Réveil tôt, la route pour Hana est un incontournable de Maui. C’est une longue route, de 36 miles, qui longe la côte, traverse la montagne, pour arriver à la petite ville de Hana.
On fait un stop dans Paia, pour prendre des sandwichs. Ils proposent des Hana lunch pack, un chouette sandwich, un paquet de chips, et un cookie. J’ai rajouté un smoothie, pour l’énergie.
Et c’est parti mon i’iwi.
Farida m’a prêté son livre “Maui revealed”.

J’aurais voulu bosser avec eux, ils sont bien rigolos ces gens qui écrivent le livre. Mais surtout, sur la route de Hana, y’a des tas de passages cachés qui mènent à des endroits plus ou moins secrets. Je ne suis pas la seule à avoir le bouquin, d’ailleurs il était vendu à la boutique de sandwich, mais tout de même, c’est utile.
La route a des miles markers tout du long, ce sont nos repère dans le livre pour trouver où s’arrêter, et où s’engouffrer.
La route a été super pourrie très longtemps, il fallait un 4X4, mais depuis quelques années, c’est goudronné. Ca ne veut pas dire que c’est une route facile, il y a beaucoup de petits ponts avec une seule voie, des virages très nombreux et très étroits. C’est pas une route où faire le kéké.
Avant notre premier véritable arrêt, il y a bien entendu des stops pour regarder le paysage incroyable, la canopée infinie, les pics, les gouffre, les creux, les ravins, les fossés, les tunnels de lave.
Un peu après le 6 miles marker, on descend de voiture.
Dans la forêt de bambous qui longe la route, il y a un trou.
Aller. On va dans le trou de bambous.


Ce chemin doit nous conduire à quatre cascades, difficiles d’accès. Enfin on n’en sait trop rien mais la perspective est super.
Ca s’appelle “The Four Falls of Na’ili’ili-Haele
On s’enfonce, ça grimpouille. il y a un tout petit chemin, très très étroit qui passe entre les bambous, ça descend, c’est humide, on se tient aux bambous pour pas se vautrer lamentables.
On arrive devant un cours d’eau bouillonnant, qu’il faut traverser. pour ce faire, il y a une planche. J’ai un vertige de malade, et c’est précisément un endroit comme celui là qui a amorcé mon vertige y’a longtemps. Et beh dis donc, j’ai un peu pleuré de panique. Mais, comme je suis courageuse et toujours aussi humble, j’y suis allée. (C’est pas dingue hein la planche devait à peine un mètre, mais le grondement de l’eau me panique)
Ensuite trois chemins s’offrent à nous : Un à gauche, dégagé, un en face, large et sympatoche, et à gauche, un qui longe le courant, dans la beau, qui glisse et il fait très sombre.

Le chemin dégagé
Vous me voyez venir avec mes grosses tongs (non en fait j’ai mis des converses, j’avais que ça comme baskets) c’est bien celui de gauche, j’ai vérifié dans le gentil guide.
C’est vraiment casse tronche, mais hyper excitant. On peut se tenir à la forêt, c’est très pratique. Le grondement se fait plus fort, et après une bonne quinzaine de minutes : notre première cascade. C’est sauvage, et beau. On sourit, assez fiers, on a les jambes écorchées et dégueulasse, mais ça valait le coup.


Le guide indique un autre chemin, il faut traversé la flotte. Mais là y’a pas mal de courant, et on voit pas bien où passer. On a fait demi tour, il y a des tas d’autres merveilles sur la route de Hana, ça serait débile de se vautrer noyés au début.
Je pourrais vous décrire chaque cascades croisées sur la route, les dizaines d’arrêts juste pour s’émerveiller, mais ça serait trop long.



Notre prochain vrai arrêt c’est Punalau falls. A gauche d’un petit pont, il y a un passage un peu caché. Il faut remonter une rivière de rochers secs. On sautille gaiment, un peu content que ce soit vraiment sec.

Humide, ça serait la fin des chevilles et des genoux. On progresse, autour de nous, comme un petit canyon, ici aussi c’est beau.
Au bout du chemin, une cascade sans eau, mais une piscine en dessous. Il y a quelques personnes, qui partent très vite. La cascade est à nous deux. On nage un peu, on sèche comme on peut sans serviette, on profite de moment pur, loin de tout. Dans l’eau, il y a des écrevisses et des guppys.

On rebrousse chemin, on repart, transpirant. (oui, on sentait pas génial génial, mais oh well).
On est de plus en haut dans la montagne. Comme on a le vertige tous les deux, dans certains virage, on fait des « hiiiii” très virils.
Petit stop à un pont. Le guide dit que sauter d’ici n’est autorisé que si avant de sauter, on les désigne comme unique bénéficiaire de nos assurances vie.
Haha quelle bande petit rigolos.
Des gens sautent, depuis un bout de béton au dessus du vide. C’est horrible. Terrifiant. Les rochers d’en face sont très près, au fond de l’eau, c’est pire que des requins avec des dents en cailloux. Mais le temps de retenir son souffle, plouf. Au revoir Ching’s Pond, c’est trop les pétoches.


On croise des petits villages, enfin, des maisons par ci et par là, des tas de fruits stands, où il n’y a personne, mais des fruits à vendre et une boite où laisser des sous. Idem avec des leis (les colliers de fleurs).
On a acheté le meilleur Banana bread que j’ai jamais mangé. Bon ok, j’en avais jamais mangé, mais c’était délicieux.

Une petite photo au Upper Waikini falls, une cascade fastoche à photographier depuis un pont de la route. D’autres arrêts pour vérifier que tout est vraiment parfait, on traverse Nahiku, la route est enchanteresse. La végétation qui était déjà excessive, vire au démentiel. Tout est surprenant. Sur le bord de la route, j’ai même reconnu des sensitives, ces toutes plantes qui ressemblent à des fougères, et si on les caresse, elle se referme en poussant un cri. Mais non, rhoo, ça crie pas.
Prochain arrêt, 32 miles marker : Wai’anapanapa, Black Sand Beach.
On se gare, il y a de quoi camper, des douches si besoin, un escalier qui mène à la plage.
Le sable est noir. Elle s’appelle Pa’iloa Beach. Elle a n’a pas été formée par l’érosion de la lave. Ces plages de sable noir se font très rapidement, pendant une éruption. Au contact de l’eau, la lave refroidit immédiatement, et se change en sable et galets.



Ces plages disparaissent en général assez vite, mais la configuration de Pa’iloa fait que ça reste. Il y a des panneaux qui suggèrent de ne pas emporter de cailloux souvenirs, pour que la plage existe le plus longtemps possible.
On s’est baigné, y’a des grosses vagues, on s’est fait mal dans les cailloux, c’était génial.

On arrive enfin à Hana, qu’on a finalement traversé assez vite sans trop farfouiller.
Il est déjà tard, on hésite à faire demi tour, car repartir dans l’autre sens quand il fait nuit est un peu angoissant. Pas d’éclairage, mini voie, virages par milliers, gouffres… mais plus loin, il y a encore à voir. On ne pourra pas pousser jusqu’au “Seven Sacred Pools”, c’est un peu trop au sud de Maui. (On roule dans le sens des aiguilles d’une montre, en gros on a fait toute la figure du kangourou, et on a dépassé son nez, pour ceux qui ont lu hier, ou qui ont une carte pas loin)
Mais dirigeons nous vers Venus Pool.
On descend de voiture le long d’un champ digne de Charles Ingalls. Il faut passer par une barrière, suivre un petit chemin qui va vers l’océan, des arbres, du grondement d’eau, et là, merveille des merveilles. Comment décrire ?

On arrive sur la droite de Venus Pool. Qui fait comme un croissant, avec au milieu une grosse boule de lave, et l’océan s’engouffre sauvagement dans cette crique à grand renfort d’écume. Mais là où nous nous trouvons, l’entrée de l’océan est un peu loin, on peut sauter dans l’eau, c’est très profond. Il y a une corde pour remonter le long des rochers. C’est casse gueule et sublime. It’s as perfect as it can get.

(et oui sans déconner)
Même moi j’ai sauté, de ce que je trouvais être une hauteur très impressionnante, Il parait que ça faisait genre 1m50. J’en tremble encore. (J’ai fait des vidéos, même une, go-pro style où je saute l’appareil dans les mains.
Manu a été plus courageux, il devait y avoir 4m à peu près. Plongeons gracieux. C’était si bien.
Il doit être aux alentours de 5h je crois. On a passé plus de 7h sur la route. Il nous faudra 2h pour rentrer, sans arrêts. Là les virages me secouent un peu l’estomac d’ailleurs. Burp.

C’était le crescendo du beau aujourd’hui.
Au retour, grosse gnan-gnan, je me suis arrêtée pour faire une photo, on était très très haut sur la montagne, je ne suis pas sûre d’avoir été aussi émue par un paysage de toute ma vie.

Je demande pardon pour les fautes d’hier et d’aujourd’hui, je n’ai pas le courage de relire. Chaque bout de moi accuse le coup des émotions et de tout ce sport.
Bisous, je mets quelques photos avant d’aller me laver les miches.



N’importe quoi.