Nous sommes arrivés à Toronto après nos 8 heures d’avion au dessus de l’Atlantique.
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On a mangé du poulet en plastique et de la purée en plastique. J’aime beaucoup la nourriture d’avion, parce que finalement, on n’est jamais vraiment déçu. Ce n’est pas comme choisir un restau, enthousiaste, pour réaliser ensuite que ce n’est pas à la hauteur de la joie initiale.
Je trouve l’avion magique malgré Manu qui râlouille de l’inconfort démesuré. (Manu se tortille beaucoup en avion). De fait, les premières classes font rêver. Un jour, on sera grand et riches, et on voyagera avec les gens qui touillent leurs Martinis avec des dents de crotale en or.
Arrivée à Toronto ! Le premier truc auquel je pense, c’est que si j’avais ces cartes du monde à gratter pour montrer les pays où je suis allée, ça ferait un sacré grattage d’un coup, alors que je n’ai vu que le Pokestop du Terminal 1. (Je tiens à dire que j’y ai laissé mon Leviator, non sans émotion. Les joueurs de Pokemon Go seront ultra big up avec moi sur ce coup là.) On avait 4h30 à tuer, Manu a fait des allers-retours pour fumer des clopes. C’est un autre genre d’aventure.
Et puis on a eu faim (loin, loin le poulet purée plastique). And THAT happened.
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Je n’en avais jamais mangé. Moult fois elle me fut vantée, décrite, salivée. Elle me fut tellement vendue, que j’avais peur, si peur d’être déçue. Et bien… Je… la poutine ? Que dire… hum… c’est si formidable. Comment ai-je pu douter ? COMMENT ? Le fromage fond entre les frites chaudes, y’a la sauce brune qui fait baigner tout cet amour dans plus d’amour. On sent le généreux, je voulais qu’il neige, en plus il y avait du bacon, et je n’aurais pas dû prendre ce hot dog en plus, ça n’avait aucun sens. J’ai mangé, compulsivement. J’ai senti mes fesses enfler, j’ai senti le gras s’installer pour toujours. Adieu, veaux, vaches, concombres. Il ne faut jamais que je vienne habituer au Canada. Ce serait ma perte, à coup sûre. On me retrouverait noyée dans des flots de sirop d’érable, des frites dans le nez, les crottes de fromage me sortant par les oreilles. Rhaaaaa.
Après, on est monté dans un autre avion, encore moins confortable, je dois bien l’admettre. Et surtout, l’air était si sec. Mon angine n’a pas beaucoup rigolé. On avait soif, tout le temps. C’était comme voyager à bord d’un absorbeur d’humidité Rubson. La déshydratation, le désert du Mohave de la glotte. C’était affreux. Il était 22h30 à Cuba quand on a atterri, 4h30 en France. L’épuisement réjoui d’être arrivé.
La première chose que Manu a dite en arrivant c’est que décidément, il détestait ça (les avions, leur sièges étroits, tout), mais pas assez pour ne plus voyager. Hihi, ouf.
Aéroport de la Havane : l’attente. La torpeur moite. Il fait chaud et humide, c’est différent de l’intérieur de l’avion, et pourtant mon corps ne sait plus comment respirer. J’ai mal aux chevilles, j’avale des porcs-épics, je suis si fatiguée. Les bagages ont mis presque deux heures à arriver. Et bien, c’est long. Mais on est arrivé, et on est si contents.
Heureusement, on a eu nos bagages juste avant un autre avion, j’ai pu tirer des CUC pour que nous montions dans un taxi pour notre casa.
Info pratique : Il y a deux monnaies à Cuba, le CUC, qui est la monnaie des touristes et le pesos cubain. En gros 10 CUC = 9 euros, et je crois bien 1 CUC = 25 pesos cubain.
Mes deux merveilleuses copines du travail Hélène et Charlotte qui sont revenues il y a peu de Cuba m’avait déjà un peu expliqué qu’il y a certaines choses qu’on ne peut pas acheter avec des CUC, comme par exemple, les jus de fruits sur les petits stands de rue, cela vaut quelques pesos cubain… Elles m’ont confié leur reste de cagnotte, nous avons donc une longueur d’avance, je vais pouvoir boire plein de jus des petits stands _o/
On trouve un taxi, on ne demande même pas le prix, ça ne m’a même pas inquiétée. Il y a environ 30 minutes de voitures, il est aux alentours de minuit, je regrette qu’on ne parle pas du tout espagnol, le voyage est silencieux, emprunt de fatigue, ponctué par ma toux sèche. Nous découvrons la banlieue de la Havane. C’est vide, de gens, de voitures. Je crois que sur le trajet, nous avons à peine croisé 8 voitures. 8 vieilles voitures américaines, hors d’âge et hors du temps. Il y a des gens dehors, qui font du stop ou qui attendent le bus. On arrive enfin en bas de notre grand immeuble. Notre casa est au 13ème étage d’un immeuble. Lilly nous accueille, je l’ai prévenue depuis Toronto par mail qu’on serait là surement un peu tard. Elle me remercie de ce mail, elle parle très bien anglais. Rapidement, elle nous montre notre chambre, on a un frigo, un bouteille d’eau d’accueil, le petit déjeuner est proposé en plus, comme dans toutes les casa, la perspective me réjouit. On a une clim qui fait un bruit de tempête, deux fenêtres nous montre la ville la nuit, c’est déjà si fou.
Une douche pour rincer le trajet, et en 17 secondes, on dort.
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