paralysée. J’ai beaucoup ri, mais je n’ai pas pu bouger. J’ai reculé tranquillou, en mettant mes mains de chaque côté de mes yeux. Manu a réussi à aller au bout, c’est le plus fort.

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On a donc fait la descente envisagée en début de parcours : on s’est arrêté dès qu’on pouvait. A un de nos arrêts, on a croisé un corbeau, qui s’est gentiment laissé prendre en photo (pendant que je m’approchais, je me demandais si il allait me crever les yeux, ça n’a pas l’air commode un corbeau (je m’y connais très mal en oiseaux.) À l’arrêt d’après, il y en avait un autre. Même si c’était trop super, je suis contente que ça se soit arrêté avant qu’il ne se soit 200 par exemple.

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Nous avons fait quelques arrêts dans les magasins de souvenirs. C’est toujours aussi rigolo, et Manu n’arrête pas d’essayer des chapeaux. Y’a pas sa taille, y’a pas la bonne forme. Toute une histoire.

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Bryce Canyon, il faut se dire au revoir. Nous devons nous rendre à Orderville, Utah pour y passer la nuit.

Comme je n’ai pas beaucoup dormi, je fais une mini sieste de 12 minutes. Manu en a profité pour voir un coyote écrabouillé.

On traverse une toute petite ville, je n’ai pas les yeux sur le GPS, Manu me dit en faisant des gros yeux « Ouhlala ». De fait, on se croirait dans une série américaine quand le héros arrive au fin fond de je ne sais où et que tout le monde parle avec un brin d’herbe dans la bouche en crachant par terre.
Je refous mon grand nez dans le GPS : c’est là qu’on dort. Hihi.

D’ailleurs, je me souviens qu’en réservant, j’ai dit : hihi.
On est dans un motel de bord de route. Juste à côté, le long de cette même route, une mini piscine municipale où des enfants bloubloutent.
La dame qui nous accueille est super adorable, la porte était ouverte, mais elle nous fait tout voir.
Sur Airbnb, j’ai choisi la chambre à thème « The Cave ». Ouais. Y’a un thème. Et c’est genre, sauvage. Tout est marron, derrière le lit, une peau de zèbre tendue, il ya du faux lierre en plastique suspendu un peu partout, il y a des léopards sur les coussins du lit, dans une alcôve, les DVD d’Indiana Jones et de Jumanji, mais surtout, SURTOUT : le plafond et les murs sont recouverts de mousse expansée peinte pour faire un effet caverne. C’est génial. Et c’est exactement pareil dans la salle de bain. Manu qui est rentré juste derrière moi est ébaubi. Je suis bien contente.
On discute avec la dame du motel, qui nous conseille d’aller voir Zion National Parc. Il est pas loin de 17h, on a le temps, ce n’est pas trop trop loin.
Avant de partir, Manu voit tout un tas de dames mormons (mormones ?) qui rentrent dans un grand pickup, toutes vêtue de la même robe verte -> Handmaids tale. Effectivement, la dame du pub hier, disait que la population de l’Utah était composée à 70% de mormons.

Etape finale du jour. Zion National Parc.
Allons-y, même si Manu a dit « Zion like a lion » en imitant Bob Marley.

Oh comme j’ai remercié la dame dans ma tête tout du long de la balade.
Déjà, en chemin, on voit un panneau qui dit « Buffalo – 1/4 miles ahead ». Alors là, c’est la transformation. Gogo gadget au Manu. Excitation maximum. « C’est mon animal préféré !! J’en ai jamais vus !!! » Il a conduit les minutes qui ont suivi couché sur le volant avec les yeux qui font plick plick.
Et bim. Un champs sur la gauche, avec tout un troupeau. Ils se roulent dans la poussière, y’a des bébés bisons, des gros bisons, des moyens bisons. On se gare, Manu sautille presque. Il fait des bruits mignons pour les appeler. Et même qu’une madame bison s’approche pour boire. C’est si génial-fou ! Cinquante bisons d’un coup !
On reste un moment à les regarder faire les bisons, et on rembarque dans la minimobile. En passant devant la grosse ferme sur lequel est bisonland, j’aperçois une dame avec une longue robe sortir de sa maison, serait-ce donc des bisons mormons ?

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C’est le début de Zion. Là encore, on se demande qui s’est amusé à fabriquer des merveilles pareilles. Le paysage est très différent de Bryce. Ici, la roche a l’air d’avoir été modelée à coup de pinceau géant. Manu pense que c’est un marchand de crème glacé qui a géré le décor. C’est bien plus massif que tout ce qu’on a vu aujourd’hui.
On traverse un tunnel sans lumière, un peu longuet, qui débouche en plein milieu de grandes montagnes éclairées par le soleil de fin de journée. On fait quand même moyen les malins parce que la route descend et monte fort et y’a des tas de moments où la voiture est côté vide. Je m’agrippe à mon siège, très dignement. Les gens font comme nous, ils s’arrêtent, font des photos, filment, tout le monde a l’air content. On va jusqu’au Visitor Center, et on fait demi tour, avec le soleil qui se couche dans notre dos. On croise des bestioles type chèvres bouquetins (j’ai dit que j’ai pas bonne en oiseaux.) qui escaladent des rochers verticaux. C’est n’importe quoi.

Sur la route du retour, l’espoir est là, va-t-on revoir les bisons ?
Ils ne sont pas là où ils étaient. Manu sue mille litres de déception d’un coup. Sauf qu’en fait, ils étaient un peu plus loin, mais surtout, tout près de la barrière. On y retourne ! Manu caresse un bébé bison ! Je caresse un autre bébé bison ! ON CARESSE DES BEBES BISONS ! Ça fait un peu crounchcrounch sous les doigts mais ça ne sent pas du tout mauvais. #funfact.

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Retour au motel, on va diner de l’autre côté de la rue, à la pizzeria. C’est encore une dame en grande robe verte. Les jeunes filles de la cuisine sont également en robes longues (et manches longues), d’une autre couleur, et portent toutes la même coiffure.

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Tout à fait comme ça.

Sur un des murs, ils ont installé une carte du monde, où les gens peuvent épingler leur pays de provenance. C’est vraiment une jolie idée. Manu nous épingle.

On commande des pizzas bombs, un genre de calzone croustillant très bon, avec des pepperonis et c’est recouvert d’huile à l’ail, et puis dedans y’a aussi du fromage qui fond. C’est fameux.

Retour à la chambre, on profite de la douche qui ne possède pas ni un, ni deux, ni trois, mais QUATRE pommeaux de douche. De plus, c’est assez grand, on pourrait s’y doucher à 5. Mais je doute qu’ils fassent beaucoup ça dans le coin.

Demain, il faut se lever tôt, on a beaucoup plus de route et les tentations de parcours sont nombreuses. Il est 01h10 ici, 9h10 en France.

À vous les studios.

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Toutes les photos sont ici : https://chezsib.wordpress.com/2018/08/19/j-8-toutes-les-photos/

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