Attention, journée pas super passionnante.
On se réveille à 8h pour le petit déjeuner.
La première nouvelle du matin n’est pas formidable : la voiture, garée devant la casa a un pneu à plat. Et donc nous n’avons plus de pneu de rechange. Aliuska nous aide en passant divers coups de fil. A l’assurance, au truc de location de voiture, et bien c’est parfait, personne ne peut rien pour nous. Elle se charge de demander à des mecs du quartier. Pendant que Manu attend dehors, un type lui demande du savon, des chaussettes. Manu revient en chercher et lui donne, le type lui demande donc des t-shirts, des chaussures, etc… Ça agace beaucoup Aliuska qui ponctue l’affaire par « Il n’a qu’à travailler. »
Je vais à la place wifi, pendant que l’histoire du pneu se règle. Un type a emmené la roue, il va la réparer.
Quand je reviens et au moment de partir, la maman d’Aliuska vient me chercher pour me montrer le ciel. Elle m’avait dit la veille, qu’il n’y aurait pas de lune avant très tard, et m’avait dit d’autres choses, je n’avais pas tout compris. Je regarde, il est 10h du matin, la lune est au milieu du ciel bleu. J
Départ de la casa, on remercie tout le monde fort fort, pour la nourriture, l’aide, la bonne humeur. Cette maison était très joyeuse. Nous promettons une belle review sur Airbnb, comme partout où nous sommes passés. (Je pense effectivement que ça peut faire une grosse différence… Toutes les casas ne peuvent pas se dépatouiller pour avoir internet, et compte tenu du nombre de logements proposés, Airbnb doit être un gigantesque plus.)
La roue est en place, go go gadget au départ.
Il y a deux routes possibles, une dans les montagnes, « plus courte », et une autre qui passe vers l’est pour passer par Santa Clara, avant d’aller à Remedios. Nous décidons de suivre le GPS, qui nous emmène dans la montagne. Aliuska nous avait dit que c’était très beau, mais que la route pouvait être un peu difficile.
Alors oui, la route est muy muy difficile. Ça grimpe à fond les ballons, ça descend tout pareil, il y a une rigole mal rebouchée qui creuse le bitume tout du long pendant les premiers kilomètres. On s’arrête, il y a un mirador en haut d’un bon paquet de marches, mais, étant en haut de la montagne, on se dit que ça doit valoir le coup. On grimpe, à mi-chemin, un monsieur vend des bananes, et se trimballe une mygale pour que les touristes fassent des photos. Je ne peux pas m’empêcher de me dire que ce business à cet endroit ne doit pas être super super rentable, y’a pas foule foule dans les parages…
On arrive en haut. Nous surplombons toute l’ile. Les montagne, le mer au loin, tout ces verts ! La beauté nous happe, on reste quelques minutes à profiter du spectacle immobile avant de repartir.



La route ne cesse d’être surprenante. Parfois, elle disparaît, comme scalpée. On roule sur la route épluchée en spéculant sur notre durée vie envisageable si on crève de nouveau ici. Il y a des habitations, de temps en temps un petit village. Les gens circulent, comme partout à Cuba à cheval, ou à pied. Les vautours sont partout, leurs ombres passent régulièrement sur la voiture.

Nous arrivons à Santa Clara. La ville du Che. Il y a effectivement pas mal de boutiques de souvenirs avec divers objets ornés de la célèbre photo.
Notre halte sera brève. Nous passons voir le mausolée, une immense statue d’Ernesto, quelques touristes, surtout français. Je fais une pause pipi, une grenouille me tient compagnie.
Nous voulions manger un truc, on tourne un peu pour trouver un endroit, un type en vélo nous alpague pour nous conduire à un parking, ça nous fatigue, on se casse de là.
La ville avait certainement du potentiel, on aurait peut-être dû s’arrêter un soir, mais établir un trajet de loin, c’est compliqué.
Il doit être 15h quand nous arrivons à Remedios. Nous trouvons notre casa sans peine. C’est plus facile quand il y a des noms de rue, plutôt que « Près de la statue de crabe » comme à Playa Larga. Un monsieur nous accueille, je pense la trentaine, avec ses parents (ou grands-parents ?). Nous entrons dans cette maison coloniale magnifique, pour découvrir notre chambre qui donne sur la première pièce. Le carrelage est incroyable, les meubles d’époques, c’est très épuré et très beau.
Dans toutes les casa, c’est souvent comme ça. Le devant de la maison, le beau, est réservé aux touristes, pendant que la famille vit derrière. Parfois même, il y a une cuisine quasi fictive, mais le diner n’y est jamais préparé, en général, il surgit de la cuisine familiale, loin des yeux.
Un jus nous attends, nous donnons nos passeports comme à chaque arrivée. Impossible de savoir si ce couple assez âgé sont les parents de notre hôte. Le monsieur se déplace avec un déambulateur à roulettes. C’est un homme grand, qui devait être drôlement imposant quand il était jeune. La dame est adorable, nous demande l’heure du diner. En revanche, personne ne parle anglais. On se dépatouille. Manu fait sa traditionnelle blague d’arrivée, il dit en espagnol « Mon espagnol est comme ton français ». C’est toujours rigolo.
On va faire un tour en ville. C’est minuscule. Le centre histoire est à 3 minutes de là où nous logeons. Il y a deux églises, la place est très grande, entourée par de vieilles bâtisses en très très bon état. Je pense que c’est l’endroit le plus réparé que nous ayons vu depuis notre arrivée. C’est très propre, voir chic. Nous cherchons quelque chose à manger. Une pause dans un des grands cafés de la place, ils servent des pizzas, que Manu trouve carrément pas super (un peu pizza micro onde), je trouve ça super, j’ai si faim.
Un tour au magasin, de la lotion solaire à 16 CUC en prévision de la journée plage de demain. (Oui à J 9, il était temps d’acheter de la crème solaire, hum).
Retour à la casa pour diner. Comme toujours, c’est très copieux, de la viande, des fruits, de la salade de concombres/avocats, du riz, des haricots noirs. Comme c’est notre lune de miel (Aliuska leur a dit au téléphone pour prévenir de notre arrivée), ils nous offrent une bouteille de vin rouge, avec des glaçons. C’est tellement cool mignon. Nous dinons tranquillou.
Mais là, gros coup de flippe, dans la pièce voisine, le vieux monsieur qui regardait la télé s’est levé et est tombé avec fracas en se cognant la tête très fort. On se précipite, Manu aide pour le relever. On prend de nos glaçons de vin, pour lui mettre sur la tête.
Grosse inquiétude. On a diné silencieusement, en s’assurant régulièrement qu’il allait bien. Il est parti se coucher, on nous a rassuré, que tout allait bien.

Un tour sur la place après diner, pour boire du rhum (on n’en avait pas encore bu aujourd’hui, faut pas casser cette belle moyenne.) Du coup on l’a pas cassée du tout, on en a bu vachement, en se racontant des tas de trucs, et en fumant le cigare acheté l’après-midi.
Dodo.
Toutes les photos :
Sans bouger, je sue des mains.


