Réveil et dernier matin à Vinalès, dans la maison de Omar et Mayra (et Marcus et sa petite sœur).
Manu s’est levé avec moi, comme toujours, il regardé la brume se lever sur les mogotes (les montages de la provinces de Vinalès).
Le petit déjeuner est prêt, Mayra a mis encore plus d’eau dans mon café, c’est si gentil, il est encore beaucoup trop fort, j’en ai rajouté en cachette. Elle m’a bien dit « mucho mucho agua ! »
Elle m’entend tousser, et me prépare du citron au miel. Toute la famille est d’accord, ça va me faire du bien. ❤
Omar a lavé notre voiture ( !!!), préparé des cigares qu’on leur a acheté, tout bien emballés, et puis quasi tout un régime de bananes, et un avocat, parce que Manu adore ça, et puis 4 petits citrons pour soigner ma gorge au cas où. C’était ce matin, j’écris, il est 22H, et j’ai le cœur un peu serré encore de les avoir quitté. Manu a discuté tard la veille avec Omar, ils ont ri encore, ont discuté du prix d’une voiture à Cuba (35 000 euros, quand on pense au salaire moyen qui est aux alentours de 60 euros par mois, je vous laisser calculer…) et eux, n’en ont pas par exemple.
C’est donc l’heure du départ, une longue route nous attend. On s’est embrassé bien fort, on a rangé nos affaires dans la voiture, pour emprunter le chemin qui nous emmène vers la suite.
C’est une drôle de sensation, vraiment.
On part donc, un peu tristes, on se dit qu’on aurait pu rester plus, il y avait encore des choses à découvrir.
En partant, on s’arrête brièvement sur la place à wifi, et on rajoute 3 km pour s’arrêter devant le « mural de la prehistoria ». Une commande de Fidel, pour représenter l’évolution des espèces à Cuba sur la paroi d’un mogote. C’est une grande fresque assez laide. Fidel a fait rajouter des dinosaures, alors qu’il n’y en a jamais eu à Cuba parce que c’est super les dinosaures.
Et puis la route.
Cette fois, on prend l’autopista. C’est moins l’aventure que la petite route de montage pleine de trous, mais c’est l’aventure quand même. On roule plus vite, les nids de poules sont moins nombreux, mais tout aussi conséquents quand il y en a. Il faut essayer d’imagine, d’être sur l’A20, à 110 km/h et d’un coup, y’a un ravin en plein milieu. La voiture a survécu, et c’est tant mieux.
On s’arrête, après dépassé la Havane et une petite frayeur de réservoir d’essence presque vide, pour manger un bout. Un sandwich chaud au fromage et jambon gras, et du poulet avec des haricots rouges et du riz.
La route fut moins longue que prévue, nous arrivons à Playa Larga. Tout est un peu en construction, on tourne en se perdant, on dépasse un parking rempli de bus décharnés qui amènent et ramènent des locaux à la plage. Certains véhicules sont littéralement des wagons à bestiaux, avec des petits enfants en maillot de bain à l’intérieur. Ils sont comme en cage, je trouve ça très pratique.
Nous trouvons finalement notre casa, qui est très verte. La casa Alex. Alex nous accueille très gentiment, un jus de mangue, et de la mangue fraiche plus tard, il nous montre les excurions diving/snorkeling possibles. On décide vaguement de ce qu’on fera, on dit qu’on mangera à la casa ce soir, et en attendant, un tour à la plage.

Aloooooors… le parking est en train de se vider, les « bus » partent les uns après les autres. Le parking est une poubelle. On arrive sur la plage, il y a de la musique très fort, des palmiers, pas mal de de monde, et c’est également une poubelle, et zéro touriste.
C’est vraiment le côté poubelle qui crispe un peu. On croise des jeunes qui entre eux, en nous regardant disent « Americanos. ». Bigre.
On se baigne quand même, l’eau est chaude, c’est comme se baigner dans du pipi tiède. L’eau est trouble, on est assez loin du cliché carte postalien annoncé.
La plage vraiment jonchée de détritus qui puent.
Je suis confiante, demain, on va snorkeler et/ou plonger, ça va être super.
On appréhende un peu le côté sécuritaire, et « grand groupe touristique »… Nous verrons bien.
On sort boire un verre, on revient pour manger. Alex est très gentil, il doit avoir dans les 25 ans. Il nous raconte un peu ses études à la Havane. Il nous explique qu’il faisait ses études et qu’en parallèle, il trfavaillait pour le gouvernement, gratuitement, dans l’informatique. Il (et d’autres) concevait des programmes informatiques, que le gouvernement revendait très cher. Aujourd’hui, il est comptable, pour le gouvernement, pour 19 CUC par mois, la casa particular est un bon moyen pour arrondir les fins de mois (on n’a pas osé demandé combien le gouvernement taxe les casa et comment.)
On croise très brièvement sa maman, qui, on imagine, va faire à manger. La répartition de la maison fait qu’on a « notre coin », on n’est pas du tout avec la famille, comme nous l’étions avec Omar et Mayra.
Il y a encore beaucoup trop à manger. Une soupe (délicieuse), des crudités, et puis de la langouste (un peu cuite), du riz et des haricots, de la courge, et de la banane frite. Et ouf, pas de dessert, parce que, encore une fois, c’était beaucoup trop copieux.
Il n’est pas si tard, on fume un cigare dehors, sur la route (chemin de sable) devant la maison, des chiens aboient après un crabe qui a l’air un peu paumé. Je n’ai pas très envie de sortir ce soir. Je rentre écrire, pour raconter cette journée un brin déconcertante, Manu termine le cigare, et vient me rejoindre. Il dort déjà, il est 22h30. Je pense que la conduite, mine de rien, a été assez éprouvante.
Les quelques photos du jour :











