Ce matin, Manu a dormi un poil plus, pour une fois je suis allée chercher le petit déjeuner. J’ai découvert qu’il y avait un super truc de cupcakes pas très loin. Je sors, il fait déjà beau.
J’arrive dans la boutique, je choisis 4 cupcakes (c’était deux de trop, en vrai) Boston Cream, Cookies and Cream, Peanut Butter, Triple Chocolate. Oh lord.
Je réveille l’amoureux, et on mange tranquillou. On se met en route vers l’heure du déj, le temps de digérer le sucre au gras.
Je pense ouvrir des paris sur combien de kgs pris pendant ces 15 jours. Alors ? Mmm ?

On saute dans notre métro qui nous amène directement au Staten Island Ferry.
C’est un ferry gratuit, avec un départ toutes les demi heures (en journée en tout cas), il fonctionne 24h/24, et il flotte.
On monte à bord, on s’installe à l’avant, au plus près de l’eau, et fait les 30 minutes de trajets. L’intérêt, c’est de voir Manhattan d’un autre point de vue. On passe aussi devant la Statue de la Liberté, pas trop près, mais pas trop loin. Le vent secoue mes cheveux, ça fait des tas de nœuds. On regarde les bateaux qui vont et viennent, il fait toujours aussi beau, c’est bien d’être sur l’eau.


Une fois arrivés sur place, on fait immédiatement demi tour pour reprendre le ferry dans l’autre sens, c’est un peu la course, mais on est bon.
Ensuite il faut se décider sur la suite du programme. On se dit qu’on est pas si loin du Brooklyn Bridge et qu’on pourrait aller le traverser (il est à 1 miles = 1,609 km). On longe la mer, on croise des bateaux, on traverse un quartier très bobo Canal Saint martin, avec des tireuses à bière d’extérieur et des magasins bio.

Juste avant d’arriver à l’entrée du pont, un petit monsieur vend des boissons, et spontanément il nous indique l’entrée (qui était de fait, un peu planquée). Ce n’est pas la première fois, souvent, quand on faisait une tête un peu hésitante, notre plan à la main, ou les yeux scrutant l’horizon, une main sur le front, des passants se sont arrêtés pour nous proposer leur aide. Eh bien, quand on a pas l’habitude, c’est super déconcertant-génial, et drôlement agréable comme constat > Les gens sont sympa.
Donc, tout contents, on monte les marches pour rejoindre le flot de marcheurs de pont.
On amorce le truc, et il y a quelque chose que je n’avais pas anticipé. Ma trouille, mon vertige, appelons ça comme on peut.

A Paris, j’ai déjà du mal à traverser les ponts du canal, et là, c’est la configuration cauchemardesque. On marche sur des planchettes de bois, et entre chaque, on voit le vide en dessous. Crise d’angoisse instantanée. Je marche derrière mes lunettes de soleil en regardant droit devant moi, j’étouffe complètement et je plante mes ongles dans les bras de Manu qui essaye tant bien que mal de me distraire. Je pleure de trouille. Heureusement qu’il fait chaud, la pluie de visage s’évapore rapidement. Je n’arrive même pas à attraper mes mouchoirs dans mon sac pour me moucher. Elle est putain de longue cette traversée. J’ai eu l’impression qu’on m’étrangle tout du long. Autour de nous, les gens s’allonge sur les rambardes, j’ai envie de les tuer, je les sens tomber les uns après les autres, je sens le sol se dérober sous mes pieds en continue. Il est très beau ce pont, sinon.
Arrivés de l’autre côté, il me faut un moment pour respirer normalement, je bois de l’eau à m’en noyer. Je peux donc rayer ça de ma to-do list : frôler la descente d’organes de trouille.


Ma tête après le pont

On décide d’aller ensuite à Coney Island, c’est le début de l’après-midi, c’est parfait.
On marche quelques blocks parce qu’on s’est trompé de chemin en descendant du pont, et on trouve une station de métro qui nous y amène : wouhou.
Au bout de plein de stations, le métro tombe en panne pour de bon : un rail est cassé à la station d’après. C’est un peu le bordel sur le quai, les gens râlent, ne bennent rien à ce qu’il faut faire, les gens du métro tentent de nous expliquer pas où passer.
En gros : c’est compliqué : il faut soit marcher longtemps, soit faire demi tour jusqu’à Manhattan pour reprendre une autre ligne.
On hésite, on tente un demi tour, on se ravise et on marche. On demande si elle est loin la station qui nous mènera à la plage, on nous confirme qu’elle est loin. Je regarde sur mon plan : 2,5 km. Même pas peur, nous voilà partis.

On est donc à Brooklyn, et le quartier est très différent de tout ce qu’on a vu, il change au fur et à mesure qu’on avance, c’est un peu moins populaire, il y a des grandes maisons individuelles, c’est pas mal chouette. On grimpe dans le métro, 14 stations plus loin, on déboule au pays de la fête Coney Island.

Dès l’arrivée du métro, je trouve ça formidablement beau. On voit les manèges, les lumières qui clignotent, ça sent presque le sucre, hiiii !
On fait une pause chez Nathan’s, là où a lieu le concours annuel de mangeage de Hot Dog. Sur un mur il y a même un panneau qui fait le décompte jusqu’à l’année prochaine. 310 jours. On l’a manqué de peu. On commande, un (seul) hot dog, of course, et à la place des frites, je prends un corn on the cob (un épi de maïs). C’est bien plus sain. Hum.
Nous errons ensuite dans les allées qui longent les attractions. On passe devant un magasin thématisé freakshow, et je me souviens avoir lu qu’il y a une parade des sirènes en juin. Il y a des belles affiches et des beaux t-shirts qui illustrent l’évènement.
Je suis intriguée, car un peu après la boutique est annoncé un véritable freakshow.

Quand même, je jette un œil sur internet pour voir ce que les gens en disent, arnaque ou pas ? Les avis sont super, on s’est déjà pas mal éloigné, on se décide à y aller.
Pas de bol, on nous dit à la caisse que c’est quasi la fin du spectacle, mais on nous propose des billets à 5 dollars pour voir au moins ce qui reste. GO.
On entre dans une petite salle, des bancs en bois noir devant une scène où un monsieur disloque chacun de ses membres pour les faire passer dans une raquette de tennis éventrée. On n’est pas très nombreux dans la salle, mais j’entends des « RHAAA » un peu douloureux d’empathie.
C’est super génial. Le monsieur qui présente est tout maigre et pâlichon, les cheveux mi long et noir corbeau. Un peu gothique, sur son ventre un tatouage avec écrit « Coney Island » et des têtes de mort. Il est très drôle, du stand up comedy un peu morbide, mais pas que. Car il fait parti du spectacle. Il annonce que c’est effectivement bientôt la fin, mais qu’il reste quelques numéros. Le rideau se ferme et c’est lui qui revient, une musique sombre démarre, et il joue avec du feu. Avec sa bouche, ses bâtons, ses main, c’est super impressionnant.
A la fin du numéro, il en annonce un dernier, c’est de nouveau lui, car il nous explique que c’est la fin de la journée et que les autres sont rentrés chez eux (de fait, il est 19h, on a mis des plombes à arriver. Je regrette tellement qu’on ne soit pas rentrés voir ce spectacle dès notre arrivée). Il revient donc avec ses blagues et une épée. Il demande à la foule ce qu’il va en faire, je propose un timide « Swallow it ? » Et oui ! Alors il procède, on est vraiment juste devant, il est à un mètre cinquante de nous, et il avale une épée. Il invite quelqu’un à montrer sur scène pour montrer que ce n’est pas du chiqué. Moi j’ai bien vu que ce n’est pas du chiqué. Il tend le bras, me désigne et je monte sur scène ! Il m’explique ce qu’il va se passer. Il va remettre l’épée dans son gosier, et à son signale (un clin d’œil), je vais devoir la retirer. Hihi. Il me demande ce que j’en pense « It’s nice ! », « It’s the first time anybody answered that ». Je pense qu’il ment, mais hé, je ris, il est drôle. Je suis sur scène, devant cette foule de 6 personnes, il lèche la lame, se l’enfourne, se tourne vers moi, le buste en avant, me clin d’œil, et je tire sur la fusée. Il y a une légère résistance, je suis en train de retirer un objet de l’intérieur de quelqu’un, mais comme jamais je ne l’ai fait auparavant. C’est très exaltant ! Je retourne à ma place, et le spectacle est terminé. L’autre monsieur nous dit que pour un dollar de plus, on accède à un mystère de plus. Nous payons, et derrière un comptoir : une curiosité sous verre, une « authentique » dépouille de chupacabra. Je suis fascinée, parce que c’est effleurer un peu ce que devait être les freak show d’un autre temps, où les petites arnaques devaient se succéder de stand en stand.
On ressort de là super contents et complètement frustrés de ne pas avoir vu le spectacle en entier.
On continue la balade, je rêve de faire un manège, mais Manu n’aime pas ça du tout (lui infliger ça, ça serait comme de me faire traverser le pont de Brooklyn 9 fois d’affilée). Comme toute seule, ça me fait bof rigoler, on regarde un moment les gens hurler de terreur pour compenser.
Il y a des manèges super impressionnants. Dans certains, il faut être allongé sur le ventre, d’autres, calé sur un cheval en bois, mais c’est un grand huit ! Rhalalala, c’est si génial.
La nuit tombe, et Coney Island scintille, on fait un tour le long de la plage, il y a encore des milliers de personnes. J’adore cette ambiance de fête, où les gens rient et crient, les stands vendent n’importent quoi à manger, même des macaronis and cheese frits. C’est dire.
On remonte dans notre métro pour un nombre interminable de stations, on s’arrête dans un pub près de chez nous, le Slaughterhouse Lamb. C’est très joliment décoré, il y a des squelettes un peu partout, et même un long garou. On boit une bière, on passe chercher ces délicieuses pizza slices juste à côté, et on rentre les manger à la maison. C’est un diner économique et tout à fait décadent.
Une petit série et au lit !
Demain, c’est notre dernière journée pleine, mardi, on doit prendre l’avion, et j’appréhende déjà très fort le retour à la réalité.
Toutes les photos du jour :























































