Réveil à Maui, on a un peu trainé, Charles a emmené Manu louer une voiture, c’est pratique.
On prépare l’affaire, on a même une glacière. (La plus performante que je n’ai jamais utilisé de ma vie, bravo l’Amérique)
On nous a donné des indications pour trouver une plage qui s’appelle Little Beach. (et non pas Bitch, cela changerait complètement mes histoires de tuba)
Un petit stop au supermarchette (mon endroit préféré en vacances, je pourrais y passer des heures. Il me faudrait une valise entière pour ramener des conneries à bouffer), un petit stop sandwich (le plus gigantesque que je n’ai jamais mangé de ma vie, bravo l’Amérique)
Direction le plages du sud de Maui. Elles s’enfilent les une après les autres (les BEACHES, ne vous méprenez pas), mais on sait où on doit aller.
Il faut d’abord trouver Big Beach. C’est pas mal fastoche, y’a un panneau, et Manu a un sens de l’orientation de dingasse. On galère un peu pour trouver une place de parking. C’est assez fantastique d’ailleurs, ces petits parkings pas du tout optimisés. Finalement, les plages ne sont pas débordantes de monde, mais c’est un peu longuet pour se garer.

On traverse un bout de forêt. Et ça débouche sur une plage.

L’image exacte du Paradis Hawaii tel qu’on l’imagine.

Une plage gigantesque de sable blanc. La mer transparente comme de l’eau de mer propre, pas un cailloux, les gens éloignés les uns des autres, le tout surplombé par des montagnes et des bouquets de palmiers sublimes.
Mais ce n’est pas là qu’on va ! On se dirige vers la droite de la plage, il y a un passage dans la montagne, escaladable même par moi qui hurle de terreur debout sur un tabouret.

La glacière, les sacs, mon cul, Manu, tout est arrivé là-haut tranquilloubillou.
On redescend un tout petit chemin, dans le passage un hippie qui vend des colliers qu’il a fait avec des cailloux et des fils de fer, beh ça alors…
Le suspense est immense : Pourquoi Little Beach ? Parce que c’est LA plage des gens tout nus.
Dans cette Amérique puritaine où le moindre téton qui frétille sous un t-shirt fait hurler la morale, il existe une plage où on peut être à poil sans aller en prison pour 16 millions d’années.
On arrive sur la plage, et bien effectivement, y’a des tas de gens tout nu. Des habillés aussi. Un vieux vieux monsieur barbu, aux cheveux longs qui semble porter un slip, mais en fait non, derrière, y’a son derrière, on le voit très bien, une fois de dos. (Skippy le grand gourou, c’est toi ?)
Tous les âges, du frais, du moins frais, du joyeux, c’est parfait.

Alors bon, là, je raconte, je fais ma maline, genre j’suis hyper à l’aise et tout, soyons des hippie, buvons nos menstrues dans une mooncup et tout. Mais bon, au début moyen. Les gens habillés me crispent un peu, les jeunes filles si jolies me complexent, faire flubber de mes fesses devant une plage entière me laisse perplexe. A Lacanau, pour mon baptême de pas de maillot, notre premier voisin était à 745m, ça allait, niveau proximité.
Là, c’est une autre paire de bretelles.
Mais bon, Manu a l’air tellement enthousiaste, je dois lui prouver que j’ai des couilles.
Alors hop, à poil à moelle à voile !
On cavale en riant comme des crétins. Océan Pacifique, mes fesses, mes fesses, Océan Pacifique. Enchantées.
Les trouilles de y’a dix secondes sont évanouies, la liberté est totale, les gens sont soudainement tous très beaux. Une fois les complexes rangés, les autres n’existent plus.
Les zobs qui s’agitent dans le vent sont sympas, les nénés qui se dressent ou pendent sont sympas, les coups de soleil de fesses sont sympas.
Bon par contre, y’a quand même ces crétins de djembé men qui sont fatigants.
C’est une plage de hippies, pour de vrai. Les conversations autour de nous tournent autour de la quantité de champignons hallucinogènes consommée y’a trois minutes, le nombre de bière qui restent, les grinder qui moudent (non, je ne sais pas conjuguer le verbe moudre, minçalors – Ah Manu viens de vérifier c’est : Ils moulent oO) des quantités d’herbe incroyables.
Petite à petit, la plage s’est remplie. C’est Spring Break en fait. Les jeunes gens viennent s’encanailler autour du drum circle du dimanche.
Là on s’est sauvé. Ca va bien les conneries au tofu.
Petit stop sur Big Beach (l’eau était sublime, impossible de résister), on a nagé, en regardant un autre monsieur qui s’était aussi sauvé de Little Beach, mais surement plus à cause des champignons avalés que du ras le fion du djembé. (Il a beaucoup couru partout, s’est roulé dans le sable, a discuté avec TOUT le monde sur la plage, hihi)
On repart, Charles et Farida nous ont dit d’aller au bout de la route qui longe les plages. Pour aller à “La Pérouse”. C’était un explorateur français qui a donné son nom au lieu. (Je raccourci un peu l’histoire hein, mais il semblerait, d’après mon petit guide que c’était un cartographe de merde.)
Il y a de grande tergiversation de quand date la dernière éruption.
La route qui mène à La Pérouse Bay est surprenante. Au début, on a cru que c’était des champs de terre sombre qui venaient d’être labourés, mais avec des grosses mottes quand même.


Et non, c’est de la lave. Des champs de lave refroidie. De pars et d’autres de la route. d’un côté la lave et la montagne, de l’autre, la lave et la mer.
Il y a une chouette légende qui accompagne la dernière éruption. Une famille vivait là, et une vieille femme est venue leur taxer un poulet. La famille a dit que beh non parce qu’il fallait qu’ils en sacrifie à la déesse du volcan : Pele. Et beh l’air con, la vieille dame, c’était la déesse, Pele. Du coup paf, elle a déclenché une éruption, la mer et la fille se sont mises à courir vers la montagne, et Pele, et ben elle les a changé en cailloux dis donc. Ca fait deux petites collines qui sont, je vous le donne dans le mil : la mère et la fille, séparées à jamais.

Au bout de la route, il y a un mur noir construit en pierre de lave Et au bout, la mer.

Pas de plage. La fin de la coulée, qui forme des petites mares sombres.
C’est lunaire, fascinant. Derrière nous, la montagne, avec les lumière si changeantes. Des flaques de soleil sur les flancs, les nuages en haut.
Je me répète, mais c’est beau.
Demi tour et rentrage, stop au supermarché (je vais finir par m’envoyer une paquet à la mer en espérant que ça arrive un jour dans un caniveau de la rue d’Hauteville)
On a diné @home avec Charles (du poulet super, avec une sauce peanut/soy, wouhou !)
Au dodo, le snorkeling appartient à ceux qui se lèvent tôt.
Bisous.