Les Knocks de Grand-Mère de Carantec

 

Pour ce premier épisode des recettes mystères résolues, je profite de mes vacances en Bretagne pour partager avec vous : les KNOCKS.  Attention, ceci n’est pas un dessert. (là par exemple, ça accompagnait des paupiettes, avec un genre de sauce osso bucco).

Les knocks, on en mange depuis toujours, à chaque vacance chez mes grands-parents.

Arrivés dans l’assiette, ça fait une masse jaune et ferme, type gros spaetzle passé au beurre, du coup un peu grillé, et surtout, c’est SUPER BON. Même ceux qui n’aiment rien, aiment ça, c’est dire.

Je dois bien avouer que je ne sais pas comment ça s’écrit. C’est une de mes madeleines de petite fille, mais ça se prononce plus que ça ne s’épelle.

Alors, le truc, c’est que ma grand-mère, quand elle fait la cuisine, et qu’elle explique, ça donne à peu près ça :

« Oh tu sais, hein, je fais pfiout, et hop. Au pif. »

« Ah bah super, et comment je fais moi ? »

« Ha ha ! »

Alors j’ai rusé. « Haha bien qui hahara la dernière »

J’ai acheté ce qu’il fallait. Ma prospection se compte en année. Je connais les ingrédients.

-De la farine.
-Des œufs
-De l’eau
-Et surement du beurre, ma grand-mère utilise beaucoup de beurre.

Oui bon, ça a pas l’air foufou, mais par exemple, on aurait pu y trouver du lait ou de la crème, de la poudre magique, que sais-je, quelque chose qui justifierait cette merveilleuseté.

C’est finalement la simplicité l’emporte.

J’ai attendu que grand-mère s’agite à l’étage, et j’ai mis, allez, paf, 500 gr de farine dans un grand bol. Et j’ai pris un air perplexe, actor studio, et j’ai attendu.

Elle est descendue.

« Dis donc grand-mère, pour les knocks, je mets combien d’œufs, j’ai mis 500 gr de farine. »

« Oh tu sais, hein, je fais pfiout. Au pif. »
Faut que je revoie ma stratégie.
« J’ai mis genre, ça, tu vois, en farine. » (J’indique le bol mesureur en cachant les chiffres.)
« Oh bah tu mets 3 œufs. »

Je mets 3 œufs.

« C’est un peu épais, là non ? » (C’est foutrement épais)
« Oh oui, remets-en un. »

Je touille.

« Tu peux rajouter de l’eau maintenant. »

J’ai mesuré ¼ de litre d’eau en cachette pour avoir une base, et j’ai versé petit à petit, presque au pif.
Bon finalement, j’en ai trop mis, de l’eau.

« Ah, c’est trop liquide, ton bazar. »
J’ai vu, rhoo.

Alors j’ai rajouté de la farine, et ça y est, c’est élastique et liquide à la fois. Je sens la magie, je sue du beurre, et je rajoute une pincée de sel.

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Je mets une grosse casserole à bouillir, un filet d’huile dedans, et un peu de sel.
J’ai pris deux cuillères : de la pâte dans une, l’autre pour pousser la pâte dans l’eau.
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Plouf.
Je recommence.

Plouf.

Plouf.

Plouf.

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Il ne faut pas croiser les effluves. Enfin, il faut espacer les ploufs, sinon, ça va faire un gros pâté de knocks.

Une fois qu’elles remontent à la surface (il faut parfois vérifier que ça n’a pas un peu accroché au fond au moment du plouf), il faut les retirer, et « réserver ».

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Quand la pile est belle, il faut mettre beaucoup trop de beurre salé dans une poêle, et les faire griller dedans. C’est prêt. (J’avais bien dit que y’avait du beurre.)

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A la fin on se dispute pour savoir qui aura à la dernière, et c’est très bien.

Pour résumer :

-500 gr de farine.
-4 œufs
-100ml d’eau
-1 pincée de sel
(Rajuster l’eau ou la farine pour que ce soit élastique et sympa)
-Une casserole d’eau bouillante + un peu d’huile + une pincée de sel
-Une poêle avec beaucoup de beurre.

C’est fastoche, mais magique.

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