J 2 – La Habana « No Internet in Cuba today »

 

Une nouvelle nuit dans notre casa, un nouveau petit déjeuner (en fait c’est exactement le même, sauf que j’ai pris deux œufs au plat au lieu d’un, et que j’ai mis du miel dans le lait chaud pour mon café, car décidément, je ne guéris pas bien bien.)

Ce matin, la mission : aller à l’hôtel où il y a internet et du wifi. Une gentille française nous a vendu une carte d’une heure prépayée hier. J’ai hâte de poster les deux premiers jours. C’est un peu idiot… certainement.

Internet ne me manque pas tant, le sevrage est intéressant, mais j’aime bien cet exercice annuel. Ca me rassure un peu, je me dis que j’arrive encore à m’asseoir derrière un clavier pour raconter, que ce sera l’élan qui manque pour faire des livres à la rentrée. C’est donc le seul intérêt de trouver Internet pendant ces vacances.

2016-08-16 18.26.13On décide d’y aller en taxi. Sur le bord de la route, un monsieur pas taxi s’arrête, nous dit que c’est 4 CUC (jusqu’à présent, nous avons payé 5, et on nous a déjà proposé 10) pour aller là où on veut. Comme ce n’est pas un taxi réglementaire, ça semble justifier les 4 CUC. Arrivés sur place « Four, EACH. » Haha, putain, sans déconner c’est chiant. On dit que ben non, le monsieur s’agace, on descend de voiture en donnant 4.

Je suis complètement partagée entre « hé, c’est de bonne guerre de tenter le coup » et le fait que je suis, qu’on est, un peu échaudés et méfiants.

 

On arrive à l’hôtel, on s’assoit, je gratte la carte magique, j’essaye de me connecter, en vain pendant 10 minutes. Un grand videur au sourire si gentil, nous dit d’un air désolé   que : pas d’internet à La Habana aujourd’hui. Huhu, c’est si fou. On imagine Paris avec une information pareil « Oh pardon les mecs, mais pas Internet aujourd’hui ». L’émeute, la fin des haricots, la crise de nerfs dans les bureaux. Huhu, c’est rigolo. Je ne suis même pas tant déçue.

On tente un peu plus tard une halte dans un autre hôtel, en se disant que c’était peut-être uniquement Internet dans leur établissement qui était pété. En fait pas du tout, le gentil videur du deuxième hôtel nous explique c’est dans TOUT Cuba. Huhu, c’est si fou.

Nous repartons donc en balade dans la vieille ville. Une rue touristique, avec des magasins de souvenirs. C’est très… minimaliste. Souvent, pendant les voyages, on se demande quoi ramener aux enfants, aux copains, à la famille parce qu’on ne sait que choisir. Là, on se demande quoi ramener parce qu’il n’y a rien à choisir. Des t-shirt ugly Che Guevara (à savoir, des pochoirs ratés du Che national sur des t-shirts), des aimants du Che, et euh, des poster du Che, et voilààà. Hihi. En revanche les rues sont toujours aussi folles. Les styles architecturaux se succèdent, toujours grandioses. On arrive à la Place des armes. Tout autour, des vendeurs façons brocantes, qui étalent de la vieille littérature révolutionnaire, des appareils photo hors d’âge, et quelques bibelots vieillots. Et pourtant même là, ma fibre du dimanche matin de la chine ne se réveille pas.

Au bout de la place, un petit château, qu’on a visité. Dedans, des trésors retrouvés sur des vieux bateaux coulés depuis lurette. Des maquettes, des boulets de canon, tout autour, des douves. C’est super chouette. J’imagine la joie des plongeurs, quand ils ont remonté de l’or, des pièces, des pipes et autres merveilles. Une gigantesque maquette conclut la visite, avec des explications sur son fonctionnement. C’est carrément super.

On s’arrête boire un verre dans un bar où ça sent si bon le café (Manu râle, il a horreur de ça).

L’idée, était de déjeuner dans un truc typique. Manu l’a trouvé dans un guide. C’est un grand endroit, une gigantesque cantine, avec des tas de comptoirs, un peu très roots. Il y a des sandwiches aux saucisses, des pizzas, des sandwichs au jamon, etc. Rien ne me fait vraiment envie, parce qu’il faut choisir vite et que je suis nulle en choix rapide (boissons ou bouffe). Manu prend un genre de hot dog, conclut joyeusement que c’est très mauvais, on boit nos bières fraiches en marchant sous le soleil et la poussière.

Nous allions prendre un taxi pour rentrer à l’hôtel (sinon c’est 30/40 minutes de marches en plein soleil), quand un gentil monsieur nous alpague. Plutôt jeune, la trentaine, genre. Il discute un peu, les américains sont fous, les français sont super, et il ne veut pas des sous, mais a besoin de lait, qui, d’après lui, est rationné, pour sa fille qui a des problèmes aux yeux, et qu’il doit emmener à l’hôpital après. Il nous montre des photos, elle est mignonne à souhait. Alors ok, raconté en bref, ça semble un peu zinzin, mais hé, du lait ? Pas de sous ? On est reparti dans l’autre sens, vers le supermarché pour lui acheter son lait. Je ne peux pas rentrer dans le magasin car j’ai un sac. Manu s’y colle, emberlificotage monétaire, CUC, CUP (le pesos cubain), blabla, vague négociations, le monsieur nous a embrassé et remercié dix fois, résultat, 15 CUC la bouteille de lait, le monsieur part content, et nous, on sait que finalement, on s’est grave fait enfler. 15 euros le litre de lait ? Come on Fidel.

Encore une fois, ça nous remplit pas trop d’amour pour la ville. Les négos des taxis, le lait, la vente de cigares nuls. C’est fatigant. Un peu comme à Bangkok, on est fatigué. J’ai un peu envie de dire « Hé mais on est sympa, je sais qu’on a un pouvoir d’achat dégueulasse par rapport à vous, et ça me désole…  mais ohlala… »

On trouve un taxi, on rentre, on fait une pause, on repart manger dehors, dans un bar des sports le long du Malecon (la route entre la mer et la ville). Un milkshake en plastique et un hamburger plutôt cool plus tard, on rentre faire une sieste.

 

Debout là dedans.

 

On repart au bar si chouette d’hier. Devant, on attend un peu, mais ça vaut le coup. On commande à manger et à boire. Le patron partage un shot avec nous, quand Manu commande un nouveau cocktail, le serveur déboule avec une bouteille de rhum, et remet une rasade dans son verre. La musique est chouette, c’est vraiment bon, l’ivresse joyeuse est là. Quand on a eu fini de manger, on est monté sur le toit, c’est encore le bar, on a prolongé un peu la soirée, en discutant heureux.

En sortant, on fait une pause devant un bar, on s’assoit sur un trottoir, c’est la fin du morceau, et là paf, le saxo entame Careless Whisper au saxo. Huhu. J’ai ri, Manu est consterné mais ri quand même.

On trouve un taxi, si chouette si gentil qui nous ramène à l’hôtel. On a discuté, enfin surtout Manu. C’était enjoué et mui es sympatico (manu me dicte, mais confirme qu’il ne parle pas espagnol). Mais en tout cas, on remonte nos 13 étages réjouis, on est un peu réconcilié avec la ville en allant nous coucher. J

 

Demain, c’est le départ pour Vinalès, la location de voiture, et todo et todo.

 

Toutes les photos du jour :

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Le petit bistrot où Hemingway aimait bien boire des Daiquiris.2016-08-17 11.01.01

 

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Du rhum, ah non.2016-08-17 11.08.08 2016-08-17 11.15.03

Une des pharmacie si belles.2016-08-17 11.27.56 2016-08-17 11.28.03 2016-08-17 11.28.19

Le gens se promènent beaucoup avec des plateaux d’oeufs. 2016-08-17 11.29.54

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La place des armes et la visite du petit chateau : 2016-08-17 11.35.58 2016-08-17 11.36.58 2016-08-17 11.38.13 2016-08-17 11.39.11 2016-08-17 11.41.00 2016-08-17 11.41.09 2016-08-17 11.42.12 2016-08-17 11.44.23 2016-08-17 11.47.41 2016-08-17 11.48.02 2016-08-17 11.48.56 2016-08-17 11.49.16 2016-08-17 11.49.36 2016-08-17 11.49.47 2016-08-17 11.49.58 2016-08-17 11.50.24 2016-08-17 11.51.24 2016-08-17 11.52.56 2016-08-17 11.54.00 2016-08-17 11.54.11 2016-08-17 12.00.08 2016-08-17 12.03.09 2016-08-17 12.03.41 2016-08-17 12.04.04 2016-08-17 12.05.24 2016-08-17 12.14.22 2016-08-17 12.15.53

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Boire un coup chic.2016-08-17 12.39.27 2016-08-17 13.14.33-1 2016-08-17 13.15.42 2016-08-17 14.01.15 2016-08-17 21.02.41 2016-08-17 21.03.58

Un des grands hôtels.2016-08-17 21.52.56

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