Cher journal, ce matin, je me suis levée de bonne heure, et pendant que j’écrivais, Manu est allé manger un donuts se balader. Quand il est revenu, tout content, il m’a dit « Y’a des colibris dans la fontaine du voisins ! Vite vite, ton téléphone, je vais les filmer ! »
Alors, il a ramené cette vidéo, que je me réjouis de partager ici.
C’est quand même un drôle d’animal qui vole complètement n’importe comment. J’essaye d’imaginer si tous les oiseaux volaient comme ça, en faisant un bourdonnement proportionnel à leurs tailles, ça serait si super et rigolo, et certainement complètement le bordel.
Après cette petite pause qui donne envie de faire pipi (merci la fontaine), il est temps d’aller petit déjeuner. J’ai trouvé sur internet, une adresse d’un genre de diner (souvenons-nous, ça se prononce « dailleneur ») où ils font du biscuits and gravy.
Pour ceux qui ne savent pas, c’est le truc qui me rend zinzin aux Etats Unis d’Amérique. Je rappelle la composition pour ceux du fond : des biscuits (bisskitsse, et puis du gravy. C’est fastoche. S’il faut décomposer un peu plus, ce sont des petits pains, un peu comme des scones (prononcer skohnze) mais pas sucrés, et par dessus est renversée une sauce blanche, un peu épaisse, à la saucisse. C’est un petit déjeuner salé. (je me demande combien d’entre vous ont ponctué avec moi cette dernière phrase par de nombreux « comme ma …. » (j’ai honte).


On arrive, ça s’appelle Eat and Park, les critiques sur internet sont super. Le B&G ne l’est pas. Quelle amère déception. Le chagrin, le mâchouillage sans conviction. La texture y est, mais le goût, c’est super raté. Tout part à Vaux-l’eau ma bonne dame. J’ai quand même tout mangé, avec mon café, resservi 4 fois par la dame. A chaque fois que je vais manger quelque part aux Etats Unis, je repense à cette note de Boulet, et je ris nerveusement en pensant à ma prochaine pause pipi.
Donc, c’est moche, mais oh well. Ca cale, en revanche, c’est très dur à digérer. Vraiment. Burp.
Nous passons ensuite acheter trois frisbees de disc golf pour pouvoir jouer au disc golf. On aime bien les magasins de sport (qui a pouffé ?), y’a toujours des tas de jeux qu’on n’a pas en France et qui sont très intrigants.
J’ai trouvé, encore une fois sur le site Atlas Obscura, l’adresse d’une boutique qui m’intrigue beaucoup, ce n’est pas très loin, et on se dit que c’est le bon moment pour aller y faire un tour. Ça s’appelle Dapper Cadaver. Le quartier est un peu désert. La route longe une voix de RER. Il y a une petite épicerie avec une porte en grillage sur le trottoir d’en face, le magasin fait un un angle. Il faut sonner, c’est écrit « Ring the bell ». Même pas peur, je ring. Miiiip, on nous ouvre. À l’intérieur, ce n’est pas du tout un magasin. Il y a un petit accueil, avec un monsieur qui nous demande comment il peut nous aider. J’explique : internet, blabla, est-ce qu’on peut visiter, comment ça marche, tout ça. Il a l’air un tout petit peu étonné, mais pas trop trop. On ne doit pas être les premiers à se pointer comme des fleurs et la bouche en coeur. Jeff – c’est le nom du gentil monsieur – nous explique donc. Ils fabriquent des accessoires d’horreur pour les films, les escape rooms, les maisons hantées, etc. Il nous propose de faire un tour des salles d’exposition. Chaque pièce est thématisée. Il y a un petit couloir de bureau, et de chaques côtés, des petits pièces qui contiennent des tas de trésors horrifiques.
Première salle : les personnages qui font peur. Clowns terrifiants, évidemment, sorcière, goules, et autres. Je demande si j’ai le droit de prendre des photos, Jeff me dit qu’il nous montre toutes les pièces, et qu’après, on pourra tout revoir tranquillement et faire des photos. Jeff est hyper gentil.
Dans la salle d’en face, un peu de matériel chirurgical, des armes (mais pas des flingues), du faux sang sous toutes ses formes, et même de fausses étiquettes pour décorer des bouteilles et leur donner un côté vintage empoisonné. La salle des « créatures », crânes d’animaux, bestioles en bocal. Jeff nous montre tout, avec beaucoup de patience. Il nous parle de ce cochon en bocal géant que son patron a acheté il ne sait plus quand, et qui daterait de 1858 (il n’est pas à vendre), des ruptures de stock, etc.
Dans la dernière salle d’exposition, il y a des squelettes, des corps, des bouts de gens dans des sacs, des fausses carcasses d’animaux, ambiance boucherie. C’est donc leur société qui fabrique tout ça. Il y a d’ailleurs un atelier dans le fond. Il nous montre les différentes qualité de fabrication selon l’usage attendu. Pour les escape rooms, comme les gens manipulent, il faut opter pour quelque chose de moins réaliste, mais de plus solide, en revanche pour les film, la silicone – plus souple – fonctionne mieux. Il nous montre des squelette qu’ils « momifient » eux-même. C’est vraiment super. Il nous emmène ensuite dans la partie atelier et stockage des gros éléments (là je n’ai pas pu faire de photos). Des cercueils, des chandeliers, des tables d’autopsie, un coin guillotine, chaise électrique, et un peu plus loin : des dinosaures. DES DINOSAURES !!! On peut même louer un squelette de t-rex, de 28 pieds de long, il est pour l’instant rangé dans une boite, mais je suis contente de savoir qu’il est là, pas loin de nous. Jeff nous laisse nous balader, et faire des photos. C’est si génial. J’ai envie de tout acheter pour continuer mon cabinet de curiosités de chez moi. Mais je suis sage, on repart en couvrant Jeff de mercis.
Je mets quelques photos ici, mais il y en a plein d’autres dans le post d’après.





Direction Sunset Blvd pour découvrir le très célèbre magasin « Amoeba Music ». On arrive même à se garer, à comprendre comment payer le parcmètre, et nous nous dirigeons vers le plus grand magasin de musique indépendant du monde. Devant, je retrouve une fresque que Jérôme a prise en photo quand il était là il n’y pas très longtemps. On est content, et on prend aussi une photo, que voici. (Coucou Jérôme !)

Nous rentrons, c’est effectivement gigantesque. En revanche, les prix ne défient pas toute concurrence. Pas d’achat, mais on regarde les goodies, et je regrette encore un peu ce matin de ne pas avoir acheté une bougie « Prince ». Mais oh well.
Prochaine étape, pour rester dans le thème de ce matin : Le musée de la mort/The Museum of Death. Ce n’est pas très loin, nous y allons à pied, c’est toujours bien, une petite suée.
Quelle drôle d’expérience que cet endroit. Nous payons notre entrée, les photos sont interdites, et on nous indique le début de la visite. Tout est assez entassé, les pièces un peu étriquées, on n’est pas tout seuls, mais on peut tout à fait circuler.
La première pièce, probablement ma préférée, est dédiée au serial killers. Sur les vitrines sont posées des classeurs en libre accès, avec une correspondance entre les différents condamnés et un certain John, et une certaine Rita (de mémoire). Je n’ai pas réussi à retrouver le contexte, et qui sont ces gens, mais je ne vais tâcher de trouver ça.
Sur les murs, il y a également les production artistiques des tueurs. Des dessins, peintures, pop-up cards. En parcourant les courriers, on découvre parfois certains enjeux : « Rita, peux-tu vendre mes dessins et m’envoyer l’argent ».
J’apprends que Henry Lee Lucas et Ottis Toole étaient enfermés ensemble, et écrivaient ensemble. En lisant, j’ai la sensation de lire des courriers de colonies de vacances d’enfants de 8 ans. « Les gens ne sont pas très gentils, peux-tu nous envoyer des magazines ? »
Je découvre que Pogo le clown (John Gacy) peignait beaucoup, et que certaines de ses connaissances se sont précipitées pour vendre ses « oeuvres » une fois qu’il a été condamné. (cf, une annonce dans un journal). Il peignait des clowns. (Vous ne verrez pas ça chez tout le monde).
Ce serait trop long de détailler toute la visite du musée. Mais rien n’a été oublié. Je pense même que c’est ça qui m’a le plus déconcertée. Je n’avais pas envisagé que tant de sujets aujourd’hui du thème de la mort soit abordés. Je pensais que ce serait axé plutôt les serial killers. Mais non, ça va bien, bien plus loin, et, c’est très, très explicite. Il y a des vidéos de condamnations à mort, la tête de Landru dans un bocal, du matériel ancien de thanatopraxie, des images de scènes de crime, d’accidentés de la route, une pièce dédiée à Manson, une autre aux animaux empaillés, puis une autre pour le Dahlia noir, puis une reconstitution d’une chambre des membre de la secte Heaven’s Gate car c’est un des suicides collectifs les plus important, des bodybag accrochés au mur, une section spéciale cannibales…
Si au début de la visite, la fanfaronnade rend un peu enthousiaste, le crescendo est dérangeant. L’accumulation donne un peu le tournis et comme ils disent sur leur site : on est content de ressortir, et ce, bien vivant.


On ressort de là, pour marcher le long des étoiles de stars (souvient mortes d’ailleurs). D’ailleurs, ce quartier ne ressemble pas vraiment à ce à quoi nous nous attendions. C’est assez désert. Je pensais trouver une atmosphère un peu Time Square. Mais il y a très de monde, pas tant de boutique, il faut beaucoup marcher, il n’y a pas beaucoup de touristes, les trottoirs et donc le walk of fame est assez cracra.
Ce qui est rigolo par contre, c’est que tout le monde marche en regardant par terre et en s’exclament de temps en temps. Oh Machin ! Hihi Bidule ! Ah tiens, c’est qui Truc ?

On commence à avoir faim et on se dit qu’aller faire un tour à Echo Park est une bonne idée. Arrivés dans le coin, on se dit que ce serait bien d’aller s’acheter un sandwich pour manger dans le parc. Je regarde mon plan, on se dit que ca serait pas mal d’aller dans un supermarché pour manger pas trop cher. On suit le plan et on arrive Downtown, le coin des affaires, des grands buildings, ça change vraiment d’ambiance. On trouve un Target, dans un centre commercial. On pourrait y faire des courses, mais ils n’ont pas de sandwich. On a réussi à trouver le seul endroit au monde des Etats unis qui ne vend pas de sandwich tout fait. Probablement parce qu’il y a un Food Court. On se dit que tant pis, on va manger au Food Court, tant pis le pique-nique. Poke pour moi, pizza pour Manu.

Plein les pattes nous en avons, retour maison, et après un petit intermède ne rien faire, en route pour faire un disc golf, car il y en a un tout près de chez Natalie.

Un vieux monsieur nous accueille, 5 dollars chacun plus tard, nous voilà sur le terrain.
Pour ceux qui ne savent pas, le disc golf, c’est un sport, avec un frisbee et des paniers. C’est le même principe que le golf, il faut suivre le parcours et compter en combien de lancés on arrive à mettre le frisbee dans le panier. Manu adore, je me contente d’être nulle. J’aime bien, mais c’est un peu frustrant d’être aussi molle du bras.
Ce qui est rigolo c’est que de panier en panier, un lapin n’a de cesse de détaler. C’est un neuf paniers, c’était super chouette. J’ai tenté de faire des expérience photographiques avec mon appareil argentique, on verra ce que ça donne.
On retrouve Natalie à la maison. J’avais hésité à faire à manger pour nous tous, et je ne sais pas pourquoi, je me suis collée la pression bêtement, et j’ai dit que finalement, mexicain, c’était super.
Natalie connait un endroit qui n’est pas tout à côté, mais où on mange des tacos et burritos qui parait-il, sont délicieux. On fait un peu L.A. by night, c’est si chouette de découvrir avec quelqu’un qui connait.
On se gare dans un quartier un peu hype et très joli. Une librairie indé, des bars à thème, c’est très calme. Les gens discutent en terrasse, et nous, nous allons commander.
Notre diner sera prêt dans une quinzaine de minutes, on en profite pour faire un petit tour de pâtés de maisons en se racontant des trucs.
Retour au restau, on s’assoit où on veut, c’est tout petit. Dans des plateaux en métal, on découvre nos tacos. Ils sont beaux et surtout si bon ! On a les doigts qui coulent de gras, les bras qui coulent de gras, et le menton luisant de gras. En vrai, je pense que ce n’est pas si gras. Les portions ne sont pas aberrantes comme parfois aux Etats Unis. On est tout contents, mais on se lave quand même les mains avant de reprendre la voiture pour rentrer.



Petit pause au liquor store, on s’achète chacun une bière pour la boire en rentrant dehors, derrière la maison.
❤
Il est temps de dormir, car demain, c’est le début du voyage de route.
Toutes les photos du jour : https://chezsib.wordpress.com/2018/08/14/j-3-toutes-les-photos/