J’ai senti Manu se lever, mais je traîne un peu au lit.
J’écoute le bruit des canards et des oies qui font les andouilles dans le lointain.

Manu déboule tout content en sautillant presque « C’EST L HEURE DE TRAIRE LES VACHES ! »
Oh bon sang, moi aussi je veux voir ça.
John, notre nouvel ami fermier nous emmène faire le tour des bestioles, et nous raconte les difficultés d’une si petite structure. John a aussi subi une double transplantation de poumons il y a 5 ans, de fait, il a fallu lever le pied.
D’abord les oies et les canards qui, il faut bien le dire, sont pas mal flippants. Il y a un drôle de truc autoritaire pas méga sympa au fond de leurs yeux sombres. Puis c’est au tour chèvres. Visiblement, elles ne donnent rien en lait, mais il faut bien les nourrir. Les chèvres font des bruits débiles alors on rigole pas mal. Je me sens si parisienne parfois.
La traite des vaches ! Alors oui, c’est avec un tire-lait qui fait flomp quand on le met sur les tétines. Pendant la première traite, je suis un peu derrière, Erma la vache fait une énorme bouse molle, je suis épargnée, moins Manu qui se fait un peu éclaboussé. Ok, j’ai un peu rigolé là aussi. On nous fait aussi faire le tour des lapins, et de fait, c’est mignon. Comme dit Jane la fermière, « I try not to get to involved ». En revanche, les mamans lapins ont toutes des noms et ça fait un moment qu’elle les a.

On rentre se faire un petit dej avec les œufs de canard, le bacon de la ferme, le beurre de la ferme. Tant de protéines à la fois, c’est si fou.
On rediscute avec John qui n’est tarissable sur aucun sujet. Et il est temps de au revoir à ce petit coin de tranquillité après avoir tout bien rangé.
Je vous épargne la route, qui fut encombrée, et un poil fastidieuse. La distance n’était pas folle (300 km) mais il fallu passer par les grandes artères (Intersates) gorgées de voitures, sans compter l’arrivée à JFK où nous rendions la voiture. Résultat, 6 heures de route. On a tout de même fait un escale dans un vrai mall, où Manu a regardé des casquettes et moi des trucs idiots chez Hot Topic (un magasin de goodies/gadgets/fringues).
On a quand même un mini détour pour voir la maison de Mark Twain, mais malheureusement, impossible de se garer, on a juste pu passer devant.
Ce qui est bien, malgré cette journée fort peu intéressante, c’est qu’à l’arrivée, on est invité à une fête chez Meg (of Les Chauds Lapins, herself). Alors, vaillamment, on attrape nos valises, et en métro, nous nous rendons à Brooklyn. Nous longeons des immeubles très haut pendant quelques blocks, une roue de valise est faussée, mais ça y est, on est arrivé !
La maison de Meg est formidable. Il faut passer une petite grille, longer un long mur éclairé par une joli guirlande, et nous attend un petit jardin intérieur incroyable, avec à ma droite un barbecue, et à ma gauche un escalier qui descend de quelques marches vers un feu de camp. Derrière la barbecue (à ma droite donc), quelques marches, qui elles, montent sur une petite terrasse qui mène à la maison. C’est comme à Paris, qui cache si souvent des recoins insoupçonnés. Kurt est là, des amis de Meg vont et viennent, la nourriture est formidable, on boit de la bière, on joue de la musique, chacun son tour ou tous ensemble.
Ce qui m’émerveille toujours ici, c’est la gentillesse, je ne le dirais jamais assez. Il y a une facilité à dire des choses douces et bienveillantes qui est assez bouleversante. Savoir se dire à quel point la soirée était belle, à quel point ce morceau était bien, avoir retenu un moment particulier, et le souligner. C’était tout ça, et ça fait un bien fou.
Quand la fatigue a gagné, on a pris un Uber, et on est rentré. Ron pschit.
Le matin déboule, et soudainement, après le petit déjeuner, il est midi. Ok, on a un peu trainé. C’est très bien, ça fait du bien.

Manu n’a pas vu Time Square, et surtout, on veut passer à la gare de Grand Central, à la Public Library, et voir des grands immeubles, go le métro.
En arrivant à la station, surle trottoir d’en face, il y a un match de basket, ça joue fort sous le soleil, des tas de gens regardent, alors nous aussi. En face est garé un camion qui vend des trucs à la weed. C’est fou.

De visiter la Public Library me console un peu de ne pas avoir vu la caserne de Ghostbusters. C’est assez fou le décalage entre les gens qui travaillent et révisent pour de vrai, et cette flopée de touristes en goguette qui font des photos (comme moi quoi).
Ensuite c’est Grand Central Station, cette gare qu’on a vu dans tant de film, dans tant de vidéos de flash mob, de séries télé. Il est beau ce brouhaha. On va vers la « Whispering Arch ». C’est une voute, juste devant un Oyster Restaurant (un hasard ? je ne crois pas.) où si l’on murmure dans l’angle d’un des quatre pylônes, la personne se trouvant à celui diamétralement opposé pourra entendre ce qui est dit. On teste, et bien malgré le boucan d’une gare, j’entends Manu qui me dit des secrets.



Il est temps de se mettre en route pour l’activité fofolle du soir.


Ce soir, on va voir un match de football américain au Metlife Stadium ! C’est un match de pré-saison, Les New York Giants jouent contre les New York Jets. (On se dit qu’on pourra gueuler GO NEW YORK, on est sûrs de pas avoir faux.
C’est un peu l’aventure du trajet. On marche de Time Square jusqu’à Penn Station, pour prendre un train qui va vers le New Jersey. Les fans sont bien là, les maillots sont ou bleus ou verts, les casquettes bien souvent assorties.
On flippe un peu de ne jamais arriver à monter dans le train en question, mais la marée de foule nous conduit à bon port.
Un changement de train plus tard, et nous voici au stade. Qui eut cru qu’un jour ça me réjouirait sincèrement d’aller regarder un match ? Bon alors, quand même, ça fait deux ans qu’on regarde la finale du Super Bowl chez Jano en mangeant-buvant, et en se cachant les yeux quand il y a des cheerleaders. J’ai tout de même regardé un résumé des règles avant de partir, histoire de ne pas demander toutes les 5 minutes ce qu’il se passe. (spoiler alert, j’ai demandé toutes les 5 minutes ce qu’il se passait).
Nos places sont tout là-haut là haut ! C’est raide, et comme on a le vertige tous les deux, on fait moyen les malins, mais l’ambiance est démentielle. La musique (des extraits d’ACDC, des Beastie Boys, des Guns…) la grosse voix off si typique, la fumé devant la porte par laquelle arrivent les joueurs, le feu d’artifice, l’hymne national où les 50 000 personnes autour du terrain se lève et chantent, c’est génial.


Il y a beaucoup de femmes, mais vraiment beaucoup, c’est du 50/50 je dirais. Des tas de mômes, et le mieux du mieux, ce sont les gens, les fans, ceux qui portent les couleurs d’une équipe. Au sein d’une même famille, d’un groupe de potes, certains sont Giants, d’autres sont Jets. Ce soir, ceux qui jouent @home sont les Giants. Ca se ressent sur les écrans, où c’est cette équipe là qui est encouragée. Les gens discutent, boivent de la bière et mangent des hot dogs. Quand il y a une belle action, ça triomphe du côté gagnant, mais y’a pas un poil d’agressivité, jamais. Un camp peut faire « Bouuuuh » mais ça ne va jamais plus loin, et tout le monde est mélangé. Je n’ai pas la sensation que ce soit comme ça pendant les match de foot en France. (j’avoue m’être censurée, j’avais commencé par écrire : pas comme ces gros cons de supporters de foot en France. #sorry).
Sur les écrans gigantesques qui permettent de voir les actions au ralenti, les spectateurs sont mis en avant, on voit des photos qui ont été mises sur les réseaux sociaux avec un hashtag spécifique, ou alors les gens sont filmés directement dans le stade, et quand ils se voient sur les écrans, c’est l’euphorie triomphale. Parfois il y a même un thème « Flex Cam » et les gens doivent faire le geste de « j’ai des muscles ». Pas de Kiss Cam, ça doit être réservé aux plus gros matchs.
Il n’y avait pas non plus de cheerleaders dites donc, juste une fanfare enthousiaste. Grmbl.

Les Giants ont gagné (de 1 point !) et ont bien mené pendant tout le match. I
l y a eu de fort belles actions ma foi, c’était vivant et plein de rebondissements. Et quand même, c’est fichtrement impressionnant ces grandes masses qui cavalent sur cette pelouse verte en se prenant d’autres grandes masses de plein fouet et en pleine tronche. De tout en haut où nous étions, on entendait parfois le choc des casques. A chaque fois, ils se relèvent et repartent sans broncher. Au football en France, il ne me semble pas que ça soit la même soupe. (là aussi, j’avoue avoir corrigé : pas comme ces crétins de joueurs de foot qui se roulent par terre en chouinant à la moindre pichenette).
Bref, c’est très beau, et ça doit l’être encore plus dans les douches.

Il est tard, il est temps de se coucher, je terminerai demain. BONNE NUIT BONJOUR !
Toutes les photos des deux jours :
















































































