J 11 – Quand soudain, 9h plus tard.

 

Le petit déjeuner est joyeux, on discute un peu plus avec nos hôtes que nous avons à peine vus. personne ne parle anglais, on se dépatouille comme on peut, surtout Manu. Alexey, le fils, nous raconte que la maison est très vieille, mais qu’en 1995, pendant les fêtes de Noël, un accident de feu d’artifice a fait brûler tout le quartier. Dont leur maison.

On fait une chouette photo de départ, on jette les affaires dans la voiture, et nous repartons vers la Havane pour nos derniers jours.

 

2016-08-26-10.40.02

Un peu échaudé par la crevaison, les trous de route, les mille et uns imprévus, on écoute notre voiture qui grince de partout avec inquiétude. AU bout de 50 km, un bruit s’intensifie. Flap flap flap. On s’arrête comme on peut sur le bord de l’autoroute (autopista), il n’y a pas beaucoup de voitures, mais il n’y a pas beaucoup de bas côté non plus. En vrai on est super tendu. C’est le machin type pare-boue entre la carrosserie et la roue qui se fait la malle. Manu le recale, on refait 300m, méga flap flap. On s’arrête, je vire le bordel, en l’achevant au couteau. On se pense tirés d’affaire. On redémarre, comme la chenille, et hop un autre bruit. Ah bah voilà, ce coup-ci, nous pouvons de concert constater que pour la troisième fois, nous avons un pneu à plat. C’est d’ailleurs notre roue de secours de mierda (je repense à ce garagiste qui a eu l’œil il y a quelques jours) qui se trouve présentement fendue foutue.

2016-08-26-09.41.38

On roule malgré ça jusqu’à un endroit avec de la civilisation. Un café d’autoroute, au km 232. On appelle l’agence à la Havane (qui, souvenons-nous est un peu organisée comme une queue de pelle), qui nous dit qu’ils nous envoient quelqu’un. Deux heures plus tard, toujours rien. La serveuse du café vient nous voir, pour nous demander si elle peut nous aider. On lui demande si elle veut bien les rappeler pour voir où ça en est (tout ça en espagnol, bien sûr). Ca ne répond pas. C’est pas pratique. On essaye des tas de numéro. Le tout en imaginant la future note de téléphone. Un autre gentil monsieur assez vieux baragouine des traductions en français. Il nous explique qu’il a tout appris tout seul, un lisant le dictionnaire. La classe.

 

3h plus tard, rien. Au bout de 4, enfin quelqu’un au bout du fil. C’est un peu le bordel, on pige pas tout, on doit nous envoyer une roue sui arrive de ne sais où, un coup de Santa Clara, un coup de Cienfuegos, un coup de Trinidad. Au bout de 6h, la dame a terminé son service, nous laisse son téléphone au cas où. Heureusement qu’elle était là. Peu de temps (haha) après, la dépanneuse arrive. Il est 16h. On a crevé aux alentours de 11. J’ai brodé, j’ai lu, Manu a tourné en rond, mais comme il fait très très chaud, je pense que la perspective de s’énerver trop fort fait transpirer.

 

Petit moment de flottement. Le dépanneur charge notre voiture sur sa remorque. Dans sa dépanneuse, une jeune femme et sa fille (sa femme et sa fille ?) On se demande comment ça va se goupiller cette affaire. Il nous fait monter à l’arrière. La petite fille est devant, sur les genoux de sa maman. On roule une trentaine de km. On s’arrête dans un micro village bien foutu de partout. On va jusqu’à une casse. Dedans des tas de voitures de la même marque que la notre. Des Geely. En veux-tu en voilà. Notre dépanneur ouvre le capot d’un d’entre elles en bidouillant le système électrique, et ouvre le coffre. Il récupère une première roue, et nous change celle qui est défoncée. Il va chercher une autre roue sur la même voiture, pour nous en changer une deuxième (on n’avait pas vu qu’elle était à plat, mais soit). Pendant ce temps, on regarde l’heure qui tourne, en flippant pour la route, notre réservation, rendre la voiture, etc… Il va prélever un troisième pneu, pour remplacer roue de secours). Il est 18h45. Le soleil se couche à 20h, il nous reste donc 250 bornes à faire.

2016-08-26-16.23.04

La conduite est tendue. La nuit, il y a aussi des charrettes avec des chevaux, qui secouent une lampe torche pour qu’on les voit. L’autopista est toujours aussi pourrie et non éclairée. Comme j’ai un peu peur en voiture en temps normal, j’écris la tête dans mon écran pour faire passer le temps et ne surtout pas regarder ce qui défile sous nos roues. De temps en temps, Manu prend une grande inspiration. Je sens des gros boums quand on passe un morceau défoncé. On ne met même pas de musique. Il faut rester concentré. Non stop.

 

Vers 22H, nous arrivons sur le parking de l’agence. On a hésité, mais notre casa pour la fin du séjour se trouve dans le vieux Havane (Habana Vieja), et c’est ingarable. On s’est dit qu’il serait plus judicieux de laisser la voiture bien rangée sur son parking, et re rentrer à notre hôtel en taxi, puis de revenir le lendemain pour régler les papiers, et voir comment gueuler pour ces histoires de pneus pourris. (Raconté comme ça, ça a l’air plus compliqué, mais non non, promis.)

 

Arrivés à la casa, c’est effectivement dans une des rues quasi piétonne. Nous sommes déjà passé dans ces rues les premiers jours. La nuit, elles sont dépeuplées, la journée, c’est presque du coude à coude. Alex (oui encore un !) nous accueille merveilleusement. La chambre est super mignonne, et là encore un grand miroir, pas au plafond, mais devant le lit. Ils sont coquinous les cubains. Décor parfait pour une scène olé olé dans un polar de gare.

 

On sort faire un tour, boire un coup, essayer de manger un truc. On passe au Chanchullero (qui est à deux pas, wouhou ! Mais si, le bar du début, où Hemingway n’a jamais bu un coup) mais c’est blindé, et la musique pas très bien coule à fond. Un verre et on se sauve. On trouve un mini restau italien qui n’a pas de mur ni de vitrine, je me demande encore comment ils font pour « fermer ». On prend des pâtes « timballo di pasta ». Et beh c’est super. Les pâtes sont aldente, y’a du fromage fondu, youpi. C’est 5 CUC, et on a mangé comme jamais.

Toutes les photos :

 

2016-08-26 09.22.46 2016-08-26 09.22.53 2016-08-26 09.23.04 2016-08-26 09.32.55 2016-08-26 09.38.29 2016-08-26 09.41.38 2016-08-26 10.40.02 2016-08-26 10.40.25 2016-08-26 11.04.57 2016-08-26 11.05.09 2016-08-26 16.23.04 2016-08-26 18.21.32 2016-08-26 18.29.55 2016-08-26 22.40.13 2016-08-27 00.02.25

 

 

Laisser un commentaire