J 6 – Plouf

J’écris un jour trop tard, car jour 6, nous avons bu fort tardivement, et je suis rentrée trop imbibée et à 2h du matin pour pouvoir écrire quoi que ce soit.

 

Je vais essayer de faire travailler ma désastreuse mémoire pour reconstituer la journée au plus juste.

 

On se réveille, et nous petit-déjeunons. Du jus de fruits, des œufs, des fruits (dont le fameux fruit fruta bomba qui sent le prout. Au début, on était poli, on mangeait tout en faisant des grimaces en cachette, maintenant, on laisse.)

 

Alex, le gentil jeune homme de notre casa nous a réservé une virée plongée. Au bout de notre petite rue poussiéreuse en construction, un vieux bus fait le ramassage. C’est un peu autoritaire, les européens divers sont entassés avec leur airs inquiets. Sous mes pieds, dans ce vieux school bus jaune, un trou. Je vois la route défiler.

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Le club de plongées se trouve sur la plage des détritus. On nous demande nos différents niveaux de diving. C’est très succinct. Aucune vérification, mais nous signons une décharge quand même, au cas où. On doit être une grosse vingtaine, certains ne viennent que pour le snorkeling, d’autre pour plonger pour la première fois, d’autres sont très confirmés. On remonte dans le bus une fois un numéro d’équipement attribué. Je me souviens de Kho Toa, ou Jenn, notre si merveilleuse instructrice nous lestait avec minutie, vérifiait notre matériel avec patience, c’est très différent. Très très. Admettons, on a un peu les pétoches. Ca fait deux ans qu’on n’a pas plongé. Manu a plongé 4 fois, moi 5, on ne se sent pas super prêts. En discutant autour de nous, on se rassure un peu, et je pars du principe que ça serait de notoriété publique que les gens clamsaient systématiquement en plongeant à Cuba.

Le trajet jusqu’au spot de plongée est un long moment d’introspection. Je mets mes affaires en ordre dans ma tête, je me demande si ça sera un trou dans ma bouteille ou une ceinture de plomb qui va me tomber sur la tête.

On arrive tranquillou sur une plage.

Au moment de s’équiper, je réalise qu’on a tout oublié. J’avais bien en tête le moment sous l’eau, respirer, les trucs importants. Mais comment on mets ce foutu tuyau sur cette putain de bouteille ? L’instructeur sent mon désarroi : « I help you, lady. » J’en profite pour dire « Open water, two years ago, four dives ». Dans notre groupe, deux ont plongé une quinzaine de fois, deux autres 70 fois, et une 8 fois. Ils créent un groupe, juste pour nous, les 8/4. Ça me rassure pas mal. Ils revoient brièvement avec nous les essentiels de conversation sous l’eau, nous aide à nous équiper. Plouf, à la flotte, depuis la plage.

Nos quatre plongées s’étaient faites depuis un bateau. C’est intéressant depuis la plage, la descente est peut-être plus paisible, plus subtile. Comme d’habitude, j’ai mal aux oreilles, beaucoup fort. J’ai du mal à profiter du début parce que je panique un peu, j’ai du mal à équilibrer (mes oreilles), j’ai du mal à trouver ma ligne de flottaison, je respire un peu vite et fort, et j’ai un tout petit trou dans mon gilet. On approche d’une épave, un résidu de la Baie des cochons, je reste un peu au dessus, conseil silencieux de l’instructeur quand je lui montre que mes oreilles sont pèteburnes. On a rejoint le groupe initial, on continue la balade, je me détends, Manu a un problème de respirateur trop mâchouillé par des prédécesseurs, l’instructeurs lui attrape celui de secours. Tout va mieux.

Le fond est beau, je connais certains poissons, d’autres sont nouveaux. Quelle drôle de sensation. La remontée est elle aussi très tranquille, vers la plage, d’un coup, nous voilà revenu.

Un peu de snorkeling pour profiter du fond, et on part à l’autre spot. Certains replongent, nous nous contentons de faire des bulles en surface, et on choppe les coups de soleil les plus époustouflants de l’univers. (à l’heure où j’écris, Manu dort près de moi en gémissant).

Sur cette nouvelle plage, il y a, en plus des touristes venus plonger, des cubains venus en famille pour finir le weekend. Nous l’avions déjà remarqué, ça picole pas mal, et dans la flotte. Bouteilles de rhum, bière, glacière, le concept est plutôt cool, en revanche, là encore, y’a un peu du déchet partout (dans une moindre mesure par rapport à la première plage visitée).

 

De l’autre côté de la route, une caverne remplie d’eau, avec quelques poissons, un restaurant juste à côté. S’il n’y avait pas autant de monde, ce serait vraiment magique.

L’eau est fraiche, bien plus que la mer (qui est à 29°). Je barbote un moment, pendant que Manu boit une bière fraîche assis à une table.

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Il est l’heure, le bus klaxonne comme prévu, je me demande si on n’est pas parti sans certains… oh well. Le bus nous dépose là où il nous a ramassé le matin. Il doit être 15h.

 

Dans l’autobus, on rencontre deux français, en vadrouille comme nous. Ils partant à Trinidad le lendemain comme nous, et bien hop, ce sera nous leur autobus pourri. On se donne rendez-vous le lendemain matin au centro commercial de Playa Larga.

 

Ah oui, il faut que je raconte ça aussi.

Manu a oublié son maillot de bain, à Paris.

Donc, en arrivant à Playa Larga, nous nous somme dit : « C’est comme une station balnéaire, on va trouver un magasin. »

Alex nous a donc envoyé au « centro commercial ».

C’est au bord de la route principale de la ville -ou se croisent calèches, petits chiens, petits chats, chevaux, taxi vélo, un sacré bordel- et aussi au bord de l’eau, et se compose de : toilettes, un gigantesque bar en extérieur, et un magasin, absolument quasi complètement vide. Un comptoir succinct, quelques articles sont vaguement rangés derrières la dame pas très aimable Il y a bien des maillots de bain. Deux, fluos, et taille S, et voilàààà.

 

C’est donc le Centro Commercial. C’est un lieu de rencontre surtout. Les girafes de bière se partagent joyeusement. (elles sont remplies par des canettes achetées au bar), ainsi que les bouteilles de rhum (elles aussi, achetées au comptoir). Le soir, c’est la fête. Alex, de notre casa, nous a bien dit qu’il fallait qu’on vienne et qu’on danse la salsa. Manu révise pour savoir comment dire en espagnol « j’ai été opéré du genou, je ne peux pas danser ».

 

Reprenons, on est descendu du bus, fourbus mais heureux, douche, et sieste, méga sieste. J’ai ronflé tout le reste de la journée. Manu a un peu moins dormi et a discuté un peu avec Alex.

Il en a profité pour poser quelques questions sur « comment ça marche ici ». Il a donc appris que les cubains payent 50 CUC par chambre et par mois au gouvernement quand ils ont une casa particulare, ensuite ils reversent 10% de leurs revenus chaque mois, et une fois par an, encore 10% sur ce qui reste après ce premier impôt.

 

Il fait mille degrés, on sort pour trouver où manger. J’ai un peu regardé le guide pour gagner du temps, mais on se balade un peu quand même. On explore les casas qui font à manger le long de la plage, en se faisant dévorer par les moustiques. On repasse à notre chambre pour se pshiter anti-bestioles, et on se dirige dans le restau initialement choisi dans le guide.

On a pris des assiettes mixtes : Pour moi : langouste, calamars, et crocodile. Manu : poisson, langouste et crocodile. C’était vraiment très bon, on repart contents, direction le centro commercial.

Nous recroisons nos futurs camarades de route ! Nos nouveaux copains sont donc Thomas et Wally, ils habitent Paris, pas loin de République, on a parlé voyages et aventures.

Nous avons donc fêté ce départ groupé à venir en buvant force de mojitos et de bières locales. Sur la piste, le cubaton bat son plein, la danse aussi, je crois qu’en fin de soirée, j’avais assez bu pour avoir envie de danser. Le lieu est rempli, il semblerait que tout le village soit là pour faire la fête. Nous sommes partis vers deux heure, certainement les premiers…

 

Retour à la casa, dodo instantané.

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Toutes les photos du jour :

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