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Une journée excessivement joyeuse et excessive.

Après la longue journéed’hier, une petite pause sans urgences était bien méritée. J’ai traîné au moins jusqu’à 7h du matin, et j’ai petit déjeuné du banana bread homemade par tante Tartine. ❤
En vue du mariage l’année prochaine, je farfouille depuis quelque temps déjà pour trouver des petits paniers rouges de dinner américain pour faire des corbeilles à pain. Je vous l’accorde, ce n’est pas passionant, mais, hé, il se trouve qu’étant actuellement aux Younailleteude Staytsse Ove Amerika, c’est indéniablement l’occasion ou jamais de tenter de trouver ça à un prix affriolant.
C’est fou comme ça tombe bien, que mon Uncle Jack a la carte d’un magasin grossiste pour restaurant. LA JOIE. En plus, il va y avoir des tas de trucs en quantités excessives, ça me réjouit complètement.
Après les world’s coldest beers, la découverte de la meilleure herbe à chat de l’univers ce matin, je suis pas mal impatiente de voir enfin the biggest amount of food you’ll ever see. Oh, je suis prête.
Hop, dans la voiture, après des petits coucous enthousiastes aux lézards du jardin. (Ils sont ultra mignons, je pense que ce sont des petits machins de la famille des anolis, il faudrait que je vérifie).
Cette expédition bouffe a décidément un thème, puisqu’en route, nous croisons un bon gros tas de vautours en train de manger une charogne de bas côté. Et nous sommes en ville, dans un quartier chouette, aux pelouses fraichement tondues. Et donc, ici, à la place des pigeons, y’a des vautours. Quand je vous disais que c’était un pays excessif.
Attention, c’est l’heure de la récré ! On arrive à Restaurant Depot. (il faut une carte un peu comme à Metro en France.)
On commence par la partie « nourriture fraîche ».
À l’entrée du rideau de plastique lourd, des blousons orange qui tiennent chaud. Je fais la maline un peu, Uncle Jack m’a dit de prendre un pull, j’ai un gilet épais comme une mue d’escargot. Je passe le fameux rideau de plastique lourd. Je fais instantanément demi tour, car, figurez-vous que l’on se déplace dans un gigantesque frigo. Un hangar frigo. C’est-su-per-cool. Des fromages entiers démesurés, des seaux de yaourt, des plateaux de bacon… tout le frais est là, en fois mille.

On se balade ensuite dans les allées. C’est un fournisseur de restaurant, et effectivement, dans ce contexte, tout a du sens. Mais quand on se promène en consommateur lambda comme au Franprix, c’est très rigolo.

J’ai finalement trouvé mes paniers, ainsi qu’un zesteur très bien et un gros paquet d’épices pour faire du gombo, frotter de la viande, ou autre.
Si j’avais eu de la place dans mes valises, j’aurais pris des tas de trucs, les gros gobelets rouges si traditionnels, des plateaux gigantesques, des enseignes « OPEN » qui clignotent à l’entrée de tous les restaurants américains.
Prochaine étape : un magasin que j’ai trouvé sur internet, qui se trouve dans le vieux quartier de Tampa : YBOR. https://fr.wikipedia.org/wiki/Ybor_City
C’est très joli, effectivement bien moins neuf que les grands axes sur lesquels on se perd un peu depuis quelques jours. On passe devant plusieurs boutiques où des dames roulent des cigares à la main. C’est l’endroit adéquat pour en acheter, c’est très beau à regarder. La découpe minutieuse des feuilles, le roulage, et le résultat final.
(Je n’ai pas osé déranger la dame qui travaillait avec mon appareil photo de touriste.)

La rue est peuplée de bar, de tatoueurs, des magasins que l’on appellerait bobo à Paris. Mais ici, il y un autre arrière goût d’authentique, tout fonctionne.
Nous arrivons au magasin recherché qui s’appelle. Attention : LA FRANCE.
C’est un magasin de fripes (et de vêtements neufs) vintages. Je pousse des petits cris réjouis. Les vêtements de toutes les époques sont emballés dans du plastique et mis sur des cintres. Au plafond, il y a des jupons et des chapeaux, sur les étagères, des chaussures et des bottines. C’est un arrêt dans le temps, de plusieurs époques. Je sautille un peu, c’est ridicule, d’autant que je capitule un peu face aux tarifs, qui sont eux aussi, très français. Aheum.

Je jette tout de même un œil aux robes de mariage, histoire de.
Nous allions partir quand une dame m’interpelle « Oh, so, when are your getting married darlin’ ? I may have something for you. What style are you looking for ? »
Dans toute ma franchoullardise, je dis que non merci, ça va merci, mais merci.
Tante Tartine intervient. « Mais si, c’est pas idiot, comme ça tu verras dans quoi tu te sens bien. »
« Ah ? Mais je veux pas l’embêter, je vais rien prendre, du coup bon. »
« Oh si, c’est fun ! »
C’est vrai que c’est rigolo. On entame la valse des robes. Je lutte mollement à la première, je n’avais étrangement pas prévu de vivre ça. D’essayer des robes, de partager ce moment. Je ne veux pas faire gnagna comme c’est triste, mais de fait, l’absence de parents résout considérablement un certain nombre d’enjeux quand il s’agit d’organiser un évènement comme celui-là.
Et bien, c’était très émouvant, ma marraine Tartine qui me remonte mes fermetures éclairs, qui s’enthousiaste avec moi, qui négocie les prix avec les très gentilles dames. Et bien, je crois que j’avais besoin de ça.
A la deuxième robe, on me prête un jupon, pour la mise en situation. Elle était à deux doigts de me prêter des chaussures pour voir comment ça fait.
Un monsieur qui accompagnait sa copine pour un autre choix de robe de pas mariage, me fait un compliment gentil. ❤
Ca me refait penser qu’à New Orleans, en rentrant à notre hôtel le dernier soir, j’ai trébuché devant un groupe de gens en train de fumer des joints, et je me suis fait très mal à un orteil. Ce groupe un peu louche m’a immédiatement demandé « Are you ok, love ? You have a good night. » ❤
J’aime les gens ici pour ça. On se parle plus facilement, même si c’est furtif. Il y a moins de méfiance. Certains diront que c’est superficiel à souhait. Mais hé, dans cet échange, chacun a conscience que c’est sans lendemain, mais il n’empêche que profiter du moment en cours de façon agréable, et ben c’est pas con.
(Et sinon, oui, j’ai acheté quelque chose, ils sont forts. <3)
On a diné dans une New York pizzeria. Ce restau n’ayant pas de licence pour servir de l’alcool, nous avons pu amener nos bières. C’est tout de même ultra pratique.
J’ai également appris pendant ce diner qu’il y a tout un débat sur l’eau de New York qui rendrait la pâte à pizza meilleure, ainsi que les bagel, et que certains restaurant sont prêts à en importer partout dans le pays pour être à la hauteur des pizza de Big Apple.
C’est très bien, tout ça.
Dernière escale avant dodo, un bar irlandais, histoire de boire quelques bières avec mon cousin et son roommate.
On a encore plein de trucs à faire, mais surtout, je dois aller dormir, demain, tante Tartine fait des pancakes à la banane.
6h48/00h48.




































