Ce matin, nous ramassâmes nos affaires pour désencombrer Natalie une dizaine de jours.
On jette le foutoir dans la voiture, on a même acheté une glacière en polystyrène du plus bel effet.
Manu, comme de par hasard, me propose des donuts pour le petit déjeuner. C’est parti, allons découvrir ce « Donut Prince » dont il est visiblement en train de tomber amoureux.
Sur la vitrine de la boutique, on peut lire le très judicieux slogan : Don’t get a divorce, get a donut ». Voilà, je pense que Manu a trouvé la clé de la réussite du mariage. Prenez note.
J’en prends deux du coup : un à l’orange (parce que je n’ai pas osé dire que c’était celui d’à côté que je voulais) et un au buttermilk recouvert de chocolate glaze (glaçage sucré au sucre très sucré). Celui à l’orange est finalement une réussite malgré sa couleur suspecte. L’autre est une merveille. Je mâchouille en sirotant mon café-flotte à la paille. Et après, j’ai la sensation d’avoir mangé seize choucroutes.

Allez, on frappe la route, Jacques !
Il y a un peu de monde pour sortir de Los Angeles, mais pas tant. Beaucoup de voitures, mais ça roule. On a finalement pas expérimenté la légendaire violence des bouchons Los Angelessiens.
On roule vers les montagnes. On laisse la ville derrière nous. Aujourd’hui, on a un peu plus de 450 km à faire, en traversant du désert. (Je me demande d’ailleurs si mon téléphone a une fonction qui permet de dire les distance parcourues mais pas forcément à pied… faut que je cherche.)
On fait un stop à Target, pour acheter pain, fromage, eau, viandasandwich, et même des pommes. qui d’ailleurs, ont toutes un code barre. Ça n’a aucun sens.

Première escale : Calico – Ghost town.
Ce n’est pas vraiment vraiment une ghost town, dans le sens où c’est devenu une attraction touristique et familiale. Mais tout de même, j’avais vu que c’était sur notre route : yiha, c’était incontournable. On sort de la Highway 15, on bifurque vers une montagne où est écrit en énorme CALICO. Je crois que c’est par là.
On croise une ou deux voiture, c’est pas l’émeute.
Il fait 41 degrés.
Juste avant qu’on se gare pour de bon, c’est Dirty old town qui passe dans la playlist. C’est à pic !
On mange un sandwich sur le parking, il est midi douze. (ceux qui savent, savent).



La ville est tout en longueur, les maisons de parts et d’autres. C’est un western avec quelques touristes. L’absence de foule permet de faire de faire des super photos, et tenter d’imaginer l’enfer que ça devait être de vivre là sans électricité (et donc oui, sans climatisation > don’t judge). On trouve refuge dans les boutiques quand vraiment on sue trop. Mes mollets commencent à bruler. Oui parce que j’ai acheté des pommes, mais pas de crème solaire, et c’est bien complètement con. Idem, je n’ai pas une tête à chapeau, mais là, j’aurais bien aimé avoir un chapeau sur ma tête.
Calico, c’est une ancienne ville minière. Voici un petit bout du résumé wikipedia qui dira moins de bêtises que moi :
- Un peu après sa fondation en 1881, la ville abritait 1 200 personnes, dont 500 mineurs. En plus d’un assortiment de bars, de bordels, de lieux de paris et quelques églises, la ville avait son journal, le Calico Print.
Dans les années 1890, le prix de l’argent s’est effondré, rendant les opérations minières peu payantes. Avec la fin de l’exploitation de mines de borax en 1907, la ville a été complètement abandonnée.




On profite de ce moment carton pâte. Un tour vers l’école, on jette un oeil aux reconstitutions de scènes de vie. C’est vraiment chouette, et surtout, le cadre est fantastique, et complètement hostile.
On fait notre seul arrêt un peu « attraction touriste », le photo shoot western, parce que J AVAIS ENVIE DE ME DEGUISER EN PROSTITUÉE DE BORDEL DE WESTERN. VOILA.
C’était super, la dame était adorable, et on a bien ri. Le résultat ci-dessous.



On se remet en route. J’ai une autre étape de prévue, mais je merdouille un peu dans mon GPS, on fait donc un détour de 20 ou 30 km, mais ça vaut le coup. On croise un train, du désert, du sable, des Joshua trees, des caravanes abandonnées, des cactus, un ranch. Mais les étendues sont aussi gigantesques que dépourvues de population. On trouve tout de même une station service où acheter des glaçons pour remplir notre glacière et mon gros thermos.
On retrouve le bon itinéraire, Manu engage la voiture sur une petite route caillouteuse et pleine de trous. Il faut se résoudre à se garer. Car coincer la voiture ici, ce serait un rien suicidaire. Il fait 43 degrés.
J’embarque mon gobelet en polystyrène (acheté avec un ice tea à Calico, et en plus, assorti à ma glacière), mon appareil photo, mon téléphone.
Nous sommes arrivés au Rock-a-hula Waterpark. C’était un parc d’attraction, construit dans les années 50 (il me semble que c’était privatisé, puis ouvert au public dans les années 60). Le parc a fermé dans les années 80, puis fut rouvert en 98, et a définitivement fermé ses portes en 2004. Le lieu est donc abandonné depuis 14 ans.
La premier batiment que l’on voit, c’est le gigantesque chateau d’eau arborant une publicité coca-cola délavée. On voit le parc au loin. On entre par un côté, pas par l’entrée principale. Nous sommes loin d’être les premiers à venir explorer, le barbelé est par terre, tout est recouvert de tags. Je pense que c’est un lieu dont il est question sur beaucoup de sites internet.




On entame la balade sous un soleil très cruel. Mes mollets piquent encore plus fort que tout à l’heure, mais j’oublie tout. Je crois que c’est le premier lieu abandonné pour de vrai que je visite pour faire des photos, je suis super émue. A droite il y a la colline, d’où devaient partir des tas de toboggans à eau. On voit encore les structures. A gauche, on voit l’entrée, et les portillons. On s’y rend, pour faire quelques clichés. Je rentre dans un bâtiment. Le sol est recouvert de caps de bombes de peinture. Les faux plafonds pendouillent, mais il fait bien plus frais. Je passe une absence de porte, et je me retrouve derrière le comptoir. Il reste quelques squelettes de distributeurs de boisson. Je trouve aussi les toilettes, qui bizarrement ne sont pas si dévastées et surtout, ne sentent pas mauvais. On redoute un peu de tomber sur un truc mort. Mais non, on croise même des vivants (un papa et ses deux fils), qui ont connu le site quand il était ouvert au public. La perspective doit être si différente de la nôtre. Si nous tentons de voir à quoi pouvait ressembler cet endroit animé, ce drôle de cimetière du fun doit être difficile à visiter des années plus tard sans un pincement.










En même temps, sans déconner, quelle drôle d’idée d’installer un parc où les mômes cavalent en maillot de bain sous un soleil de plomb. Bienvenue à Mélanomland ! Wouhou ! Et je crois bien l’hiver, il fait super froid dans le coin.
On renonce à grimper la colline, il fait vraiment très, trop chaud. Ce ne serait pas raisonnable. Mais on continue nos errances, on passe un petit pont, j’entre dans un autre batiment coloré.
A regret, il faut partir, il reste de la route, et le soleil commence à vaincre.
C’était très fort, ça restera un de mes moments préférés de tous nos voyages.

Maintenant, il faut se diriger vers Las Vegas, il reste 200 miles à peu près. Mais la route est si belle, si plein de surprises, qu’on chante en s’émerveillant. Montagnes, cactus, grandes étendues, couleurs changeantes. En revanche, il n’y pas d’oiseau, pas de bestioles, pas de roadkill. Au Etats Unis, c’est quand même une tradition, les animaux écrasés sur les routes, mais là, non, rien du tout. Que des vieux pneus. Il y’a vraiment beaucoup de morceaux de pneus.
A la seconde où on passe de la Californie au Nevada, un premier casino longe la route. Welcome lost souls !

On arrive dans la ville par un côté un peu moche, on croise quelques immeubles qui n’ont rien à foutre là, comme le Chrysler Building, Et on trouve notre Motel. Pas génial, correct, et pas cher, mais propre, et il y a une piscine. J’ai pris un bain pour rincer le sable de la journée, Manu est allé se baigner plutôt à la piscine et s’est fait des copains mexicains (il fait toujours ça, c’est super, moi je suis un peu nulle en rencontre de gens).
J’ai trouvé sur le web un bar tiki qui a l’air super, mais on va aller manger pas cher de l’autre côté de la rue d’abord.
Du coup, on va chez In and Out, un Fast Food où sont dissimulées des références à la Bible sur les emballages de frites et de burger. Alors non, ce n’est pas léger, mais à Vegas, manger à un prix raisonnable, c’est un peu comme de vouloir manger une choucroute à Marseille.
Vu qu’on sortait après, je me suis maquillée et tout, mais finalement, demain, on doit se lever très tôt, et on clignote de fatigue. C’est donc l’heure de se coucher, et de se démaquiller (tous les trucs de ma trousse de toilette ont fondu d’ailleurs, c’est pas pratique).
RZZRZRRZZZZZ




Encore des photos ? : https://chezsib.wordpress.com/2018/08/15/j-4-toutes-les-photos/



