J : 4 – If I can make it there, I’ll make it anywhere

Derrière ce titre un peu pompeux, se cache une drôle de journée/journey.

Il faut bien le dire, les kms parcourus nous ont un peu haché les guiboles. On opte pour la thématique : Allons-y mollo. (On a finalement marché 8,5 kms – je précise parce que j’espère sincèrement que ça équilibre un peu tout le gras avalé).

On devait aller se chercher des bagel balls pour le petit dej, mais c’était fermé, donc Manu a dû retourner au Donought Project. Oui, nous aussi on trouve qu’on fait que bouffer. Mais c’est génial. Ceux qui riront moins, seront ceux qui m’écouterons geindre sur ce gras à présent installé à l’intérieur de ma personne, et que je vieillis, et que j’arrive pas à perdre, et gnagna. Ça me fatigue, d’être si préoccupée pas ces âneries. Mais ne plus se reconnaître vraiment, se sentir engoncée dans du trop plein, c’est tellement bizarre. Et obsédant. J’ai la sensation de n’avoir que ça en tête. Ce mot en anglais « self conscious » prend tout son sens. Ce n’est pas être complexé, c’est avoir conscience de son corps, mais de la façon la plus détestable qui soit.
Bref, revenons-en à nos buffles.

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On prend le métro, on va à Ground Zero.
C’est l’endroit où se trouvait les tours, c’est le monument hommage au 2752 personnes tués pendant les attentas du 11 septembre.
Tout un tas de souvenirs se bousculent. J’y suis allée petite, je ne saurais dire quand, entre mes 7 et mes 10 ans. Ma marraine Tartine (qui s’appelle Catherine, en vrai) habitait New York à l’époque, à Battery Park, et on était allé voir les tours jumelles. C’est également pendant ces vacances que j’ai découvert les hot dogs. Une révélation absolue. Je me souviens de la statue de la liberté et d’avoir tellement vomi dans l’avion du retour.
L’immensité de cette ville m’avait fascinée. La foule, les gens qui vont et viennent, vers où et quoi.
J’y retourne pour la première fois depuis tout ce temps, et dès la sortie du métro, j’ai le coeur qui se serre.
Je pense qu’on se souvient tous du jours où quelqu’un a allumé une télé, et qu’avec terreur, on a espéré que ce drame n’était pas vraiment en train d’arriver.
J’étais avec ma copine Cati, à la Halle Saint Pierre le 11 septembre 2001. Nos mômes avaient presque un an, ils crapahutaient autour de nous pendant qu’on refaisait le monde autour d’un thé. Cati a reçu un coup de fil. On est rentré en catastrophe chez elle, et on a allumé la télé, et on a vraiment espéré que ce qu’on voyait n’était en train d’arriver.
C’est avec tout ça en tête qu’on arrive devant Ground Zero. Je n’ai pas fait de photo, j’ai eu envie de faire bouffer des perches à selfie par le rectum à tout un tas de gens. Je voulais aller voir le musée, Manu a refusé, et je pense qu’il a eu raison. Je me suis félicité d’avoir mis mes lunettes de lunettes, si jamais j’ai photobombé une photo d’un touriste sans faire exprès, on n’y verra pas mes yeux bouffis.

C’est très beau, ce qu’ils ont fait, cette eau qui coule est vivante, c’est très poignant.

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On pousse la balade après avoir mangé un bout chez Shake Shack.
On fait un petit détour par une magasin de couteaux et de matériel de cuisine japonaise. On a envie de tout acheter, et de tout offrir à David Chauvel, le roi de la bonite. On s’arrête aussi au Balloon Saloon, un magasin de gadgets et de ballons gigantesques. Hihi, c’est si excessif.

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Nous nous dirigeons d’un pas joyeux vers l’immeuble mythique de Ghosbusters. J’essaye de réfléchir à quelle position idiote prendre pour faire une photo ectoplasmante à souhait. Je me demande si je suis le cerbère de la porte ou le maître des clés. Ouhloulou, j’ai hâte !
On arrive à l’adresse indiquée, on tourne sur nous même. Il faut se rendre à l’évidence : c’est l’immeuble en travaux derrière des bâches moches. WHY NEW YORK ? WHYYYYYYYYYYYYYY ?

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On rentre, en traînant la patte, on doit se reposer, car ce soir c’est le grand soir.

Comme vous le savez peut-être, mais peut-être pas, une fois par mois, est organisée une soirée ukulele à Paris. Mon rôle à moi, c’est souvent de faire monter les gens sur scène, et de les rassurer si besoin, parce que c’est toujours un drôle d’exercice, de monter sur scène, pour jouer un morceau.
En 2011, les Chauds Lapins venaient à Paris pour jouer au Paris Ukulele Festival. C’est un des premiers disque de ukulele que j’ai écouté, grâce à Capu et Ivan. J’ai chanté en boucle « Il m’a vue nue » et même qu’avec le Royal Boudoir Orchestra, j’ai parfois chanté avec eux « Nouveau bonheur », d’après la version des Chauds Lapins.
Je les trouvais formidables avant de le rencontrer, je les avais trouvé encore mieux après les avoir rencontrés, alors quand j’ai su que nous venions à New York, j’ai envoyé un petit mot à Kurt et Meg pour voir si nous pouvions nous voir. et là, magie, folie totale, Kurt me dit qu’il n’y a normalement pas de Ukulele Cabaret en été, mais comme nous venons, les organisateurs en font un exceptionnel. Bouffées de chaleur, joie ! ON VA JOUER À NEW YORK.
Ma to-do list de vie se remplie d’imprévus merveilleux.

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Donc, ce soir, c’est le grand soir. J’ai un trac fou.

On a rendez-vous au KBG BAR. Le lieu est magnifique, ambiance speakeasy. Il faut monter un escalier très haut et très raide pour accéder à la salle où nous allons jouer. Il y a même une petite scène velours rouge.

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Jason, l’organisateur, avec qui j’ai échangé par mail m’avait dit que le thème de la soirée serait « La plage », d’où la robe avec des tortues. Finalement, le thème c’est « FRENCH ».

Les participants arrivent, le public aussi, et là, je pense que ça va être difficile de décrire à quel point nous avons été accueillis, choyés et mis à l’honneur.
La soirée ne fonctionne pas tout à fait comme à Paris. Pour les Cabarets du Uke, c’est une scène ouverte, les gens s’inscrivent, et jouent un morceau. Là, les participants sont programmés, chacun fait un petit set de 2 à 5 chansons.
J’ai dû me remettre au ukulele en prévision. Manu voulait chanter « Do you know what it means to miss New Orleans », j’ai appris à faire des diminués, quelle folie.
Bref, on a quatre chansons à peu près prêtes.

La soirée débute, et très vite, je réalise à quel point notre venue a été annoncée, préparée. Les gens chantent en français, ou des chansons qui parlent de Paris, c’est formidable !
Les adorables organisateurs en chemise hawaïenne viennent à un moment me kidnapper de ma chaise, me font monter sur scène en me murmurant « just hula dance, you’ll know what to do », alors me voilà en train de mal danser au milieu d’une chanson sur les mermaids, huhuhu, c’était si drôle (en tout cas, j’ai vu Manu rigoler).

C’est à nous de jouer, on commence par « Waimanalo Blues », Manu chante ensuite « Do you know what it means to miss New Orleans », j’ai un peu fait quelques pains, mais sans jouer trop fort, j’espère que ça ne s’est pas trop entendu. Ensuite, Kurt et Meg nous rejoignent sur scène et nous accompagnent sur Wayfaring Stranger et Zou Bisou. C’est un de ces moments pince-moi je rêve. Je suis tellement amoureuse de leur musique. ❤
On avait prévu quatre morceaux, mais on nous invite à en jouer un autre, alors on joue « The Pussycat Song », une chanson qui parle de, hum, d’un petit chat. Voilà voilà. Les gens ont ri _o/ WOUHOU !
Cette soirée a été comme un giant hug. Tellement de compliments, d’attentions douces. Je suis encore toute émue. J’espère qu’ils ont vu à quel point on a été touché, et quel plaisir ça a été.

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On a traîné en buvant. Le barman -qui avait l’air tout droit sorti d’une fumerie d’opium dans Boardwalk Empire était très bizarre- avait certainement bien compris le thème de la soirée, car il beuglait des « ENCULAY, ENCULAY » en se marrant.
Kurt nous a emmené manger vers 2h30 du matin dans un restaurant ukrainien. On a mangé du bortsch et des pierogis (coucou Ivan ! <3)

On est rentré à pieds, pour prolonger un peu.
Vers 3h30, on s’est endormi comme des grosses pommes de terre. C’est n’importe quoi, ce décalage horaire.

 

Toutes les photos du jour :

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