J4
Walk this way, sweat this way.
Ça devient un fait établi, Manu ne se fera pas au décalage horaire. Un peu avant 6h, je l’entends se mouvoir dans la chambre. Je plonge dans les coussins moelleux, il s’habille et sort, je reste en boule, dans l’espoir de retrouver un bout de nuit.
Bon, c’est raté. Je farfouille donc internet pour voir ce qu’on l’on peut faire aujourd’hui.
Je fais une petite liste, je prends une douche, Manu revient avec mes 12 litres de café, et on se met en route.
Le diner de la veille étant un peu décevant, j’ai cherché où on pouvait breakfaster sympa. Ce n’est pas très loin, mais avouons-le, on est un peu vieux, pas super sportifs, j’ai mal partout, on geint sympa, mais on geint un peu quand même des courbatures de la veille. Du coup, on prend un streetcar (le tram d’ici) pour remonter un bout de rue jusqu’au restau. Ca s’appelle « Ruby Slipper ». Ils expliquent sur leur site, qu’après Katrina, la seule chose q’ils avaient en tête c’est « There’s no place like home ». Petit déjeuner, et le Magicien d’Oz, ça me parle à fonds les ballons.
On entre, ça ressemble à un grand diner (dailleneur). On jette un œil à la carte, on prend la spécialité « Eggs and cochon ». (aigze èhnde cothonne).
On n’est plus dans mes madeleines, mais petit Jésus mignon que-c’est-bon. Des biscuits (oui comme dans le biscuits and gravy), au dessus, du pulled pork parfaitement cuit, par dessus, des œufs pochés parfaitement cuits, avec une sauce par dessus, parfaite tout court. J’avoue, j’ai fait MmMMmmMmmMmmm.

On reprend le streetcar vers les cimetières. 20 minutes de trajet, pour découvrir des bouts de la ville un peu éloignés du coin plus touriste.
Je me suis donc endormie : digestion-torpeur-on roule. Oups.
On a fait un petit tour, il y a effectivement un quartier entier de cimetières. On a pris quelques photos. Bizarrement, ça me dérange moins que de visiter des temples, ou des églises. J’ai moins la sensation de déranger. Même si je ne crois en rien, si les religions me fatiguent par leurs excès, j’ai toujours du mal à, par tourisme, rentrer dans les lieux saints pour faire l’andouille en sandale.
Les cimetières sont vides, aucun risque de déranger un chagrin. C’est très beau, il y a pas mal de tombes abimées, alors que les cimetières sont plutôt neufs. A New Orleans, les morts sont enterrés plutôt en hauteurs, à cause des inondations. Ca évite que les cercueils remontent et fassent du bordel.
On repart dans l’autre sens, ce coup-ci je profite plus. On retrouve la vraie vie d’une ville. (Par exemple, personne ne circule en taureau éléctrique). Bien que là, c’est surtout des notaires, des avocats et des dizaines d’églises. (ils ont un truc, avec les églises).
On repart en vadrouille shopping. Sur la route, on croise des tas de panneaux « World’s Coldest Beer », «Best Pralines you can ever taste » « World’sbest baked ham »: Y’a une récurrence de la perfection assez zinzin. On hésite à se déguiser en contrôleurs pour faire des blagues « On vient vérifier la température de la bière. Mmm. Non, ce n’est pas la plus froide. Enlevez-moi ce panneau immédiatement. »
Ahlala, on rit, on rit.
Manu fait un stop au Pepper Palace pendant que je regarde des habits. (Oui ben chacun son truc, zut)
Je le rejoins. Il fait une drôle de tête. Une dame est en train de lui coller un autocollant façon Dora l’exploratrice « You did it ! » sur son t shirt. ( ???)
Il fait vraiment une drôle de tête, ça m’inquiète. Il sue pire que dehors alors que la clim est réglée sur 4 degrés. La dame m’explique qu’il a goûté la sauce la plus forte qui existe au monde. Il a signé un papier expliquant qu’il la goutait à ses risques et périls, et qu’il a bien plus de 18 ans. On va laisser le truc des contrôleurs du coup.
Ca a l’air terrifiant. Il n’a jamais rien mangé d’aussi fort. Je l’embrasse, avec légèreté, pour réconforter. Bon sang, ma bouche brûle aussi. Je n’ose même pas imaginer ce que ce truc donne en contact direct. Je ris (et je le plains un peu), mais je ris.
ca doit pouvoir servir à des tas de trucs. Cautériser des plaies béantes, anesthésier des mâchoires pour arracher des dents, faire de la soudure aussi.
On continue la balade, encore une grotte du père Noêl, avec TOUT !!! Des boules de Noël My Little Pony, Game of Thrones, Minions, encore des Mermen… c’est complètement fou. Les prix me désolent un peu. Pour faire un arbre à thème, il faudrait un sacré budget.

On shoppe, on essaye de trouver des petits cadeaux rigolos à ramener, c’est pas facile. Ca me fait un peu toujours le même effet quand on voyage. A Venise par exemple, en arrivant, je me suis dit « Wooo, c’est TROP ringard les gars, vos masques à la con ». Et au fur et à mesure… La quantité, le visuel récurrent… « Oh tiens, on prend un masque pour les enfants, c’est marrant ». RHAAA.
Bon là, on est un peu en terrain conquis, des trucs vaudou, des têtes de mort, des crocodiles, des trucs de musique, youpiyayé quoi.
On a visité quelques galeries qui exposent des trucs super. Je vous donne le nom des artistes qu’on a beaucoup aimé (j’en ai noté que quelques un). Brian Cunnigham, Scott Hoves, et Molly Mcguire. La dernière, en particulier, a fait un tableau assez fou, un peu freak show, avec des Bearded Oysters. Il y a bien des repros signées, mais c’était tout de même 300 dollars.
Je vous laisse jeter un œil : http://tresorgallery.com/molly-mcguire/ (ultra fan)
DES HUITRES BARBUES QUOI !
Petite pause déjeuner vers 16h, au Dat Dog. Il y a des saucisses de tout. Moi j’ai pris Guiness, et Manu, canard. C’est un épatant hot dog, voilà.
On s’est trainé lamentablement sur le chemin du retour, avec une pause chanson près du Mississipi, en regardant des gros bateaux passer.

Une dernière pause au B.B. Blues Bar où l’accueil est chaleureux.
Il est rigolo de notifier que la petite bière, c’est une pinte. La grande n’a aucun sens.
D’un coup il est 18h, je m’allonge sur ce lit, en me demandant comment je vais bien pouvoir faire pour me remettre en position debout.
J’ai un peu regardé la télé. Horrifiée. Un bref passage de télécommande, et paf, une émission avec des ados de 13 ans hystériques qui couchaient avec des vieux pour de l’argent, et l’émission décide de les remettre dans le droit chemin en les envoyant en prison. Là, des femmes prisonniers leur font peur en beuglant : C’est Orange is the new black, c’est pathétique. D’autant que le présentateur, un certain Maury, invective le téléspectateur pour qu’il appelle un numéro et donne son avis sur l’avenir de ces jeunes filles :
« Call Maury if you think those teenage gils can turn their lifes around. Plus you’ll get some special offers ! » Au secours, help, omg.
Je change, et je tombe sur « Naked and afraid ». C’est Koh Lanta, mais dans des lieux pires, à poil, avec que des cons, et une belle morale à la fin. 40 jours à en chier et à gerber d’avoir bouffé n’importe quoi. Quelle épatante idée d’émission.
Je zappe encore, c’est une pub pour un monsieur qui paye des cautions et son site web s’appelle Nolajailsucks.com. C’est bien trouvé, ça aussi. Je tente un dernier coup, et là, une émission féministe. Une table ronde de gonzesse qui font genre elles en ont dans le pantalon, et balancent des phrases utiles à un public féminin conquis : « We make men think they are in control » (rire), (rire), (rire). « Your man knows : happy wife, happy life ». J’ai tenu deux phrases de plus, et j’ai brossé mes dents.
J’aime beaucoup me brosser les dents, ça me détend.
Fin de pause rien faire, on file diner au Gumbo Shop, pour manger, du…gumbo ! Le gumbo, c’est fait donc avec des okras. C’est.. euh.. je sais pas trop comment décrire. Une viande ou des fruits de mer, cuit avec donc, des okras (ce qui donne un léger côté gluant très sympa) et hop. Ca fait un truc en sauce, qui se mange avec du riz, et c’est super bon. Voilà, voilà.
Ce soir, on voulait éviter Bourbon Street. Dans mes farfouilles matinales, ils avaient l’air de dire que sur Frenchmen (le nom d’une rue), la musique est moins Sweet Home Alabama. On se dirige vers le Bamboulas (http://www.clubbamboulas.com) , on a pile poil une table juste devant. Il n’y a pas trop de monde, il n’y a pas de serveuse qui font boire des shots entre leurs nichons, et pas de rednecks ivres morts qui font des selfies. Il est très bien cet endroit dites donc.
Ils sont trois dans le groupe qui joue. Une trompettiste chantant, une guitariste chanteuse ULTRA douée, et un contrebassiste. Ils s’appellent les Messy Cookers Jazz. C’est vraiment chouette, ils sont jeunes et pétillants, ils jouent des vieilles chansons qu’on aime et qu’on connaît.
Le groupe d’après, ce sont les NOLA Swinging Gypsies, et c’est épatant aussi. Derrière nous se forme un petit groupe, de jeunes gens très beaux, avec des pantalons à vieilles bretelles, des costumes à rayures, des moustaches qui rebiquent. Les filles sont en robes qui tournent, les chaussures ont des talons, mais pas trop hauts. Ils dansent. Ils swinguent. Je suis si jalouse et si remplie d’admiration. J’ai pensé fort à Steph, qui aurait adoré être là en brillant de mille feux. Il faut vraiment que je retente de m’inscrire, ce sera certainement trop tard comme les trois années passées. Les couples se forment et se défont, ils ont une énergie épatante.
On prend le chemin du retour, demain, c’est 1000km dans l’autre sens qui attendent Manu qui conduit tout seul pendant que je pique du nez (et c’est pas rien, avec mon appendice). Il dort déjà, je vais rincer cette journée, il est 23h43 ici, 6h43 chez vous, bande de coquinous.
Bisous



















