Day five – Baillllllllllle

Hé vas-y, me jette pas de cailloux, j’ai mal partout, et je suis un peu fatiguée. J’écris du bout des doigts, en tortillant ma sciatique.
Je râle pas, c’était une magnifique journée.

Hier donc, nous nous sommes cassés les dents à l’entrée de Hanauma Bay. Ça ouvre à 7h, et bien on s’est levé à 5h30. AHAHA COMMENT TU VAS VOIR DE QUEL BOIS FLOTTÉ ON SE CHAUFFE LE PARKING ! HAHAHA !!!
J’ai assez mal dormi, j’ai rêvé toute la nuit de voyelles qui se mélangent. C’était très fatigant.

J’ai mangé des Cheerios (pas que ce soit passionnant, mais c’était bon). Hit the road Manu, envole donc le carrosse rouge au Paradis.

Il pleut un peu sur la route, on ne se perd plus du tout. On passe devant la petite montagne qui se trouve un peu avant l’entrée du parking. On se redit comme hier, en regardant les gens grimper sur une côte raide comme Rocco en Russie, que ça doit être très péni… très beau.
Le parking est… ouvert !! Wouhouhou, ! Danse de la joie, danse de la voiture, danse du décalage horaire, danse du rangement dans le coffre des trucs inutiles, plagesquement parlant.

Il y a un scenic view (c’est bien, c’est pas du chiqué, les scenic view à Hawaii. Tu montes trois marches, et vlan, un volcan sur la mer dans les mirettes. Là y’avait un arc-en-ciel en plus.

Et une mangouste !

L’entrée est payante. C’est une réserves, ils préservent, contrôlent le flux de touristes, tout ça tout ça.

On paye, on entre et les gens s’entassent devant une corde, avant un escalier. Comme ce sont des japonais, et qu’ils sont très obéissants, et que nous on est des gros cons de français, on essaye de passer un peu sur le côté (y’a pas de corde) pour éviter la visite guidée qui précède la descente à la plage. On se fait rappeler à l’ordre, Hawaiian Style. “Aloha, this is required, mahalo » ”
(Mahalo, c’est merci. Aloha, c’est bonjour, au revoir, amour, et tout un tas d’autres trucs positifs et enthousiastes. On parle même beaucoup ici du Aloha Spirit. Et y’a même des Aloha embassadors. C’est du sérieux, l’amour des autres ici.)
Bref, on attends 3 mn, et ils nous font visionner une petite vidéo qui raconte comment ne pas abimer le récif, comment ne pas faire suer les bestioles, comment les gens ont failli tout démolir à force d’emmener des souvenirs, de manger des poissons sur place, et de faire des lampes en coraux.
Depuis 1967 (de mémoire) tout est protégé par la loi, et c’est tant mieux.
Hanauma Bay a été formée par une éruption, et l’érosion d’une des coulées de lave a crée la baie.

Ah flute j’ai oublié de dire à quel point l’endroit est sublime. (Danton Uke a mis des photos sur son mur)
Le temps était un peu couvert quand on est arrivé, mais c’était déjà mieux que parfait. Et surtout, ça s’est levé, comme l’atteste mon coup de soleil de cul.

(7h30 du matin)

(11h30 du matin)

Je manque d’adjectifs Je me répète surement. Mais c’est un moment très rare, et très très précieux, de découvrir un endroit comme celui là pour la première fois. C’est une madeleine de Proust qui se réveille. La madeleine du WOUAW, jamais j’aurais cru…

L’arrivée se fait par le haut, pour descendre, c’est à pied ou alors en bidulomobile payante (1 dollars). On a marché.

Enfilage du matériel (mon tuba prends l’eau, et le masque de Manu aussi)
On rentre dans l’eau (je rappelle qu’il est 7h38, mais on dirait qu’il fait midi), on se mouille, on mets la tête dans l’eau, j’avance de quelques mètres. ET LA SANS DECONNER UNE TORTUE !!! HIHIHIHIHIHIHI !!!!

Ce coup ci, j’ai pu m’approcher, Manu aussi. Elle était à 20 cm de moi, à 20 cm de nous. J’ai même une vidéo dans mon appareil-photo-qui-se-mouille de tout ça. Émotion, privilège insensé. Ensuite on a folâtré gaiement parmi les rochers, sans poser le pied par terre, Ils ont bien expliqué là-haut, que ça détruit trop, qu’il ne faut pas toucher. Alors on ne touche pas, on flotte (d’ailleurs vu d’en haut c’est rigolo, on dirait une mer de crapauds humains crevés)
Les poissons sont très friendly. Ils seraient touchables si on voulait, Il y en a des tas de sortes. Des poissons papillons, bagnards, perroquets.
A un moment, je suivais un ban de je ne sais quoi, j’arrive, un peu emportée par le courant au dessus d’un trou dans la roche, et dedans, une murène. Juste la tête qui dépasse, la bouche ouverte, avec 3000 dents. J’ai eu les pétoches panique. Les petites histoires qu’on se raconte sur le port, la nuit, avec des murènes qui mangent des bras d’enfants et des sous-marins, pfiou, en deux secondes, je me les suis toutes re-racontées. Et impossible de toucher quoique ce soit pour me sauver RHAAAAA. J’ai agité tout ce que je pouvais pour m’éloigner. Elle a dû bien se fendre la gueule, cette garce.

Je n’ai même pas fait de photo, c’est dire…

Séchage, re-baignade à poissons. Autour de nous, les palmiers, le petit stand de location de masques et de tubas (j’en ai trouvé un super qui ne prend pas l’eau en plongeant !)
Le respect du lieu est unanime. En même temps, envisager de jeter ne serait-ce qu’un mégot dans le sable me ferait le même effet que d’empaler un chaton.

Je continue demain, je tombe de fatigue, Manu dort déjà. Bisou, l’autre côté de la Terre.

Le lendemain, suite :

Day five – suite

Wouuuu, c’est compliqué ces horaires.

Alors donc, petits poissons mignons et coup de soleil partiel.

Nous sommes restés à Hanauma Bay quelques heures. Décollage un peu avant midi, pour aller manger au North Shore.

Pour remonter, on a joué les feignasses, on a pris le bidulomobile (1$ pour descendre, 1$25 pour remonter. BANDE PETITS MALINS)

J’ai dit au revoir, j’ai fait quelques photos. C’est difficile de partir.

Je veux bien mourir et me réincarner là, même en grosse limace de mer. Je ferais pipi sur les touristes et je ferais circuler la rumeur que la murène, elle a pas d’organes et tout.

A la voiture, on re-enfile nos petites culottes. A chaque changement maillot/slip, je me dandine pour pas faire voir un bout de nichon, j’ai trop lu que vraiment, c’était mal vu. Et d’ailleurs, je n’ai croisé aucun bout de nichon jusqu’à présent. Ou alors j’ai mal vu.

Après le WOUAW, les embouteillages. Oui parce qu’en fait, ici des routes, y’en a pas des tonnes. Donc nous étions sur LA route qui va à la plage (celle où on voulait aller, c’est une ile, du coup y’en quand même des tas, des plages). Les highway sont larges comme deux fois la rue Cail (pour les Parisiens) et en gros comme l’avenue de Paris (pour les Etampois) Ca laisse le temps de réfléchir à des tas de trucs.

“A ton avis, c’est des ananas, les trucs qui poussent façon mini palmier là ?”

“Ptêt”

“Ah mais non, ça pousse pas dans des arbres, les ananas ?”

“Ah si hé”

(Déconnez pas, c’est bon les ananas)

On cherchait “Ted’s Bakery”. Au début, on voulait aller manger dans un shrimp truck (oui, on aurait pris du poulet, concons qu’on est) et dans le Lonely Planet, ils parlaient de cet endroit.

J’ai l’adresse. Kamehameha Hgw, 59024. Ouééé, on est sur Kamehameha. En même temps, elle fait le tour de l’ile. Du coup dans 2000 numéros, on y est.

“Haha t’as vu, quand t’habites la même rue, t’es pas vraiment voisin hein haha”

“Haha oué”

Hihi

On a trouvé. C’est un bouiboui chic de bord de route. Ted est famous pour sa tarte macadamia chocolat. On a pris un machin custard. CONS JVOUS DIT QU’ON EST. Y’avait un monde de dingasse devant les tartes, les foules m’angoissent.

Et sinon on a pris un “Ted’s Bento”

Genre y’a un peu de tout, on est sûre de pas se tromper.

La boite pèse 4 kgs. Dedans : Du poulet fris, du Spam (c’est comme du corned beef un peu) du boeuf teryaki, et du poisson, pi du riz et de la salade de macaronis. Beh c’est bon hé.

Moi qui faisait ma maline un peu plus tôt.

“Tu sais, je pense que c’est plus facile ici d’avoir une hygiène de vie chouette. Sport, mer, bons produits. Si on vivait ici, j’aurais des muscles”

Sans compter que comme dirait Manu, c’est le pays des gens qui courent vite. Ils joggent pas les gens, ils s’échappent, c’est dingue.

A poulet frit et quart, on est reparti, y’a vraiment du monde sur cette route, et faut rendre la voiture. On voulait essayer une plage très très belle. Waimea, il y avait un rocher haut pour sauter dans l’eau (c’est très dangereux, ne le faites jamais quand je suis là) et tout et tout. Mais le parking bondé, la route pleine à craquer. On a choisi la première plage avec une place de parking disponible.

Petite baignade, etrennage de mon nouveau tuba trouvé. Beh c’est pas mal, de pas avoir la bouche remplie d’eau salée !

Manu était tout content, y’avait des Humuhumunukunukukuapua’a.

Je déconne pas. C’est un poisson. C’est LE poisson d’ici.

Alors vas-y, lis le à haute voix ?

On recommence :

Humu (houmou)

humu

nuku (noukou)

nuku

kua (koua)

pua (poua)

‘a (a)

Humuhumunukunukukuapua’a

J’interroge en rentrant.

On est reparti tout contents, dans les embouteillages, rendre la voiture.

“Je me demande ce qu’ils font les gens ici dans la vraies vie. Je serais bien hippie à temps complet dans une maison vers par là”

“Oui, moi aussi, je veux bien faire hippie”

Et oui les amis, on en est là. (y’a du Aloha tofu au supermarché.)

Hôtel, lavage, constat des brulures corporelles. Et en route pour Waikiki by night.

Y’a un monde de gueudin ! Les champs Elysées, la file d’attente du Stade de France un soir de match. Je m’agace rarement, les “gens” m’indiffèrent. Je peux faire les soldes à HM un samedi à 13h12, mais là, après tout ce paisible, j’ai un peu de mal.

Listons ensemble les saltimbanques croisés le long de l’avenioue :

-Un joueur de trompette (Oh when the saints)

-Un groupe de djeuns accordéon, violon, contrebasse, très les Hanson’s

-Elmo

-Un monsieur qui déguise un cochon d’Inde avec un chapeau et un collier de fleurs.

-Des caricaturistes

-Des mômes qui font du beatbox

-Chewbacca

-Les types tout peints qui font les statues qui bougent (je DETESTE)

-Deux autres mômes qui jouent du ukulele (ah quand même)

-Des hommes-sandwich qui proposent d’aller tirer au fusil.

Nous sommes allés au bout de l’avenue, je geignais beaucoup (petite sciatique rigolote), c’est chiant, j’aime bien garder l’enthousiasme. On a rien trouvé oùmanger. Trop grand, trop bruyant. Demi tour Aouch, ouch. Retour là où le bus nous a initialement déposés. Et finalement on est allé dans un truc qui a l’air d’être une chaine : Eggs and things.

J’ai dit (et je me cite) “Oh je veux pas manger trop gras ce soir, j’en peux plus)

Donc « Oh je vais juste prendre les pancakes à la bananes, pas de plat.”

L’assiette arrive. Cinq. CINQ PANCAKES. Gigantesques, énormes. Avec des bananes.

J’ai pu tout essayé dessus, le sirop d’érable, le sirop de goyave, le sirop de noix de coco.

C’était délicieux, et excessif, et délicieux.

Gnagna hygiène de vie, gnagna plus facile ici.

Bon il est neuf heure du matin, en fin d’après midi, on change d’ile, il faut un peu ranger, pour vider la chambre pour midi.

Bonne nuit à vous.

Humuhumunukunukukuapua’a

Hihi

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