J : 8 – Salem, road trip, éclipse et paradis.

( Petite nuit, je me suis réveillée à 4h, j’ai terminé d’écrire la veille, et je me suis enfin rendormie 3h plus tard.
On croise l’autre monsieur, celui aux panneaux autoritaire, qui nous raconte que son chien s’est fait asperger par un putois, qu’il sentait mauvais, mais qu’il l’a lavé et qu’après ça allai mieux, mais pas tout à fait. C’est exact.

 

On met les valises dans le coffre, on refait un tour à Salem, pour d’abord, petit déjeuner, car c’est très important, et ensuite visiter un ou deux musée.

On se gare le long d’un parcmètre, à l’ancienne. On met des pièces et il y a un minuteur comme pour des œufs à la coque. Dans ce pays si développé, c’est rigolo.


Le petit déjeuner, c’était fantastique. Irish eggs benedict (donc, en gros : un muffins toasté, une rondelle de saucisse irlandaise, œufs pochés, sauce hollandaise, et des patates.
Les musées ? Pendant le petit déjeuner, j’ai lu de très mauvaise reviews sur la plupart des attractions touristiques de Salem (cher pour du nul), et le seul musée qui nous faisait vraiment envie, avec une super expo sur les affiches de films retro flippants, était fermé. On prend donc nos cliques et nos claques, et go Johnny go.

J’avais prévu plusieurs étapes, mais il a fallu se faire une raison, la route est longue jusqu’à Surry, il a fallu faire des choix. La seule étape conservée fut donc Holy Donuts à Portland, Maine. Car ce sont des donuts faits avec de la patate. Oui madame. Donuts patates. Mais sucrés. Mais faits avec de la patate. J’ai senti que Manu était bof emballé, pourtant, ils ont fait partie plusieurs des 10 best donuts places in the USA.

Avant ça, on a fait un stop dans un gigantesque liquor store, avec des prix imbattables sur l’alcool. C’était assez fou, un bel l’exemple de ce si excessif pays. Les bouteilles sont gigantesques, le choix est infini. On a été sage, on a rien acheté alors que pourtant, le rayon gin était beau, de même que le rayon tequila.

J’avais donc prévu une étape dans le Desert of Maine.
Une drôle d’histoire. Un peu avant 1800, la famille Tuttle s’est installée à cet emplacement. Ils ont couillé un truc avec leur plantation de patates, puis ont mis des tas de moutons, qui ont érodé le terrain, un bout de sable est apparu, s’est étendu, et paf, un désert de sable. Dans les années 1920, un monsieur a racheté la ferme pour en faire un lieu touristique. Et donc du coup, c’était payant. On s’est arrêté sur le parking, car c’était l’éclipse. Sauf qu’on n’avait pas de lunettes. Gigantesque frustration. On a fait des sneak peak, mais sinon, je l’ai regardé au travers de mon téléphone, depuis la voiture. L’avantage, c’est que la lentille faisait un effet, et que j’ai pu voir l’avancée de cet évènement fou. Mais quand même, frustration, personne ne vendait de lunettes.

Si je devais résumer l’architecture de la Nouvelle Angleterre ? Planches horizontales et maisons géniales. On croise très peu de coins pauvres. Peut-être en périphérie de certaines villes, mais sinon, on croise des grandes maisons très élégantes, avec des drapeaux américains, au cas où on oublie où on est, c’est pratique.
On croise aussi bien moins d’église que dans le sud. Il y en a mais pas tous les douze mètres. Idem, très très peu de motel. Sur les à peu près 450 kms de route du jour, on a dû en voir 3, et ce, sur les 20 derniers kms.

Il y a aussi beaucoup de lacs, beaucoup de maisons en bord de lac. A se demander si elles ne sont pas noyées par le lac s’il pleut un peu.
Ah oui car rapidement, on a quitté la route 95, pour passer par des petites nationales, c’est plus joli, plus vivant, et il y a des tas de trucs en bord de route. Des cimetières en grande quantité, hyper mignons. Des magasins à thèmes, tous plus déconcertants les uns que les autres : Pottery, Knitting, Pet grooming, Carved wooden signs, Guns and fishing… et bien entendu, les traditionnels « Antiques ». Mais on les a souvent vus un peu tard pour pouvoir s’arrêter. Ce qui est fou, c’est que quand ces magasins façon brocante, antiquité, bordel sans nom, quand ils sont fermés, tout est dehors. On est en pleine campagne, c’est désert, et tout est dehors.

Le long de la route, comme sur la route en Louisiane, je n’arrête pas de me dire que ça doit effectivement être si facile d’être un tueur en série dans ce pays. Il y a vraiment des tas d’endroits isolés pour se débarrasser d’un corps. D’ailleurs, quand je vois des maisons inquiétantes, je me demande si elle n’abrite pas le nouveau Jeffrey Dahmer. C’est idiot, mais la route est longue et mon esprit vagabonde.

 

La Nouvelle Angleterre, donc beaucoup de points d’eau, on les traverse en faisant « Ooooh » ou des fois « Aaaaaahh ». Y’a même des ponts « Pfiouuu ». Parce que c’est vraiment très très beau.

Plus on avance, moins on croise de maison, on sort définitivement des petites nationales pour se retrouver sur une routinette étroite (je ne sais pas comment ça s’appelle… don’t judge) toute vallonnée de bosse et de trous. La forêt est dense, c’est très vert, mais on croise malgré tout des tas de maison en bord de route, avec des pelouses tondues à souhait. Je crois que c’est la mode. Les pelouses tondues et les drapeaux américains.

On arrive à Surry, là où nous attend notre caravane. Pour de vrai. On dort dans un petit paradis, en lisière de forêt. Le couple qui nous héberge fait Airbnb depuis 3 ans. Il y a une cuisine et une douche extérieures, une caravane avec deux lits doubles, un jardin merveilleux, des grenouilles dans un bassin, un jardin avec des carottes que l’on peut utiliser, des panneaux solaires, du wifi, et d’après le monsieur, parfois, des putois. Il ne faut pas boire l’eau courante, parce qu’elle contient de l’arsenic. Hihi.

On est donc allé faire des courses dans le micro village d’à côté. Manu nous a fait des burgers sur le barbecue à gaz de la cuisine extérieure, on a bu des bières, et là je termine d’écrire pendant que Manu range.

Je vais donc aller faire la vaisselle, en me faisant joyeusement dévorer par les moustiques.
Demain quand il fera beau, je vous montrerai comme c’est fou, cet endroit.

 

J’apprends tout juste la mort de Michel Plessix, avant de poster tout ça.
J’ai beaucoup de chagrin, je vais faire des bisous aux grenouilles et regarder les étoiles en pensant aux jolies fins de soirée, à refaire le monde près des remparts de Saint Malo.

 

 

 

 

 

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