J : 3 bis – « Sleep no more » au McKittrick Hotel.

Il fallait prendre un moment pour parler de ce qu’on a vécu.
Ça va être difficile de raconter, sans raconter.

Je vais tâcher d’expliquer ce que c’est, sans rien gâcher, pour ceux qui iraient un jour. Parce que c’est à faire, ça ne ressemble à rien de ce que vous avez pu vivre.

D’abord, c’est un peu cher, soyons transparents, entre 90 et 120 dollars, selon les jours. Mais c’est 3h de spectacle, je les redepenserais dans la minute si je les avais encore sous le coude.
C’est un peu une pièce de théâtre, qui se passe dans un immeuble. Pas de chaises pour les spectateurs, mais un masque étrange, pour se différencier des acteurs qui évoluent dans tout le bâtiment. Et là où c’est fou, ce que les spectateurs suivent l’action, vont où bon leur semble, à n’importe quel moment. Il faut de bonnes chaussures. Ça monte, ça descend. Il y a au moins 5 niveaux, qui sont tous très vastes.
Les spectateurs ne parlent pas, ça fait partie des consignes, mais on peut ouvrir des tiroirs, lire une lettre jetée par terre par un des acteurs, manger un bonbon (Hihi, coucou Patrick Baud).
Je pense que les gens qui ont fait cet expérience si à part se sentent un peu comme faisant partie d’un club privilégié. C’est un genre de Fight Club, avec moins beignes. Rien n’est dévoilable à ceux qui ne l’ont pas fait, en revanche, il y a un véritable besoin de partager, d’échanger, pour essayer de comprendre ce drôle de Cluedo live.

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Car dès le départ, nous avons été séparé, Manu et moi, je suis partie de mon côté, lui du sien. Nous n’avons pas du tout vu les mêmes scènes, mais en sortant, on a pu recouper nos lambeaux d’histoires, c’était très excitant.

En revanche, Manu a vu beaucoup plus de pièces que moi, a mieux compris l’espace.  J’ai vraiment un sens de l’orientation nul. Je me suis perdue, il y a des endroits que j’ai vus que je n’ai jamais retrouvés, Manu, je pense, a vraiment tout visité. Il m’a décrit des endroits que je regrette amèrement de ne pas avoir vu.
C’est très en miroir de nos vacances. Il nous emmène instinctivement là où on doit aller. Il a compris les rues de New York, les numéros de rue, la structure. Moi ? Pas du tout. Je me laisse porter, ou je scrute mon GPS au dessus de mon plan en pivotant sur moi même et en secouant mes bras.
C’est aussi pour ça que je ne joue plus aux jeux vidéos, Tu me colles avec mon ami dragon au milieu d’un désert avec un monstre à trouver, je peux passer trois fois devant le même cactus sans broncher, et la princesse ne sera jamais sauvée.

L’ambiance est sombre, les décors sont à couper le souffle. C’est immersif à souhait. Mon coeur a battu fort tout du long. En revanche, mon mal de crâne qui ne passe pas a un peu terni l’ensemble de l’expérience. Un peu hein, mais, ptain, c’est chiant.
L’autre point un peu relou, et je vais me détester un poil de le dire, mais les touristes japonais ne sont pas toujours très polis. On a déjà fait le constat (pardon, bonjour la généralité de merde) mais ils passent devant toi rien à foutre, te poussent rien à foutre, là ou pas là, rien à foutre, sans aucune agressivité, c’est complètement naturel. C’est pas bien grave, mais c’est un peu déconcertant.

On est rentré à pied, on s’est tout bien débriefé, tout enthousiastes, on a marché en ayant mal partout, d’ailleurs, ce matin, au lit sans bouger, j’ai encore mal partout. On va y aller mollo du trajet aujourd’hui.
En plus ce soir, c’est le grand soir !

 

Plus d’infos : https://mckittrickhotel.com/

 

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