J9
Plouf.
Nous avons mis le réveil à 7h, pour pouvoir profiter de la journée, de la vie marine.
Vers 5h30, le tonnerre gronde, les éclairs font des flashes partout autour de notre petit bateau.
J’ouvre un œil en grand. Et je compte.
FLASH, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 9 ,10 BROUM !
Notre petit bateau ne tangue pas, mais du ciel tombent des baquets d’eau.
FLASH, 1, 2, 3, 4 BROUM !
HII, c’est moins loin hihi.
Je ris moyen parce que ce matin, on avait prévu d’aller se renseigner pour aller plonger. Plonger pour de vrai avec des bouteilles.
FLASH, 1 BROUM !
Haha. Les questions métaphysiques rationnelles se font une place sous la couette « Y’a un paratonnerre sur un bateau ? »
Et j’ai envie de faire pipi, ça doit être le bruit de la pluie qui tombe sur la mer mouillée.
FLASH BROUM !
Haha, pinaise, c’est juste au dessus.
J’en profite pour vaillamment regarder Gotham, en écoutant la pluie, et Manu qui ronflote.
Vers 8h30, on s’extirpe. Il fait un temps incroyable, le soleil cuit le sable ratissé de notre petite plage. Le bateau est sec, c’était comme une mauvaise farce, cet orage.
J’appelle le truc de plongée, en fait ils sont sortis malgré la tempête. Visiblement, c’était juste au dessus de notre bateau, mais pas là où ils allaient. Je regrette amèrement de ne pas avoir appelé plus tôt : au milieu de tout ce merveilleux vacancier, c’était l’activité qui me tenait le plus à cœur. La perspective de replonger, avec notre diplôme d’il y a un an n’était déjà pas très rassurante… Là, ça veut dire que quand on replongera, on ne coupera pas à un cours de rappel. Oh well. Il y a des tas d’autres choses à faire au paradis.
Derrière notre bateau, il y a des kayaks et des stand-up paddles à disposition. Il est tôt, ils sont encore touts là, personne ne les a encore emprunté. A NOUS LES GROSSES RAMES ! (La mer est lisse comme une fesse plate.)
Quand je me suis renseigné pour la plongée et le snorkeling, J’ai lu que les fonds sont intéressants et beaux quand on a un bateau. Effectivement, paddlant et kayakant, on peut constater qu’il a beaucoup d’algues chevelues sous nous, mais c’est tout. On se croirait dans La nuit du chasseur.
On fait un tour d’une heure, Manu a trouvé une noix de coco, et j’ai fait de mon mieux pour ne pas tomber de mon paddle pile quand y’avait des méduses. On est vraiment une sacrée équipe.

Je réserve un snorkeling tour à Pennekamp pour cet après midi. On se balade un peu, je bois un café, et zou.

C’est un parc naturel protégé, là aussi il faut payer pour entrer. A l’intérieur, il y a tout un complexe, avec de la plongée, du snorkeling, des locations de bateaux, de kayak, etc.
J’ai réservé un long tour de 4h30, ce n’est pas beaucoup plus cher que le court (38$ au lieu de 30), on devrait visiter trois endroits. Youpijoie.
En attendant l’embarquement, on regarde des aigrettes idiotes qui boivent n’importe comment, et on grignote un sandwich en plastique.
C’est le départ. On embarque avec Captain Jorge, et son fier assistant Bob. (j’ai oublié son vrai prénom, appelons-le Bob).
Les gens qui partent avec nous sont tous très différents, des jeunes couples, des très vieux, des gens tout seul, des familles, mais malgré tout, nous ne sommes pas très nombreux.
On part au premier spot, qui s’appelle Regions Reef (je crois, appelons-le Bob sinon). L’eau est à 30°, c’est très confortable. Il y a des grandes algues, des coraux partout, dont ceux qui ressemblent à des gros cerveaux. On a nos super masques qui tiennent tout le visage, sans tuba à part. C’est vraiment merveilleux pour rester en surface, en revanche, dès que l’on veut aller un peu plus bas, aucun souci de rentrée de flotte, mais impossible de se possible de se boucher le nez pour égaliser. Du coup, les oreilles font pas mal mal.
C’est très, très poissonneux. Des poissons perroquet, des poissons je sais pas trop mais beaux, des poissons en bande, des bancs de poissons. Assez rapidement, on voit deux gros barracudas, voile sur les filles, tout ça, tout ça. C’est terrible, ces animaux qui ont un délit de sale tronche. Le barracuda, il a toujours l’air fâché, un peu prognathe. C’est un peu comme les murènes qui font le chat qui feule mais sans un bruit, et sans discontinuer. Si ça se trouve, c’est très sympa, un barracuda, barque sur le Nil.
Deux petites raies brunes, ultra mignonnes sa bagarrent un peu tout au fond, les coraux se font grignoter par un peu tout le monde. Ah ce qu’on est bien, quand on est dans son bain.
Le bateau nous remonte, on se met en route pour un spot, juste à côté. Le capitaine nous indique l’endroit. J’ai fait une video du moment où l’on découvre cette merveille de merveilleuse idée. On l’appelle le Christ des Abysses. C’est une statut de ce bon vieux Jésus, qui doit avoir des sacrées crampes à fort de chatouiller son dessus de lui.
C’est le troisième qui sort du moule orginal. https://fr.wikipedia.org/wiki/Christ_des_Abysses
On se laisse envahir par la magie. Malgré notre athéisme excessivement conséquent, la présence de la statue donne une autre aura au lieu.
Nous laissons le reste du groupe virevolter autour de Bob, euh, de JC, et on continue la balade.
Une autre rencontre incroyable : une raie, une gigantesque raie, qu’on a pu suivre du dessus pendant quelques mètres. Je suis très émue, je n’en avais jamais vu une si grande, ou de cette espèce d’ailleurs. En anglais, ils disent stingray, je ne sais pas trop comment traduire.
Je finirai de vous raconter, et je relirai demain, je tombe de fatigue.
5h41 FR/23h42 US.
J9 suite
Je poursuis la raconterie depuis mon lit.
Ce matin, c’est de nouveau la tempête. La tempête un peu flippante. Il est 5h30 du matin, le bateau tangue, cogne et bouge. La petite porte de la salle de bain s’ouvre toute seule, et on est éclairé par intermittence grâce aux éclairs furibonds.
Je vous dis adieu tout de suite, et je termine hier vite fait.
J’en était donc à ma grosse raie enthousiasmante.
On a vu des mérous aussi.
Autour de Jésus, il y avait beaucoup de courant, au troisième spot, il y avait aussi du courant, et de bien grosses méduses. Quelques petites frayeurs paniques. Dans l’eau, ce n’est pas seulement devant, à droite à gauche qu’il faut vérifier, le danger vient de partout. On s’est fait piquer par des petites, mais rien de grave. En revanche, une dame de notre bateau avait le bras tout plein de grumeaux, comme si elle était tombée dans les orties. La douleur n’avait pas l’air fulgurante et ouf alors.
On rentre au bercail, le parc ne pas tarder à fermer ses portes.
Nous sommes rouges vifs de derrière. Nous avons été fort attentif à notre capital soleil pendant toute les vacances, mais bien entendu, le jour où on fait la morue morte flottante pendant 4h, on n’a pas mis un soupçon de crème solaire. Avec les piqures de moustiques, on est beau comme des feux de signalisation.
Un bref passage pause au petit bateau et on va manger. Il se trouve que Mrs Mac’s Kithen a un autre restaurant. L’appel de la Key Lime Pie les amis…

On a tous les deux pris des paniers de poisson/crevettes/homards frits. C’est TELLEMENT bon ! On est dans un coin de pêche ici. Sur le menu, il est même stipulé que l’on peut amener sa pêche, qu’ils le cuisineront. Quel beau pays quand même.
On file boire un verre au Caribbean Club. C’est le bar où a été tourné le film Key Largo.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Key_Largo_(film)
https://en.wikipedia.org/wiki/Caribbean_Club
Un cocktail et demi plus tard, c’est tout foutu mais heureux qu’on rentre se coucher.
12h01 chez vous/06h00 sous la tempête.
En en bonus, un coucher de soleil où je suis arrivée un peu en retard.








